VI. — Conclusion
ÊVREL'X. IMPniUBniE CM. IIÊ&ISSKY KT FII.S
Salle des Archives de rAcadéniic des Sciences (Buste de Ghevreul).
L'A(]ADEMIE DES SCIENCES
Ces! un lail «ligne d'attention (jue. |)artout où les lettres et les sciences sont honorées et cultivées, leur inlluence bienfaisante assure aux Académies on elles tiouvent asile une situation privilégiée, et inrl ces compagnies à l'abri des vicissitudes qui désolent et troublent dans icni- marche tant d'autres institutions. Notre pays a vu passer i)i«ii des transformations violentes; les révolutions y ont bouleversé et transformé le pouvoir politique, l'armée, la magistrature, le clergé; seules, les Académies ont traversé les tempêtes sans subir de pro- 11. i
2 L'INSTITUT l)K FRANGI<:
fonds et durables changements. L'Acadénii(i des Sciences surtout, protégée sans doute par la nature des études qui lui sont dévolues, ef aussi par la multiplicité des services que TEtat n'a jamais cessé de lui demander, a pu poursuivre presqu'en tout temps la mission qui lui avait été réservée. Son développement a été progre^ssif, méthodique, régulier. Les transformations (jui lui ont été imposées
L'Académie des Sciences et des Beau.v-Arts. (Composition allôgori(iue de ScbasUen Le Clerc.)
à diverses époques n'ont été ni radicales, ni contradictoires. Chaque réforme s'est vue, en quelque sorte, confirmée et amplifiée par la suivante ; et toutes n'ont eu d'auti'e résultat que de Tacheminer progressivement vers la constitution qui, depuis plus d'un siècle, la régit sans modification Je ne saurais, dans le petit nombre de pages qui m'est réservé, songer à écrire son histoire, qui serait celle du développement des sciences mathématiques, physi({ues et naturelles dans notre pays. Je m'attacherai surtout à donner une idée nette de son organisation aux diverses époques, de la situation élevée qu'elle
a SU se faire dans l'estime publique, des services (ju'elle a rendus, ({u'elle rend encore, à la fois à la science et au pays.
On a dit quelquefois que, lorsque Colhert, heureusement inspiré par quelques conseillers, parmi les({uels il faut noter Carcavi, l'abbé de Bourzeis et Charles Perrault, proposa à Louis XIV la création de TAcadémie des Sciences, il ne fit en ((uelque sorte que donnei* une consécration officielle à une oriianisalion ({ui cxislait depuis
Jetons ili' lAcadiMitio des Sciences sous Louis XIV.
lon<^temps. Il est vjai que les savants de Paris avaient pris riiabitude de se réunir pour se proposer des problèmes dé mathématiques, pour faire des expéj-iences, pour discuter les grandes questions de |)hilosophie naturelh; (jue souhivèrent les découvertes de Kepler et <l«' (ialilée. (les i<''uiii()iis existaient déjà au déi)ut du xvn" sièch'. Bacon, (jui mourut comme on sait en 10:20, en paile avec grand iiih'H'i (I.ins lin de s«'s ouvi'ages. Elles se tinrent à une certaine épo(|ue cliez le père Mersenne, (jui tMitretenait une corresponchuice étendue avec les plus habiles hommes de l'Europe, puis clie» Montmort, chez Tiiévenot, peut-être chez Perrault, dans le logement qu'il occupait au Louvre. Descaries, dans une de ses lettres, parh' dt; Hoberval et de son A<*adémie. K\\ KkH, Pascal ach'osse un « ' < ri t celclicirima* mafliesvos A cademiœ parisiensi.
