LA MÉDECINE
exposa une excellente affaire. Il s'agissait de trouver 360.000 francs. Alors que d'autres doutaient encore, séance tenante ils les votèrent ; c'était pour chacun d'eux 30.000 francs qu'ils mettaient dans une spéculation de terrains, spéculation dont Dieu se charge de payer les dividendes. Ainsi fut constituée la Société civile immobilière qui acheta les terrains.
« En juin 1879, on pensa qu'il était sage d'introduire un rouage nouveau. On créa la Société anonyme hospitalière, dont le rôle était de prendre h bail les terrains et d'y construire des bâtiments (1).
« En 1880, une occasion s'offrit, permettant d'acheter encore 2G.000 mètres à des conditions avantageuses. Le terrain fut doublé et il atteint maintenant 4 hectares et demi, ce qui est énorme pour Paris.
« Au mois de juillet de la même année, le plan de l'hôpital fut commencé ; en octobre 1881, le chantier fut ouvert, et au 15 janvier 1885 le petit hôpital était terminé (2). »
Le plan général de la construction comporte en effet deux parties ; le grand hôpital dont les douze pavillons comprendront neuf cent cinquante lits, et un petit hôpital, réservé aux contagieux, composé de quatre paArillons, des logements du personnel et d'une petite chapelle.
Par raison d'économie on avait commencé par le petit hôpital.
Pour subvenir aux dépenses obligatoires entraînées par l'admission des malades, on reconnut qu'il fallait avoir recours à une nouvelle forme de la charité chrétienne. C'est aux dames, aux mères de familles que
1. Cette complication do contrats parut une garantie de plus contre l'éviction.
2. Dr Le Bec, Rapport lu à la séance solennelle de rentrée de l'Institut catholique le 25 novembre 1896.
Mgr d'Hulst alla s'adresser ; c'est alors que prit naissance le Comité de Notre-Dame de Consolation, présidé par Mme la duchesse d'Estissac (1).
Le comité fit appel à toutes les générosités et recueillit annuellement les fonds nécessaires à l'entretien de l'hôpital. Il créa l'œuvre du Sou des malades, qui s'adresse particulièrement aux familles de condition modeste, et qui consiste à verser un sou par semaine.
La direction de l'hôpital fut confiée aux Filles de la Charité de Saint- Vincent de Paul.
Dès que les salles furent prêtes, le docteur Tison, ancien professeur de botanique à l'Institut catholique, mit au service de l'œuvre son nom, son titre et son dévouement ; il prit sur lui la responsabilité légale de la maison, fit les déclarations nécessaires et obtint toutes les autorisations que de droit.
L'idée d'un grand hôpital libre et chrétien trouvait à ce moment faveur près de la population parisienne, irritée contre la laïcisation des hôpitaux de la ville. Aussi le but charitable qui frappait les yeux et parlait aux cœurs prit vite le pas sur le but scientifique.
Mais le cardinal Guibert, dont la sagesse n'était jamais en défaut, avait eu soin de rappeler et de consacrer en quelque sorte l'idée inspiratrice de l'œuvre, et, dans une lettre publique, au mois de décembre 1878, il avait expressément rattaché à l'Université catholique l'hôpital Saint-Joseph en préparation.
« Ce qui rend cette fondation, disait-il, particulièrement opportune, c'est la relation qui s'établit naturellement entre elle et cette autre œuvre si nécessaire et si difficile : l'adjonction d'une école de médecine à notre Université catholique. L'existence d'un hôpital est la condition