CLASSEMENT DES COLLECTIONS
Et si, maintenant, après cette courte énumération, nous ajoutons que nous avons laissé de côté les collections minéralogiques de toutes les colonies citées — celle de Nouvelle-Calédonie et d’Algérie étant surtout très complètes — ; si nous ajoutons que le Musée réunit
aussi, comme types de comparaison, les produits similaires provenant des colonies étrangères (produits qu’il doit en grande partie à l'obligeancede laCompagniedes Docks et des Messageries maritimes) on se rendra compte de l’importance qu’a déjà prise le nouvel établissement.
Les visites qu’y rendent journellement les industriels et les commerçants marseillais sont, d’ailleurs, la meilleure preuve des services qu’ils en attendent et de l’intérêt qu’ils portent à cet établissement.
Les nombreux dons que nous avons signalés démontrent aussi que beaucoup de fonctionnaires coloniaux ont appris le chemin du Musée ; un grand nombre ont contracté l’habitude de venir, avant leur départ, s'enquérir du genre de recherches qu'il y a surtout lieu de faire dans les contrées où ils vont résider. Les renseignements nécessaires leur sont fournis par M. Heckel et par les collaborateurs qui l'entourent.
Mais les services rendus par le Musée colonial ne se bornent pas là. La Chambre de Commerce de Marseille reçoit des quatre points du monde, à raison de la situation privilégiée de notre port (point de convergence de toutes lignes de paquebots reliant l'Europe aux colonies), des demandes de renseignements sur la valeur industrielle et vénale d’une loule de produits exotiques, soit connus, soit inconnus dans le commerce et l’industrie. Grâce aux ressources offertes, soit par les collections commerciales et scientifiques, soit par la bibliographie, des réponses satisfaisantes peuvent être surtousces pointstransmises rapidement aux intéressés pour le plus grand avantage du commerce marseillais. La Chambre de Commerce veut bien sur ce point s’en rapporter aux renseignements que lui fournit le Directeur du Musée colonial. D’autre part, le service des douanes se trouve souvent en présence de produits nouveaux arrivant dans lecommerce sous des noms indigènes ou même fantaisistes qui ne la renseignent en aucune façon sur la nature et l'emploi probable de ces produits; de là pour cette administration l’impossibilité de pouvoir frapper un droit d’entrée par assimilation. Le Directeur du Musée colonial est alors consulté et l’assimilation peut être faite dans l’intérêt du Trésor. Enfin, les litiges commerciaux pour avaries de merpeuvent
être résolus par le Tribunal de commerce de Marseille, grâce à la ■consultation des types commerciaux dont la sincérité et l’origine sont indiscutables et indiscutés: il en est de même des procès intentés pour livraison de marchandises non conformes aux conventions ; les types commerciaux du Musée colonial peuvent servir d'étalons dans ces divers cas.