4 LLNSTITUT DK FHANCI':
Ces assemblées périodicjues, qui réunirent à ceitains jours des savants tels que (iassendi, Descartes, llobhes, Blondel, les deux Pascal père et (ils, qui peut-être donnèrent aux savants anglais l'idée de ces réunions périodiques d'Oxford, d'où sortit en 1662 la Socirfr Hoi/ale de Londres, subsistaient-elles encore en 1666? Nous seiions tenté de le croire, en nous reportant à la dédicace d'un ouvra^^c d'Au/out, publié en 1665, où le savant astronome, en demandant à Louis XIV la création d'un Observatoire digne de la grandeur de son royaume, parle de la Co/npagnic des Sciences cl des Arts et de ses vastes desseins. Tons ces points mériteraient d'être éclaircis, et ce que l'on peut appeler la prébistoire de l'Académie des Sciences a besoin d'être reprise et étudiée dans son ensemble. En tous cas, on ne peut refuser à Colbert, ce ministre porté de lui-même aux grands desseins, le mérite d'avoir con(;u, ou du moins d'avoir accueilli, un plan infiniment plus vaste que la création d'une seule Académie. Dans une autre partie de cet ouvrage, M. G. Perrot a exposé les grandes lignes de l'organisation que Colbert avait préparée et qui était assez semblable à celle de notre Institut. Elle succomba devant les objections de l'Académie française et de l'Académie des Inscriptions. Quelque cliose cependant rappelle l'organisation que le grand ministre avait eue en vue. A partir de 1701, l'Académie des Inscriptions et l'Académie des Sciences furent unies par des relations officiellement reconnues : elles eurent la même fête et durent tenir, à intervalles réguliers, des séances communes, où elles se rendirent compte mutuellement de leurs travaux respectifs.
Duhamel, prêtre de l'Oratoire, qui fut le premier secrétaire de l'Académie des Scieuces, et qui avait été choisi pour sa belle latinité, nous a laissé en latin l'histoire de ses premiers travaux. Colbert se borna d'abord à désigner six à sept géomètres, tous de premier mérite : Carcavi, Roberval, Buot, Frenicle, Auzout, l'abbé Picart, Huygens. Dès le mois de juin 1666, ils s'assemblèrent à la biblio-
tluMjue deColbert. Le ciel, dit FonlenelJe, sembla favoriser la eompai^nie naissante, qui eut la bonne fortune de pouvoir, h ses débuts, observer deux éclipses à quinze jours «riiilrrvalle, ce qui est le temps le plus court dans lequel on puisse en voir deux. La première, (|ui était de lune et qui eut lieu le 16 juin 16G6, avait vivement excité Fintéret des académiciens ; car elle était de celles qui se pro-
Lilùlcl Culbci 1, luu Neuvc-dus-PeliLs-Cliaiiips, où les iiiumbii-s de lAcadémio
des Sciences liment leur picinière réunion au mois de juin 166G.
(Gravure do Jean Marol.)
duiscut scult'iiit'iil ;i (b' rares intervalles, et que Ton appelle horizontab's, parce (jue le soleil et la lune se voient en niéme temps sur riïori/on. Peu favorisés par le temps pour cette première éclipse, les académiciens furent plus beureux à Tobservation de la seconde, qui était de soleil. Elle se lit à Taide d'un instrument imaginé par lluyj^ens et qui, bientôt perfectionné par Auzout et Picart, est <levenu lujourd'bui, sous le nom de micromètre, indispensable en astronomie. A eelte coiiipajçnie de géomètres, parmi lesquels lluygens brillait au premier rang, on n(^ tarda j)as à adjoindre des savants s*occu- [iiiil 'l'études toutes dilférentes, des pliysiciens, connue on disait alors, (le furent :
Cureau de la Ghambn', iiuMlccin ordinaire du Roi; Claude Perrault, qui devait s'immortaliser en fournissant les plans du Louvre, naturaliste habile et de plus médecin, ce (jui l'aisail <lir-e
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Le géomètre Cliristian Huygcns (1629-1695). (Gravé par Edciinck, d'après G. Nelscher.)
aux mauvais plaisants qu'il fallait que l'architecture fût bien malade puisqu'on la mettait entre les mains des médecins ;
Bourdelin, médecin encore et chimiste ;
Du Clos, cliimiste et médecin ordinaire du Roi ;
Nicolas Marchant, médecin et directeur de la culture des plantes du jardin royal;
Jean Pecquet, docteur de la Faculté de Montpellier, anatomiste célèbre par sa découverte du canal thoracique ;
Louis Gavant, chirurg^ien, également anatomiste ;
Edme Mariotte, dont le nom demeure attaché à la loi la plus importante de la physique des gaz.
