‹ L'Institut catholique de Paris, 1875-1901Chapitre 85 sur 112 · I.A MÉDECINE · texte numérisé non relu

I.A MÉDECINE

posée par la loi à l'ouverture d'une semblable école. En même temps donc que votre Société jette les fondements dune œuvre éminemment charitable et chrétienne, elle Éraye la voie à une entreprise, qui, faute de cet indispensable préliminaire, ne pourrait même pas être tentée ( 1 ) . »

Chaque année, à l'époque de l'assemblée générale de l'œuvre de l'hôpital Saint-Joseph, les orateurs distingués qui ont été invités à prendre la parole ont presque toujours eu soin de faire ressortir, en termes explicites, cette pensée essentielle des fondateurs, de faire de l'hôpital le théâtre d'une Faculté ou d'une Ecole de médecine, en vue de compléter le groupe d'enseignement supérieur de l'Institut catholique.

Il est A^rai de dire que cet enseignement médical a déjà commencé, mais peu à peu, sans caractère officiel, et sans qu'on puisse lui assigner d'acte de naissance. Il est intéressant de suivre les développements imperceptibles, mais continus, de cette petite semence qui un jour deviendra un grand arbre et abritera à son ombre de savantes générations de médecins.

« Depuis 1885, écrivait Mgr d'Hulst, des milliers de malades ont été soustraits par les soins de nos Sœurs et de nos dames aux conséquences de la laïcisation.

« La science a suivi. Un enseignement clinique a commencé il y a quelques semaines, et groupe déjà, autour de notre habile chirurgien, des étudiants et même des médecins en exercice, désireux de mettre à profit le nouveau champ d'expérience ouvert sous leurs yeux.

« En même temps, les conférences d'étudianls en médecine, instituées depuis longtemps au cercle catholique

i. Paguelle de Follenav, Vie du cardinaÀ Guibert, t. II. page 6?>o.

du Luxembourg et ailleurs, voient grossir chaque jour le nombre de leurs membres, qui approche maintenant de trois cents (1). »

Ajoutons que des conférences du même genre avaient lieu à l'Institut. La dispersion des PP. Jésuites, opérée par les décrets de 1880, avait fait chercher à leur œuvre de jeunesse un refuge dans les bâtiments de l'Institut catholique, et la conférence d'étudiants en médecine, qui en faisaient partie, continuait à s'y développer librement.

Aux services de médecine et de chirurgie qui fonctionnaient dès l'origine à l'hôpital, s'ajoutèrent successivement un service spécial de maladies d'enfants, un d'orthopédie, un d'ophtalmologie, un d'otologie, un pour les affections du nez, du larynx et des oreilles, un pour les Aboies urinaires, un pour les maladies nerveuses et un laboratoire de bactériologie.

Les docteurs qui y ont exercé leur art depuis l'origine ou qui sont encore en exercice sont :

Pour la médecine : MM. les docteurs Tison, Leroux, Mérigot de Treigny et Mcslay.

Pour la chirurgie :

Adultes : M. le docteur Le Bec.

Adultes et enfants : M. le docteur Monnier.

Maladies des yeux : .M. le docteur Kopff, précédemment les docteurs Yalude et Bourgon.

Maladies des oreilles, du nez et de la gorge : M. le docteur Henri Ghatellier.

Maladies des voies urinaires : M. le docteur Genouville.

Maladies nerveuses : M. le docteur Bcrbez.

1. Mgr d'Hulst, Rapport à la srancv solennelle de rentrée de l'Institut catholique, du 19 novembre 1890.

LA MÉDECIN K 20û

Chirurgie dentaire : M. Montfort.

Laboratoire : M. le docteur Lorrain.

Il s'y fait, depuis le mois de novembre 1890, des cours exclusivement pratiques et cliniques, où les élèves sont exercés à l'examen et aux soins des malades. Les traitements médicaux et chirurgicaux sont appliqués avec leur aide sous les yeux du chef de service. Tous les ans un concours y est ouvert pour l'internat. De son côté, l'Institut s'occupe d'organiser des conférences sur la déontologie ou les devoirs du médecin.

Page 1