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L'Institut des Redemptoristines

L'histoire des Religieuses Rédemptoristines est intimement liée à celle des Missionnaires Rédemptoristes déjà bien connus au Canada. Leur origine commune remonte à St-Alphonse de Liguori que l'Eglise a solen- nellement reconnu pour le fondateur de ces deux branches de l'Ordre du Très Saint Rédempteur.

Déjà avant de fonder sa congrégation de Prêtres missionnaires, St-Alphonse avait rencontré dans un couvent de la petite ville de Scala, près de Naples, un groupe d’âmes d'élite adonnées à la vie contemplative et toutes disposées à réaliser sa pensée de prédilection : la parfaite imitation de Jésus-Christ.

C’est là, dans cet asile de la prière et de la contemplation, que Dieu prévenant le vœn de son serviteur, avait parlé, par des révélations, à une âme privilégiée, la Sœur Marie-Céleste. () Ces révélations étaient entièrement conformes au projet que nourrissait Alphonse, et naturellement elles formèrent la base d’une nouvelle règle de vie. Cette nouvelle règle fut en grande partie

(1) Cette sainte religieuse mourut le 14 septembre 1755. Son corps s’est CONSErvÉ intact jusqu’à ce jour, et plusieurs miracles se sont Opérés à son tombeau. lIîlle fut déclarée vénérable par Léon XIII, le 11 avril 1901.

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composée par le Saint lui-même, et les Sœurs de Scala l'adoptèrent le 23 mai, fête de la Pentecôte, 1731. Quelques mois plus tard, le 5 août, fête de la Transfiguration de Notre Seigneur, elles revêtirent le nouveau costume religieux : tunique rouge avec manteau bleu De ce jour date, à proprement parler, l’origine de l’Institut des Rédemptoristines.

Ainsi Dieu voulait que le premier fruit du zèle d’Alphonse pour les âmes fût la création d'un institut de Religieuses dont toutes les règles se rapportent à l'imitation de Jésus-Christ dans sa vie cachée. Cet événement renfermait l'expression d’une idée profonde.

Le Christ était venu sur la terre comme Sauveur et Docteur, et néanmoins il consacra trente années à la vie de prière et de contemplation. N'a-t-1l point clairement montré par là que la contemplation et la prière doivent être l'âme de la prédication et l'élément constitutif de la vie du missionnaire ? En outre ne voyonsnous pas les Apôtres laisser aux diacres le soin des pauvres ? € Pour nous,» disaient-ils, « nous devons employer notre temps à la prière et à la prédication : Orationi et ministerio verbi.»y Remarquons qu'ils mettent la prière avant la prédication.

C'était donc une pensée en tout point digne de St- Alphonse, l'apôtre de la prière : avant de lever une armée d'apôtres pour combattre le péché, il voulait placer sur le champ de bataille une phalange de vierges consacrées à Dieu pour implorer les secours du ciel. Par là il tenait à rappeler sans cesse aux soldats du Christ qu'ils doivent trouver leur force et leur soutien permanent dans les prières de ces anges de paix devant devant le trône de Dieu, et dans les pénitences de ces victimes volontaires. A bon droit il pensait qu'à côté des Ordres contemplatifs existant déjà dans l'Eglise de Dieu, il fallait donner une place à ce nouvel institut dont la note caractéristique allait être une imitation très fidèle de la vie du divin Redempteur à Nazareth, et une

LES REDEMPTORISTINES 3 ; TRAUAUN Ke Hs union très intime aux mystères de son incarnation, de sa passion et de sa glorification.

La Règle composée par St-Alphonse n’impose pas des pénitences extraordinaires à ces vierges consacrées à Dieu ; les mortifications corporelles y sont sagement ménagées ; mais toutes les sœurs y trouvent un moyen facile de s'élever à un haut degré de vie intérieure et d'être de puissantes avocates pour la conversion des pécheurs.

C’est dans ce même esprit de modération pour l'extérieur, mais de zèle ardent pour l'imitation de Jésus- Christ, par la sanctification personnelle et le dévouement au salut des âmes, qu'Alphonse devait fonder sa Congrégation de Prêtres missionnaires. Chose remarquable, elle aussi prit son humble origine à Scala, dans les bâtiments adjacents au couvent des Rédemptoristines, le 9 novembre 1732. C'était le commencement et la preuve de l'union spirituelle qui devait relier intimement ces deux Congrégations.

Aussi dès que St-Alphonse, en 1749, eût réussi à obtenir l'approbation papale pour ses missionnaires, 1] fit sans délai les démarches nécessaires afin d'obtenir la même faveur pour les Rédemptoristines. Ses eflorts auprès du roi de Naples et de la Cour Romaine furent couronnés de succès, et dès l’année suivante, le 8 juin 1790, le Pape Benoit XIV publiait le bref: € 2n supremo militantis Ecclesiæ solio,» par lequel le nouvel Institut fut solenment approuvé pour toujours.