A ces seize membres, Colbert adjoignit, pour les aider dans leurs travaux, cinq jeunes gens : Couplet, professeur de mathématiques
L'Académie des Sciences a ui l)il)liuLlie([uc du Koi. (Gravure de Sebastien l.c Clerc.)
des pages de la Grande Écurie, qui devait devenir le trésorier de l'Académie; de la Yoye-Mignot, auteui' d'un Traité de la ?misiqif(', Hicher, astronome, qui devait se rendre célèbre par son voyage k Cayenne ; Niquet et Pivert, qui ne firent guère parler d'eux.
Ainsi constituée et complétée, l'Académie tint sa première séance, h» 22 décembrr 1 (Kil), dans le local qui lui avait été réservé rue Vivien, comme on disait alors, à la Bibliothèque du Roi. Colbert, qui fut toujours pour «Ile un protecteur généreux, dont elle conserva précieuseiiHMil le souvenir, avait assigné des pensions à tous les membres de la Compagnie. La seule obhgalion (ju'il leur imposa fut de cultiver toutes les sciences et de les porter à leur dernière perfection (( i\ l'cNchision néanmoins des secrets de la pierre philoso-
s L'INSTITUT DE FRANGI-:
pliale, à quoy il seroit (1(''1Vmi<1u Je s'applicjiier au luisant les autres opérations de la chyniie, de même qu'à l'art de devint'i'ct de prédire en travaillant aux observations de l'astronomie ».
Pour remplir un progrannne si largement coneu, Colbert mit à la disposition de l'Académie une somme considérable pour l'époque (12.000 francs), destinée aux expériences et à la construction ou à l'épreuve des macbines. On aménag^ea dans le local de la rue
Médaille coinmcmoi'alivo de la fondation de rAcadéniie des Sciences. (Gravée par Roussel, 1667.)
Vi vienne des laboratoires et des collections suivant les plans fournis par les académiciens. Les instruments astronomiques furent montés dans le jardin de la Bibliotbéque, en attendant que fût élevé le magnifique observatoire dont la construction avait été confiée à Perrault. Cet observatoire d'ailleurs, ne devait pas, dans la pensée de Colbert, être exclusivement réservé à l'astronomie. L'Académie devait y tenir ses séances, y avoir des salles de collections, des logements pour ses membres. Ces grands projets ne furent toutefois réalisés que d'une manière partielle. L'Académie resta à jla Bibliotbéque et ne tint séance à l'Observatoire que dans de rares occasions, notamment pour la visite du Roi qui eut lieu le l*"'" mai 1682.
ACADKxMIK DES SGIKNGES
Dès le premier jour, TAcadéniie avait décidé qirelle se réunirait
V)sitc tlu Hoi a i( )!).■,. iv.ilonc ,1" mai J(>8i) (Gravure de S<îl»a9licii Le Clerc.)
il«'ii\ lois j.ar srinaiiH', lo iii.Trivdi ri Ir ven-lrcdi. Lu séance du
10 LINSTITUT 1)K KHANCl':
mercredi fut réservée plus spécialernenl aux nuilliématiques ; celle (lu samedi aux expériences de chimie, de physique, et surtout aux dissections, ([ui occupèrent heaucoup d'abord les académiciens. Picart commença la mesure de la méridienne, qui devait être continuée plus tard par les Gassini, et qui leva les derniers doutes de Newton relatifs à sa théorie de l'attraction. On s'attacha aussi k corriger les cartes g"éograpliiques, qui présentaient toutes des erreurs considérables, et à déterminer par des méthodes précises les longitudes et les latitudes d'un grand nombre de lieux. Picart fut envoyé en Danemark pour y relever la position de l'ancien observatoire de Tycho Bralie à Uraniborg. Hiclier alla à Cayenne pour déterminer la longueur du pendule et faire différentes observations.
