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III. ORGANISATION DE L'INSTITUT

Ce qui caractérise avant tout les Religieuses Rédemptoristines c'est leur esprit d'imitation du divin Rédempteur des hommes. C’est déjà tendre à une haute perfection que de s’adonner à la pratique des vertus par amour pour Dieu; mais si on entre dans cette voie de perfection dans le dessein très spécial d’imiter Notre-Seigneur Jésus-Christ, modèle achevé de toute vertu et de toute perfection, ne se rapproche-t-on pas davantage encore de ce divin Maître ?

Or c'est précisément à ce degré que la Règle des Rédemptoristines propose la pratique, non seulement d'une vertu spéciale, mais de toutes les vertus. Ce sont toutes les vertus, telles qu'elles ont apparu en Notre Seigneur, qui doivent être l'objet de leur imitation et de leurs efforts. Dans ce but, la Règle assigne à chacun des mois de l’année une vertu particulière, que l’on doit viser à reproduire. Après la foi et l'espérance, lesquelles ne sont point, à proprement parler, des vertus du Sauveur des hommes, viennent : l’amour de Dieu, l'amour du prochain, la pauvreté, la chasteté, l’obéissance, la douceur et l'humilité, la mortification, le recueuillement, l'amour de l’oraison, l'abnégation et l'amour de la croix. Tels sont les douze fondéments sur lesquels s'élèvent, pour ainsi parler, l'édifice de la perfection, fondements mystérieux posés eux-mêmes sur la pierre ferme de l’accomplissement de la volonté divine en toutes choses.

LES REDEMPTORISTINES ?

À ces vertus, à la pratique desquelles viennent converger les méditations et les examens de chaque jour, se joint le souvenir sans cesse renouvelé de la vie et de la mort de notre Sauveur. Trois heures de silence dans l'après-midi rappellent les trois heures de l’agonie sur la croix. Les trois méditations quotidiennes, la récitation de l'Office en commun, le Rosaire médité, tont imiter l'esprit d'oraison du divin Maître. Le travail des mains, imposé à certaines heures, fait penser à sa vie cachée de Nazareth. L'esprit de pénitence est pratiqué par l’éloignement du monde et la plus sévère clôture, par des mortifications corporelles sagement ménagées, par les crucifiantes mais salutaires exigences de la vie commune. Aux jeûnes de l'Eglise vient s’adjoindre le jeûne de tous les vendredis de l’année. La même pratique de pénitence, mais en un degré moins rigoureux, sanctifie l'Avent et la neuvaine préparatoire à la Pentecôte.

Comment ne pas reconnaître à ces traits une parfaite imitation de la vie du divin modèle ?

Les fêtes de l'Ordre ont été choisies à dessein ; celles de Noël, de Pâques, de la Pentecôte, du T. S. Rédemteur, de St Joseph, de St Alphonse, et de St Gerard, en sont les principales. Le vingt-cinquième jour de chaque mois est consacré à rappeler à la fois l’Incarnation et la Naissance de Notre Seigneur, qui eurent lieu, on le sait, un vingt-cinquième du mois. Ce jour est pour les novices un Jour de fête; pour les professes, celui où elles doivent renouveler leurs vœux ; et le silence à table est interrompu par la Joie commune, à moins que ce soit un vendredi.

Les Rédemptoristines doivent prier continuellement pour l'Eglise, pour la conversion des pécheurs, surtout pour les âmes les plus éloignées de Dieu. Le nombre de professes dans chaque monastère ne peut dépasser le chiffre de trente-trois, nombre des années de la vie mortelle de notre Rédempteur ; celui des converses ne peut

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s'élever au-dessus de sept. Les couvents peuvent recevoir des Educandes, ou jeunes personnes qui se proposent d'entrer un jour dans l’Institut; mais l'œuvre proprement dite de l'éducation est défendue. ()

Le costume religieux rappelle par ses couleurs symboliques les vertus que doivent pratiquer celles qui le portent. La tunique rouge représente la charité : le scapulaire et le manteau bleu-céleste marquent le ciel, où doit tendre la pensée, où le cœur doit avoir son trésor. Deux voiles, l’un blanc, l’autre noir, signifient la pureté et l'humilité ; l'anneau de la profession est le signe de l'alliance indissoluble qui unit au céleste Epoux. Chaque religieuse porte sur la poitrine l'image bénie du divin Rédempteur.

La tristesse et l'ennui sont chose inconnue dans les couvents de Rédemptoristines. Grâce à la variété des exercices et à leur heureuse répartition aux différentes heures de la journée, grâce aussi à l’aimable gaieté et simplicité que les Sœurs apportent dans leurs rapports mutuels, les jours s’écoulent aussi heureusement que rapidement. Pour elles plus que pour les personnes du siècle, la route qui conduit à l'éternité parait courte, et d'elles on peut dire en toute vérité ce que le divin Sauveur disait de ceux qui s'attachent uniquement à son service: QMeliorem partem elegit ; elles ont choisi la meilleure part. »

(1) Les jeunes personnes qui entrent chez les Rédemptoristines doivent d’abord passer 10 mois dans la communauté en qualité d’Educandes. Après ce temps elles commencent le noviciat pour se préparer pendant 2 mois à la prise d’habit. Après un an de noviciat à lieu l’émission des vœux perpétuels. La perision pour les deux années de probation est de $100.00, payable d'avance par versements semi-annuels. La dot et le trousseau reviennent, à peu de chose près, à ce que l’on exige dans les autres Ordres contemplatifs, tels que le Carmel et le Précieux Sang.

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