Il.—BUT DE L'INSTITUT La Règle écrite par St-Alphonse fut citée en entier dans le bref pontifical.

Au début même de ces Règles, le Saint indique claire- . x . ,.

ment la raison d’être du nouvel Ordre, le rang qu'il

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occupe parmi les autres Ordres contemplatifs et Le besoin particulier auquel il pourvoit. Il exprime aussi son espoir de la voir fleurir et s'étendre peu à peu dans le monde entier. D'ailleurs la parole du Pape y avait à jamais apposé le sceau de l'approbation divine ; et par là fut renouvelée la bénédiction prononcée jadis par Dieu : © Croissez et multipliez-vous sur la terre.»

Citons le texte même du début de la Règle du nouvel Institut.

« L'imitation de Jésus-Christ, notre Modéle et notre Maître, est une obligation stricte pour tous les Chrétiens : elle leur est instamment imposée par l'Evangile et les Epitres des saints Apôtres.

€ Mais il est très difficile et très onereux de remplir cette obligation au milieu des dangers et de la corruption du monde.

« C'est pourquoi le but de notre humble Congrégation des Religieuses du Très Saint Rédempteur est de former des âmes qni se proposent Jésus-Christ, leur divin Maître, comme leur modèle vivant.

€ Toute l'application de ces àmes appelées de Dieu et demeurant ensemble dans les maisons de cet Ordre, doit done consister à marcher sur les traces de Jésus- Christ, à tenir constamment devant les yeux le miroir de ses exemples et de ses actions, et à se rendre autant que possible conformes à ce divin Modèle. Voilà le seul et unique but vers lequel convergent les Règles et Constitutions établies pour guider la conduite des Religieuses.»

L’imitation de Jésus, notre Sauveur, est donc le but principal de l’Institut. Le but secondaire est de promouvoir avec zèle les intérêts de l'Eglise fondée par le Sauveur, de venir au secours des autorités ecclésiastiques, des prêtres, et de travailler sans relâche à la conversion des pécheurs.

« Les Religieuses du Très Saint Rédempteur,—nous citons le texte même de la Règle — professeront un

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attachement spécial à l'Eglise Catholique, et à cette fin elles prieront tous les jours pour le Pape, les Cardinaux, les Evêques, les Ordres religieux, et surtout pour les Ouvriers apostoliques qui travaillent à la conversion des pécheurs et des infidéles, afin que Dieu appelle ces derniers à la lumière de notre sainte foi.»

C'est en ce sens qu'Alphonse comprit limitation de Jésus-Christ par les Rédemptoristines. Il les considérait comme établies par Dieu pour être les auxiliaires des évêques, des prêtres et des missionnaires dans l’'œvre de la conversion et de la sanctifiéation des âmes.

Plus tard dans les avis adressés aux Rédemptoristines de Sainte-Agathe, sa ville épiscopale, il écrivait : «Dieu, mes sœurs, vous à retirées du monde pour vivre dans sa maison, non seulement afin de travailler à votre propre salut, mais aussi à celui de tous ceux qui vivent comme perdus au milieu du monde. Le Seigneur disait un jour à Ste-Marie-Madeleine de Pazzi: «Voyez-vous, Madeleine, comme les chrétiens sont entre les mains du démon ! Ils seraient perdus, si mes élus ne les délivraient par leurs prières.» Aussi la Sainte disait-elle à ses religieuses : «Mes sœurs, Dieu ne vous a pas seulement séparées du monde pour votre propre bien, mais aussi pour venir en aide aux pécheurs.» Elle ajoutait que les religieuses devront rendre compte pour tant d’âmes qui peut-être ne se seraient pas perdues, si elles les avaient recommandées à Dieu avec plus de zèle. Que l’on médite bien ces dernières paroles.»

St Alphonse, au soir de sa vie—il avait alors 82 ans — inculquait encore à ses filles spirituelles ce point capital de leur sainte vocation: prier pour la conversion des pécheurs et des infidéles ; tant il était persuadé du rôle important que les Religieux contemplatifs se vouant exclusivement à l’apostolat de la pénitence et de la prière, jouent dans l’œuvre de la conversion et de la sanctification des âmes.

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Evidemment le Saint n’appartenait pas à la classe de ces esprits aux vues bornées et terrestres qui, incapables de comprendre les services précieux rendus par les Ordres contemplatits à la Sainte Eglise et, par elle, au monde entier, sont tentés de les considérer plutôt comme un fardeau que comme un bienfait pour la société.

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