Quand on parcourt ce qui nous a été conservé de la correspondance de Colbert, on est émerveillé de voir l'attention qu'il apporta à seconder toutes ces entreprises, même celles qui pouvaient paraître à ses yeux dépourvues de toute utilité pratique. On le voit écrire en Italie pour obtenir des objectifs de Campani, réputés alors les meilleurs, rester en correspondance avec Picart pendant son séjour en Danemark, veiller aux détails des voyages de Richer, de Varin, de Deshayes. L'Académie d'ailleurs ne tarda pas a lui payer la dette qu'elle avait contractée envers lui. Picart, à qui l'on doit d'avoir apporté par Femploi des lunettes un perfectionnement décisif aux méthodes d'observation, exécuta autour de Versailles d'immenses nivellements. C'est d'après le résultat de ses mesures que l'on se décida à exécuter, malgré les objections des entrepreneurs égarés par des instruments imparfaits, le beau canal qui fournit une magnifique perspective et prolonge jusqu'à l'horizon le tapis vert étendu devant le château. C'est encore grâce à Picart que fut écarté un projet d'adduction des eaux de la Loire sur le plateau de Satory, que Colbert avait accueilli sur l'autorité du célèbre Riquet, et qui
ACADÉMIE DES SCIEiNCES 41
aurait entraîné les dépenses les plus considérables, sans jamais amener à Versailles la moindre goutte d'ëau.
Aux premiers membres de FAcadémie vinrent se joindre successivement, à mesure des vacances ou des radiations, d'autres savants,
J,-Dom inique Gassini (1625-1712).
(GravY! pur Drovcl, d'après (lossiii.)
toujours directemeiil choisis j)ar Colbert ou, après sa mort, par Louvois, puis |)ar Pontchartraiii : Kd'mer, astronome danois, ramené «•Il l'iMDcc j)ar Picai'l, ri cjiK' dcvail illiislirr la détermination de la vitessr dr la lumière par robservation des satellites de Jupiter; Jean-Domini(jue Gassini, qui sut concilier à l'Académie la faveur du Hoi (ît de la Gour et qui devail doimer à notre pays toute une lignée
d'astronomes illustres; ranatomistedu Verney; le chimiste Homberg, pour lequel le duc d'Orléans avait fait construire le plus beau des laboratoires de l'époque, les botanistes Dodard et Tournefort, les géomètres RoUe, Varignon, l'Jlôpital, La Hire, Sauveur, de Lagny. Colbert, qui cherchait à attirer en France les hommes éminents de tous les pays, avait approuvé que l'Académie s'adjoignît des savants étrangers. C'est k ce titre que les noms de Leibniz, de Guglielmini, figurent sur ses listes, à côté de ceux de Huygens et de Rœmer.
Dans .cette première période de l'Académie, les membres devaient travailler en commun, sans qu'aucun d'eux eût le droit de signer de recherche particulière. Les académiciens furent invités à présenter des plans pour les travaux à entreprendre. Celui de Huygens nous a été conservé, annoté de la main même de Colbert. Cette organisation était conforme aux idées du temps; elle avait été adoptée, quelques années auparavant, par les académiciens de Florence. Comme il est facile de l'imaginer, elle n'eut pas de bons résultats. Les échanges de vues et d'idées ([ui se produisent dans les Académies excitent l'esprit d'invention et fournissent souvent les points d'appui sur lesquels le savant pourra édifier une œuvre durable ; mais leur heureuse inlluence disparait complètement, dès que la liberté et l'esprit d'initiative de chacun se trouvent étroitement enchaînées. Au début du moins, le travail collectif de l'Académie porta presque toujours sur des sujets qu'elle avait librement choisis. Mais Louvois, (jui succéda à Colbert en 1683, n'était pas homme à comprendre l'utilité des études désintéressées. Il envoya à l'Académie un M. de la Chapelle (qu'il avait mis à la place de Charles Perrault comme contrôleur des bâtiments) et invita la compagnie à négliger ce qu'il appelait les travaux de pure curiosité pour s'adonner à des recherches
utiles. La révocation de l'Édit de Nantes éloigna définitivement de France Huygens et Rœmer. La guerre et la persécution religieuse empêchèrent sans doute aussi des savants tels que Hartsœcker,
Ecusson (le la carlu de France de Maraldi et Cassini de Thury, de l'Académie royale
des Sciences (1744;.
