‹ L'instruction au Canada sous le régime françaisChapitre 143 sur 233 · I . Le Père LcMercicr ««t mort, dit-oa. ans AaUUcs, ta i6Ss · texte numérisé non relu

I . Le Père LcMercicr ««t mort, dit-oa. ans AaUUcs, ta i6Ss

272 l'instruction A\^ V.ANADA

ment de Carignan, ancien missionnaire des Agniers, était préfet des classe en 1679, et encore en 1685.

En 1699-1700, on trouve à la préfecture des études, au Collège, le Père de Crépieul qui, durant de longues années, avait desservi les missions de Tadoussac et du Saguenay. Nommons encore le P. d*Heu, en 17 17, et, pendant longtemps, le P. Lagrenée; en 1740, le P. Canot et, de 174a à 1749, le P. Mesaiger. Tous ces Pères sont bien connus et il n*est pas nécessaire de refaire ici leurs biographies que Ton retrouvera un peu partout dans le grand ouvrage du P. de Rochemonteix.

Le dernier que nous ayons rencontré est le P. LeBaimis. Arrivé au pays en 1747, il fut d'abord directeur du Séminaire et curé d'ofifice de Québec jusqu'en 1749, alors qu'il abandonna ces charges pour entrer au noviciat des Jésuites. En 1 753, il avait fait profession et il était préfet des classes au Collège, comme l'atteste un livre de prix que nous avons retrouvé.

Et tous ces recteurs et tous ces préfets des classes avaient 8OUS leurs ordres et sous leur direction tantôt des hommes d'une haute culture intellectuelle, tantôt des missionnaires qui avaient blanchi sous le harnais, toujours des professears d'un zèle et d'un dévouement éprouvés.

Qu'on nous permette de citer quelques noms panni les plus remarquables.

Ce sont, pour la philosophie; les PP. Pîjaitt Boovartf Mareuil, Salleneuve et de La Brosse.

Pour le rhétorique, les Pères de Crépieul, Bonvart, Chicart, Cholenec, Lebrun, Laure, Maurice, etc.

Les humanités furent enseignées tour À tour par les PP.

Ul COLLteE DES iftsriTRS 373

MoraiOt Pa\Te, Lebrun, i^mv, Uaniçtou, .Hiauncc, De Sceau, Glapioa, eta

Les classes de grammaire, de leur cdté, n*eurent pas à rougir de leurs professeurs ; pour le prouver nous n*avons qu'à rappeler les noms de Julien Gamier, Chicart, Auber>', U*Avaagoor, Charlevoix, Dupuy, Laure, Maurice, Glapion, etc.

Et parmi ces derniers n'oublions pas Charles-Amador Martin et Charles Pouspot, deux anciens élèves du Collège de Québec, que Ton retrouve en 1665, candidaii sadeiatis ûdoUscenUs^ et professant la grammaire chez les Jésuites.

Plusieurs de ces professeurs avaient enseigné en France avant de passer au Canada ; d'autres y vinrent commencer leur carrière. En général, on peut dire que le corps pro> fessoral se composait d'étudiants en théologie, de jeunes Pères et de vieux missionnaires en retraite. Et la chose est facile à comprendre. Les missions étant la fin principale de la Compagnie, au Canada, chacun désirait y aller le plus tdt possible: « La plupart des jésuites employés à rétablissement scolaire de Québec, écrit le P. de Rochemonteix, ne faisaient qu*y passer. On les y retenait quelque temps pour apprendre les langues sauvages et, pendant ce temps, ils se livraient à renseignement des langues classiques on des sciences. Une fois en état de rendre service dans les missions, but suprême de leurs vœux, ils quittaient Québec. ■

Quelquefois, ces mêmes missionnaireti brisés de fatigues, accablés d'infirmités, demandaient à revenir au Collège et s'offraient à enseigner dans les daases même inférieures, comme s'ils eussent craint d'être à charge à la commu-

nauté et de ne pas avoir assez fait pour le pays. Dévouement admirable mais qui, parfois, n'allait pas sans quelques inconvénients. Aussi finit-on par se plaindre. Les autorités du Séminaire de Québec, rendant compte aux directeurs des Missions Etrangères de Paris du spirituel et du temporel de leur établissement, vers 1704, faisaient remarquer que leurs élèves ne profitaient pas autant que Ton était en droit d'espérer, des classes de philosophie et de théologie, et donnaient pour raison l'âge trop avancé des professeurs. Les directeurs de la maison de Paris répondirent, le 19 juin 1705: « Il faudrait obtenir des Jésuites qu'ils donnassent pour Régents de philosophie et de théologie des Pères qui fussent moins vieux et qui ne laissassent point languir les classes et les leçons qu'ils y doivent faire. » On allait plus loin, et l'on parlait même de retirer ces élèves dans le cas où les Jésuites seraient dans l'impossibilité de faire mieux, car, disait-on, « il serait très funeste de sacrifier les études de nos enfants, qui sont la principale ressource de la colonie pour les paroisses » K

Le changement proposé n'eut pas lieu, et ce ne fut que plus tard, vers la fin de la domination française, que le Séminaire commença à faire des conférences de théologie.

Mais ces cas d'anciens missionnaires redevenus professeurs faisaient l'exception, et M** de Saint- Vallier, qui arrivait de France, pouvait écrire avec vérité, en 1688: • Les r^^ents du collège sont bien choisis, pleins de capacité et de zèle ; ils remplissent leur devoir par esprit de grâce '. • A part

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