C. Travaux se rapportant à à la respiration
a) DÉTERMINATION DE LA CAPACITÉ VITALE ET DE SES DIFFÉRENTS ÉLÉMENTS.
Fapre (R.) et Escoze. — Détermination indirecte de la capacité vitale chez l'homme. (C.R. Société de biologie, 16 décembre 1932.)
EscozLe (L.). — Détermination indirecte de la capacité vitale chez l'homme. (Thèse Bordeaux, 1932.)
Fagre (R.) et Guicaarn. — Les différents éléments de la capacité vilale. (Gaz. hebd. des sc. méd. de Bordeaux, novembre
Guicaarp. — Valeur comparée des différents éléments de la capa-
| cité vitale. (Thèse Bordeaux, 1935.)
LT RNCS
Guizzon (P.). — Etude de la capacité vitale en fonction de la taille, du poids et de la surface du corps chez l'enfant et chez l'adulte. (Thèse Bordeaux, 1936.)
FABre (R.). — Suffisance et insuffisance respiratoires. (Gaz. hebd. des se. méd. Bordeaux, 1936.) Lousrau (D.). — Capacité vitale et numération globulaire chez les
montagnards. (Thèse Bordeaux, 1937.)
LE. Déterminalion indirecte de la capacité vitale chez l'homme.
Fabre et Escolle ont montré que fon pouvait, d’une manière indirecte, déterminer la capacité vitale sans spiromètre et à partir de données morphologiques. En comparant les variations des périmètres thoraciques et abdominaux en inspiration et en expiration forcées avec la hauteur du thorax, ces auteurs ont pu établir une formule qui, vériliée sur plus de 300 individus enfants et adultes, s'est montrée exacte à 10 % près.
Capacité vitale
e A) mas 2 Pti x (H+ n Pie Set )
dans laquelle
Pti = périmètre thoracique xyphoïdien en inspiration
forcée ;
Pte — périmètre thoracique xyphoïdien en expiration forcée;
H — hauteur du sternum;
Ab — différence entre le périmètre abdominal maximum en inspiration forcée et le périmètre abdominal minimum en expiration forcée.
Par ailleurs, Fabre el Guillon ont montré que l'on pouvait également déterminer d'une manière indirecte la capacité vitale théorique aussi bien chez l’enfant que chez l’adulte par comparaison de l’âge, du sexe, de la taille, du poids et de la surface corporelle des sujets examinés.
= 29 Les auteurs ont établi ainsi, sur plus de 550 sujets, une formule simple et précise qui permet, en outre, de juger de la suffisance ou de l'insuffisance respiratoire. Nous y reviendrons dans un autre paragraphe.
Cette formule, empirique EAP l’homme, est la suivante
P EV — Tip ee ue
dans laquelle :
CV = la capacité vitale en litres;
T — la taille en mètres P —. le poids en kilogrammes; S — la surface corporelle en mètres carrés.
Cette formule simple donne une approximation de 5 à 40 %. Applicable à l’homme, elle le devient à la femme si l’on écrit R P 85 S es
et à l’enfant sous la forme :
DA (x =
= (Tr + do lat
K étant un facteur variable en fonction du sexe et de l’âge, et dont les auteurs ont donné les diverses valeurs.
Les résultats de ces mesures prouvent, en outre, que la valeur moyenne de la capacité vitale chez l’homme est nettement supérieure à celle qu’on considère classiquement comme normale.
La moyenne générale obtenue chez l’homme est de 4 litres.
Chez les sujets jeunes, de 18 à 25 ans, elle atteint même un chiffre supérieur.
Chez la femme, la moyenne est environ 3 1. 100.
Quant aux variations en plus ou en moins, elles peuvent être considérables; en moyenne, l'accroissement, chez les sujets entraînés, et la diminution, chez les insuffisants, sont égaux à 25 % de la capacité vitale normale correspondante.