Stenon, pml-étre aussi Leibniz et Tschirnliausen, de renoncer à leur nationalité pour se fixer à Paris.
« L'Académie, nous dit Fontenelle, qui en avait été nommé en 1607, était tombée dans une sorte de langueur, dont elle ne pouvait sortir que pai' une réorganisation. »
C(;tte réorganisation nécessaire lut accomplie, |)eu aprt's la jiaix de lUswick, par le chancelier de Ponlchartrain.
14 LINSÏITUT DK FKANGK
Cl' iiiinislre accueilliL et lit uppiouvcr par le Roi un projet nouveau (le règlement, préparé par son neveu, Tabbé Bi^non, qu'il avait placé depuis quelques années à la tète de TAcadémie. Le nouveau règlement, qui date du 2(5 janvier 1699, et (jui fut reru avec grande reconnaissance, le 4 février suivant, par l'Académie, en faisait, pour ainsi dire, une Compagnie nouvelle.
D'abord, le nombre des membres était beaucoup accru et porté de 20 a 70. L'Académie devait comprendre dorénavant dix lionoraires, vingt pensionnaires, vingt associés, dont douze régnicoles et buit étrangers, «Mifin vingt élèves, dont cliacun serait attaclié à un pensionnaire et nommé sur sa présentation.
La création des lionoraires était la preuve la plus éclatante de la considération que l'Académie avait su acquérir. Les plus grands seigneurs tenaient maintenant à bonneur de lui appartenir et d'ajouter à leurs autres titres celui d'académicien. Le règlement ne leur demandait que « d'être recommandables par leur intelligence dans les matbématiques et dans la pbysique ». La prééminence leur appartenait dans l'Académie; et c'est parmi eux que le roi cboisissait, cbaque année, le Président et le Vice-Président.
C'est au règlement de 1699 qu'il faut faire remonter aussi la division en sections, division qui subsiste encore aujourd'bui. Les pensionnaires comptaient parmi eux le Secrétaire et le Trésorier, tous deux perpétuels ; mais les 18 autres furent distribués en égal nombre entre six sections : géométrie, astronomie, arts mécaniques, anatomie, chimie, botanique.
Comme les pensionnaires, les douze associés régnicoles étaient répartis également entre les sections, ce qui portait à cinq le nombre des membres de chacune d'elles.
ACADÉMIE DES SCIENCES lo
L'Académie, heureusement inspirée, ne voulut imposer aucune classification aux associés étrangers. Elle décida qu'elle les choisirait uniquement d'après leur réputation, sans s'astreindre à remplacer un savantparun autre qui se fût occupé des mêmes études. Cette règle
L'abbu Bignon (16G2-1743).
Auteur du règlement de l'Académie des Sciences du 26 janvier 169*.».
(Gravé par Eilclinck, d'aprùs Calli. de la Roup.)
si s.iL'c ;i toujours été maintenue, depuis. C'est grâce à eik» (|ue h' titre d'associé étranger de l'Acach'-niie des Sciences est demeuré, depuis plus du deux siècles, un de ceux dont tout savant a droit de s'i'iiorgueillir. F^es huit premiers associés de \i\\)\) furent RdMuer, Leihniz, (liigli<'lmiin, «jui rn fail avaiciil été nommés antérieureiiieiit,
1(5 I/INSTITIT Y)K FRANGH
llarlscrcker, Jîumjucs cl Jraii Bernouilli, Newton, ^'i\ iaiii (Huygeiis t'iciit rnortcn IGDo).
Parmi les hoiioj-aircs (jui furent nommés à celte date, il faul <'ih'r
li;r.-
FONTENELjLEo
V<" (/ Rouen /c // /ù'f>ru/' / 0\ '",
F'onlenelle (1657-1757).
