‹ L'Institut catholique de Paris, 1875-1901Chapitre 81 sur 112 · CHAPITRE XI La Médecine · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI La Médecine

Nécessité d'un enseignement médical. — Tentatives pour l'établir. — Difficultés du projet; son ajournement. — Création de l'hôpital Saint-Joseph et du Comité charitable de Notre-Dame de Consolation.— Lien entre l'hôpital et l'Institut catholique. — Premiers essais d'enseignement médical; les spécialités. — Les médecins de Saint-Joseph. — Concours annuel pour l'internat.

Ne pourrait-on pas s'étonner, à première vue, que dans l'organisation de l'Institut catholique, la médecine n'occupe pas une place prépondérante?

Cet étonnement ne serait que trop justifié, puisqu'après vingt-cinq ans d'existence on n'y trouve encore aucun enseignement médical.

Et cependant n'est-ce pas surtout en vue de cet enseignement que les catholiques avaient réclamé la liberté de l'enseignement supérieur et qu'ils s'étaient empressés de fonder des Universités?

« C'est là, déclaraient plus tard les évoques assemblés, que le mal à combattre apparaît le plus profond, le plus menaçant, le plus évident à tous les regards. Le rôle du médecin comme représentant de la science, comme confident des familles, comme autorité sociale, comme allié ou adversaire des influences moralisatrices, est trop considérable pour qu'on ne puisse envisager saiib effroi les tendances matérialistes et athées des écoles où il reçoit son initiation professionnelle. Cette considération a pesé d'un grand poids sur l'opinion pour

rendre possible et faire accepter enfin par le Législateur l'abolition du monopole dans l'ordre de l'enseignement supérieur. En revendiquant le droit d'ouvrir des Facultés libres, les défenseurs de la cause catholique visaient surtout les Facultés de Médecine (1). »

Mais quand on suit d'un œil attentif et impartial la marche des événements, bien Adte on s'aperçoit que les motifs ne manquent pas pour expliquer cette grave lacune, et en môme temps on conçoit l'espérance qu'il viendra un temps où elle sera comblée.

Les catholiques du Nord ont eu l'honneur de marcher les premiers dans cette A'oic, et ce n'est que justice de rendre hommage à leur admirable générosité autant ([ii 'à leur intelligence.

Des circonstances exceptionnellement favorables leur permirent d'avoir à leur disposition pour une longue période d'années et pour une faible contribution pécuniaire, un hôpital important et de construction récente. Grâce à des libéralités extraordinaires, au-dessus de tout éloge, ils ont pu établir tout de suite une Faculté de médecine avec ses amphithéâtres, ses laboratoires et ses diverses dépendances.

A Paris, la môme bonne fortune ne s'est pas rencontrée. Peut-être aussi les conditions de la lutte étaient— elles plus difficiles dans la capitale, en face de la première Faculté médicale du monde entier.

Jamais, pendant les ATingt-cinq premières années, période de lutte contre des difficultés de toute nature, la pensée de créer un enseignement médical ne cessa d'être présente à l'esprit des fondateurs de l'œuvre, et jamais les circonstanees ne leur permirent de la faire passer dans la réalité des faits.

1. Lettre collective des cardinaux, archevêques et évoques fondateurs de l'Institut. 15 janvier 1891.

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