‹ L'Institut catholique de Paris, 1875-1901Chapitre 91 sur 112 · BATIMENTS · texte numérisé non relu

BATIMENTS

époque, amena la découverte du puits qui renfermait les ossements vénérables des évoques et des prêtres massacrés pour leur foi le 2 septembre 1792. Ils furent recueillis avec un religieux respect et déposés dans la

La Crypte, ossuaire des Martyrs.

crypte de l'église, restaurée et agrandie à cet effet, et ils y sont devenus le centre d'un pieux pèlerinage.

Le vieux couvent des Carmes avait passé par toutes ces vicissitudes quand la loi du 12 juillet 1875 ayant rendu possible la création d'une Université libre, le cardinal Guibert offrit aux évêques, pour l'installer, tout l'ensemble de ces bâtiments avec leurs dépendances.

Construit pour loger une soixantaine de religieux, vingt fois remanié pour les besoins des multiples destinations auxquelles il fut affecté, ce couvent n'offrait aucune des dispositions que réclame une grande maison d'enseigne-

ment. Faute de mieux, l'Université s'y établit provisoirement et lui fit subir de nouvelles transformations.

L'emplacement en étant assez vaste, il eût été possible d'y ménager une installation définitive ; mais il eût fallu procéder à une reconstruction totale. On y songea : Mgr Dupanloup, dont l'âme ardente et généreuse avait embrassé avec chaleur la cause du haut enseignement, poussait dans cette A~oie. Les circonstances politiques furent défaAorables, et les entraves apportées à la liberté arrêtèrent l'élan de la première heure. On fut donc réduit à s'accommoder le mieux qu'on put de ces locaux, bien qu'ils fussent peu salubres pour les élèves internés dans le séminaire, et insuffisants pour les besoins de l'enseignement.

Cependant, depuis lors, des efforts sérieux furent tentés pour améliorer la situation, et des résultats importants furent obtenus.

Le 12 mars 1890, une assemblée extraordinaire des amis de l'Institut se réunit sous la présidence de Son Éminence le cardinal archevêque de Paris.

A la suite de l'échange d'idées qui eut lieu ce jour-là, une souscription spéciale fut ouverte pour la réfection des bâtiments universitaires, et une somme de 110.000 fr. ne tarda pas à être souscrite.

En même temps, un plan général fut mis à l'étude, afin d'ordonner vers une fin commune les constructions partielles qui devraient être successivement entreprises pour arrh er, sans interruption de l'enseignement, à un renouvellement total de l'édifice.

Cinq architectes furent conviés à préparer un projet sur un programme précis. Il fut convenu qu'une somme fixe serait allouée à chacun d'eux pour l'indemniser des frais de son travail, et que l'administration de l'Institut catholique garderait toute sa liberté pour

le choix du plan et de l'architecte chargé de l'exécuter. Les cinq projets furent déposés en novembre 1890. La commission chargée de juger le concours arrêta

Une cour intérieure.

son choix sur le plan de M. Gabriel Ruprich-Robert, fils de l'inspecteur bien connu des monuments historiques, qui avait été jusqu'à sa mort l'architecte de l'Institut. Ce plan tirait un excellent parti du terrain dont on

disposait alors. Toutefois on se sentait trop à l'étroit pour y établir tous les services nécessaires.

A ce moment s'offrit une heureuse circonstance qui mit au large la commission et l'architecte.

L'hôtel d'Hinnisdal, contigu à l'église de l'Institut, et dont le jardin formait l'angle de la rue Cassette et de la rue de Vaugirard, venait d'être mis en vente. Que cette propriété, d'une superficie de 3.331 mètres carrés, fût acquise par des entrepreneurs, qu'on la couvrit de constructions à cinq étages, et l'Institut se trouverait enserré comme dans un étau, le jour serait enlevé à son église, et tout agrandissement ultérieur rendu impossible. Or on savait que le péril était imminent. L'occasion était donc urgente, elle était unique, on la saisit au vol.

En cinq jours, une société civile fut formée et l'hôtel fut acquis avec ses dépendances (1891). L'avenir était sauvegardé et l'on pourrait désormais, dès que les circonstances le permettraient, étudier des combinaisons d'agrandissement.

Le plan général de la reconstruction de l'Institut fut avantageusement remanié. On y donna plus d'ampleur aux services généraux. Une grande salle fut projetée à l'angle des rues Cassette et de Vaugirard, et le futur séminaire fut prévu sur la rue Cassette avec une entrée distincte de celle de l'Institut (1).

Au printemps de 1894, les constructions furent amorcées. Une première tranche de bâtiment fut élevée sur la rue d'Assas, pour une somme de 140.000 francs.

Trois ans plus tard, un nouvel effort fut tenté et une seconde tranche compléta la première. La dépense plus considérable cette fois, ne monta pas à moins de

1. Mgr d'Hulst. Rapports dans les séances des Assemblées générales de novembre IS'.K) et 1891.

La façade des nouvelles constructions, rue d'Assas.

300.000 fr. Elle fut entièrement couverte par des dons volontaires recueillis par le nouveau recteur.

Le 3 novembre 1898, après la messe de rentrée, Son

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Éminence le cardinal Richard bénit solennellement le nouveau bâtiment, et, quand les évêques se réunirent en assemblée générale, quelques semaines après, ils eurent la joie d'apprendre que la caisse de l'Institut n'avait rien eu à débourser de ce chef.

Par un prodige de calcul et de sagesse, les devis de l'architecte n'avaient pas été dépassés.

Dès la rentrée de 1898, tous les cours des Facultés de théologie, de droit canonique et de philosophie, et ceux de l'École des lettres furent installés commodément dans des salles nouvelles. La salle principale du rez-dechaussée, construite primitivement pour un amphithéâtre de chimie, continua à être affectée, comme elle l'était déjà depuis trois ans, aux cours et conférences destinés au public.

Mais ce fut surtout la bibliothèque qui profita de ce développement des constructions. Les livres entassés jusque-là dans une salle placée sur la rue de Yaugirard, ou dispersés dans les diverses parties de l'Institut, furent, peu à peu, ramenés à un point central, autant du moins que les locaux purent en contenir.

Les ouvrages principaux furent classés, suivant leur nature, dans des salles de lecture affectées respectivement à la théologie, au droit, aux lettres, à l'histoire et aux sciences; les autres rangés méthodiquement dans des salles de dépôt. La partie, trop nombreuse encore, qui n'a pu trouver place dans les nouveaux bâtiments, est restée dans de Aastes magasins aménagés au-dessus et à côté du comble de la chapelle, en attendant qu'elle puisse rejoindre la collection centrale dans de nouvelles constructions ardemment désirées et impatiemment attendues.

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