Dcuxièmo secrétaire perpétuel de l'Académie des Sciences.
(Gravé par Saint- Aubin.)
Malebranclie et le maréclial de Yauban. Fontenelle succéda à Duliamel comme secrétaire perpétuel. Il devait le rester jusqu'en 1739, époque 011 il donna sa démission et fut remplacé par le savant, aujourd'hui bien oublié, qu'on appelait alors l'illustre Mairan.
Le développement donné à l'Académie était évidemment incom-
patible avec le principe de la nomination directe par le Roi, qui avait été la règle jusque-là suivie. Aussi le règlement nouveau donnait à
J.-J. Dortous (le Maiian (H)78-n71).
ïroisiciiM' secrétaire perpétuel de l'Acadt'inie des Science;
((iravr par Carmonlcilc, lT(tO.)
rAcadémit; le privili'ge, ({iii lui liJ's ;ij»|»n'ci<'' p;ir rllr. dr sr locruter 4dl(î-mi>me par élection.
Pour remplir les places d'Iionoraires, ellr devait élire à la pluralité des voix un sujrt (juVIle pro|)Osait au. Hoi pour avoir son agrément.
18 LINSTITUT DE FRANCK
Pour les places de pensionnaires, elle avait à dresser, en indi- (juant Tordre de ses préférences, une liste de trois noms, parmi lesquels le Roi choisissait.
Des règles analogues étaient suivies pour les associés et les élèves.
Le travail en commun était supprimé, mais les pensionnaires et les associés devaient indiquer le sujet auquel ils avaient l'intention de s'appliquer et présenter, à tour de rôle, des communications à l'Académie. Cette partie du Règlement fut sévèrement appliquée, et plusieurs membres furent même exclus pour y avoir contrevenu. On en tempéra plus tard la rigueur en accordant le titre de vétérans à ceux des pensionnaires ou des associés qu'une longue carrière mettait hors d'élat de fournir un travail régulier.
Les élèves devaient être assidus aux séances; ils ne pouvaient prendre la parole qu'après en avoir reçu l'autorisation du président.
L'accroissement que recevait l'Académie rendait tout à fait impossible son maintien à la Bibliothèque du Roi. Un nouveau et spacieux logement lui fut attribué au Louvre ; et Mansart, surintendant des bâtiments, fut chargé de l'installer dans ce que l'on appelait alors le petit appartement. Si Ton pénètre par la grande cour dans le pavillon de l'Horloge, où est l'une des entrées du musée actuel et l'escalier de Henri II, on trouve à gauche la salle des Cariatides et au-dessus, au premier étage, une salle qui porte aujourd'hui le noin du docteur Louis La Caze, un des bienfaiteurs de l'Académie actuelle. On attribua à l'Académie des Sciences la pièce qui suit, et qui a porté depuis le nom de salle Henri H. L'Académie avait en outre à sa disposition la Salle des Sept cheminées où se trouvent aujourd'hui les principaux tableaux de David et de son école et un cabinet en retour sur la façade du bord de l'eau. Ce cabinet et la Salle des Sept Cheminées, qui était alors divisée en deux pièces, contenaient les
collections criiistoire naturelle, les instruments, la bibliothèque
les modèles de machines. Tout ce logement était orné de tapisseries et de tentures mao^ni- •
liques. Bien qu il surpassai en étendue les locaux occupés par les autres Académies, il fallut y ajouter plus tard tout l'espace correspondant du second étage, el même le grenier, dont on lit une galerie pour les modèles de machines.
L'Académie est restée au Louvre jusqu'en 171)3 ; elle y tint sa première séance, Ir 2\) avril Wm.
(( Il V a présentement, disait le Mercure Galant, cin(| Académies ({ui tiennent séance au Louvre, l'A('a<h';mie franijoise, celle des Inscriptions et Médailles, l'Académie royale drs Scinices, f«'lh' {\v IN'inliirr cl (h'.
IMaii «lu lo^'oiiiciil .le élabli(3 au Louv
r,iii