9. Délerminalion de la valeur comparée des différents éléments de la capacité vitale.
Les recherches expérimentales de Fabre et Guichard faites sur de nombreux sujets prouvent que, contrairement aux données classiques à
4° L’air de réserve et l’air complémentaire ont des valeurs extrêmement différentes suivant les sujets.
2 Les écarts numériques entre ces deux éléments de la capacité vitale sont parfois très importants et varient souvent dans le rapport de 1 à 3.
3° Alors qu'il est admis que l'air complémentaire équivaut en moyenne à 4 1. 500 chez un adulte de taille et de poids normaux, les auteurs ont trouvé chez des Sujets normaux des valeurs d'air complémentaire oscillant entre 2 et 3 litres et parfois atteignant 3 1. 500, comme on peut en juger en se rapportant à leurs observations. Il en est de même pour l'air courant, qu'on considère comme égal au tiers de la valeur de l'air complémentaire, soit 0 1. 500; il a été trouvé pour cet élément des chiffres dépassant souvent A Jitre.
L'air de réserve, troisième et Re élément entrant dans la constitution de la capacité vitale, est lui-même soumis à des variations importantes suivant les sujets; d’une manière générale, son volurne est très inférieur À celui de Pair complémentaire.
5° La valeur de l'air complémentaire est presque toujours égale au double de celle de l'air de réserve.
b) SUFFISANCE ET INSUFFISANGE RESPIRATOIRES
1. R. Fabre et Guillon, après avoir établi la formule et la capacité vitale théorique L°
CVS ES +S)XK
ont montré que «la comparaison de la capacité vitale théo-
rique ainsi calculée avec le résultat fourni directement par la méthode spirométrique permet de dire si le sujet examiné est normal, insuffisant respiratoire ou entrainé ». D'où l’intérêt de ces recherches dans le contrôle médical des sportifs et dans le dépistage de l'insuffisance respiratoire chez l'enfant.
Seront considérés comme normaux tous les sujets dont la capacité vitale théorique, calculée à l'aide de la formule, sera égale à + 10 % près de la valeur spirométrique déterminée directement.
Seront considérés comme insuffisants respiratoires {ous les sujets dont l’indice spirométrique sera inférieur de plus de 10 % à la valeur de leur capacité vitale théorique.
Seront considérés comme entraînés au point de vue respiratoire tous les sujets dont l'indice spirométrique sera supérieur de plus de 10 % à la valeur de leur capacité vitale théorique.
2. Le Docteur Pascal (M.), dans une thèse sur /nsuffisance el rééducation respiratoires, Bordeaux, 1944, se préoccupe aussi d'insuffisance respiratoire, mais plus particulièrement du point de vue clinique. Voici ses conclusions - 14° Le syndrome d'insuffisance respiratoire est infiniment plus fréquent qu'on ne pense. C'est pourquoi il doit être recherché systématiquement, surtout chez l'enfant à l’âge scolaire (6 à 14 ans), qui correspond à | « âge respiratoire ».
2% Les aspects cliniques, de même que les causes de l’insuffisance respiratoire, sont multiples.
Il a groupé en un tableau d'ensemble {ous les éléments jusqu'ici épars de ce syndrome, pour en montrer l’importance, la fréquence et les dangèrs pour l’organisme tout entier.
3° La déficience de la ventilation pulmonaire ne doit pas être seule considérée. Le régime circulatoire, en particulier, joue un rôle essentiel, parfois prépondérant, dans l'étiologie de l'insuffisance respiratoire.
eV
4° La rééducation respiratoire seule où associée à d'autres méthodes thérapeutiques, olfre des possibilités considérables, qui ne doivent pas être méconnues ou sous-estimées par le clinicien.
5° Une technique rationnelle doit être systématiquement utilisée : la méthode analytique, sans cesse perfectionnée par l'Ecole suédoise moderne, a donné les meilleurs résultats.
6° La question de l'insuffisance respiratoire intéresse non seulement les médecins, mais aussi les professeurs et les moniteurs d'éducation physique, les sportifs et, au premier chef, les instituteurs, qui sont à la base de l’action: il serait
même souhaitable que le grand publie en soit averti.