‹ L'Institut de France et le second Empire: souvenirs anecdotiques d'après des documents inéditsChapitre 1 sur 6 · L.IBRAIRIB PLON PLON-MOURRIT bt C», IMPRIMEURS -ÉDITEURS · texte numérisé non relu

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Pttblisbed 25 February 1908.

AVANT-PROPOS

Les faits racontés dans cette étude qui ne sont pas empruntés aux procès- Terbaux mêmes des séances de Tlnstitut l'ont tous ou presque tous été aux Souvenirs inédits de M. Dubois de la Loire-Inférieure. J'ai déjà publié plusieurs parties de ces Souvenirs ^ et j'ai eu l'occasion de dire ailleurs (1) quelle

(1) y. Cousin, Jouffroy, Damiron. Paris, Perria,

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caiiosité passionnée pour tout ce qui touche à la Politique et aux Lettres l'ancien Directeur du Globe et de l'École Normale avait gardée dans sa studieuse retraite. Chaque soir, ou chaque nuit, car il donnait peu, il écrivait ce que, dans la journée, il avait appris d'intéressant sur les événements et sur les hommes. Aussi, son journal est-il riche en renseignements de toute sorte sur les personnages imr portants du dix-neuvième siècle. Il suivait, notamment, avec la plus grande attention, tout ce qui se passait dans le monde académique. Avant d'être appelé à F Institut (ce fut seulement le 13 avril 1870 qu'il fut élu

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membre libre de TAcadémie des Sciences morales et politiques), il aimait à se faire renseigner par ses amis sur tout ce qui s'y faisait. d'intéressant. Pour l'Académie des Sciences morales, son vieil et fidèle ami Damiron, et de temps en temps Barthélemy- Saint-Hilaire ; pour l'Académie française, Saint-Marc-Girardin et parfois Yillemain étaient ses informateurs habituels. Damiron demeurait, comme Dubois, rue de Toumon. Presque chaque samedi, après la séance, il passait chez son vieil ami et lui racontait les intrigues que soulevaient les diverses candidatures, les lectures qu'on avait faites, les nouvelles litté-

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raire&, les mots piquants qu'il avait recueillis, A peine était-il parti que Dubois prenait la plume et écrivait tout ce qu'il venait d'entendre. Il en usait de même avec Saint-Marc-Girardin et les autres. C'est ainsi qu'il nous a conservé une foule d'anecdotes curieuses, qui, sans lui, seraient à jamais ignorées. Ce sont, on peut le dire, pour l'Académie des Siences morales les Souvenirs de Damirofiy pour l'Académie française les Souvenirs de Saint^Marc-Girardin^ écrits par Dubois. La véracité des deux académiciens, comme la fidéUté du rédacteur sont hors de cause. J'ai pu, d'ailleurs,, vérifier moi-même la par-

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faite exactitude des faits racontés par Dubois. MM. les secrétaires perpétuels de r Académie française et de l'Académie des Sciences morales et politiques ont bien voulu, en effet (et je leur en exprime ici toute ma reconnaissance) , me permettre de consulter les procès-verbaux officiels des séances des deux Académies. Sans doute, dans leur sobriété, ces procès-verbaux ne racontent pas les menus détails, les anecdotes que Dubois a consignés dans ses Souvenirs. Mais, sur aucun point, il n'y a de contradiction entre les uns et les autres. Tous les faits essentiels que Dubois raconte sont confirmés par la rédaction officielle. Les procès-

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verbaux de l'Académie des Sciences morales nous donnent, avec les noms de ceux qui les ont prononcés, la substance des discours que Dubois reproduit en détail, et telle est la fidélité du narrateur que, sous l'anonymat sévèrement gardé à l'Académie française, il nous a été facile, en rapprochant les procès-verbaux et les Souvenirs^ de restituer les noms des orateurs. C'est donc bien une page d'histoire, de l'histoire de l'Institut que nous avons essayé d'écrire.

Adolphe Lair.

Parif, 15 décembre 1907.

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