‹ L'Institut catholique de Paris, 1875-1901Chapitre 90 sur 112 · P. Pisani, La Maison des Carmes, p. 17, Poussielgue · texte numérisé non relu

P. Pisani, La Maison des Carmes, p. 17, Poussielgue

bre 1792, époque à laquelle ils se dispersèrent sous la tourmente révolutionnaire.

Pendant les quelques mois qui précédèrent leur dis-

L'escalier des Martyrs.

persion, ils avaient dû se confiner dans l'intérieur de la maison, et l'on avait enfermé dans les parties devenues libres un grand nombre d'ecclésiastiques, traités en suspects pour leur refus de prêter serment à la Constitution civile du clergé. Le 2 septembre, jour tristement mémo-

rable, cent vingt victimes y furent massacrées par une populace en délire, conduite par le fameux Maillard, et leurs corps furentjetés,pourla plupart, dans un puits du jardin.

Laissé quelque temps désert, ce couvent passa ensuite par toutes sortes de vicissitudes. Le jardin fut transformé, en 1793, en un bal champêtre, nommé Bal des Tilleuls, plus tard Bal des Zéphyrs. Les bâtiments furent convertis en une prison d'Etat, où furent incarcérés plus de sept cents personnes, et d'où cent-dix sortirent pour aller à la guillotine.

Après l'évacuation des prisonniers, l'église et le couvent devinrent un dépôt d'approvisionnements et un magasin au service de la Commission des Musées nationaux. On y installa une imprimerie sous le Directoire. En 1797, l'immeuble fut vendu à un menuisier, qui le revendit, la même année, à Mlle Camille de Soyecourt. C'était une ancienne et fervente carmélite, dont le père avait été prisonnier aux Carmes et n'en était sorti que pour monter sur l'échafaud. La communauté des Carmélites, dont elle était prieure, en prit possession et y vécut jusqu'en 1845.

A cette époque, Mgr Affre fit l'acquisition de cet immeuble pour y établir une Ecole de Hautes Etudes ecclésiastiques et une communauté de Prêtres auxiliaires. En 1848, une section préparatoire aux écoles du gouvernement fut annexée a la section ecclésiastique. En 1851, les Dominicains, restaurés par le P. Lacordaire, prirent la place des Prêtres auxiliaires, transportés à l'église de Sainte-Geneviève et y vécurent jusqu'en 1867. Ils furent remplacés à leur tour par l'Ecole préparatoire et par l'École Bossuet, externat des lycées, qu'avait fondé M. l'abbé Thénon.

Le percement de la rue de Rennes, qui eut lieu à cette

IIBLIOTHÈQUE.

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