‹ L'instruction au Canada sous le régime françaisChapitre 154 sur 233 · Artki9êS ém Sémimmir · texte numérisé non relu

Artki9êS ém Sémimmir

U» 8CIKNCKS AU COIXteS JOI

définitions tirées, pour la plupart, à^AHstoiê et de S, Thomas^ et souvent aussi les mêmes exemples. Prenons en particulier le paragraphe sur les figures du syllogisme. Les trois règles propres à chacune des figures sont exprimées dans ces auteurs dans les mêmes termes :

Sit minor aff.rmans tue fmajor particularis

Uma negans ntc major particularis

Sit minor afirwums^ conclasio particularis *.

Pour prouver que les syllogismes de la première figure ne peuvent avoir de conclusion juste si la mineure est né. gativCf tous deux donnent Texemple suivant :

Omme animai est substantia (Sed) nullus lapis est animal^ Ergo nullus lapis est substantia '.

Plusieurs autres syllogismes sont presque semblables.

On ne sera donc pas surpris si Ton trouve dans ce petit Compendium (et dans toute leur splendeur), les fameux vers des anciens scholastiques sur les modes du s>'llogisme : Barbara^ Celarent^ Darii^ Ferio^ Baralipton , . .

Il est probable que ces formules, vieilles comme la philosophie bcholastique, resteront toujours jeunes à cause de leur caractère original. Quant à la similitude et de la matière et de ses divisions, elle n*a rien qui puisse nous étonner, puisque les auteurs, à quelque siècle qu*ils appartiennent, vont tous puiser aux mêmes sources, c'est-à-dire, dans Aristote et dans S, Thomas,

I. Cf. ZigUara. Smmtmm pkUow^km, I, p. 118. a. /^m/., p. 119.— G^OT/rWinM. p. 75

Disons-le cependant, la philosophie a pris, de notre temps, dans les collèges du nioins,« des développements qu'elle n'avait pas au XVII* siècle. Toutefois, ce n'est pas sur le petit Abrège dont nous venons de parler qu'il faudrait juger de l'étendue de l'enseignement philosophique à cette époque reculée.

Le Père de Rochemonteix écrit au sujet des cours de philosophie et de théologie au Collège de Québec : « D'après les correspondances des supérieurs, conservées aux archives générales de l'Ordre, les principaux exercices en dehors de la le^an des professeurs étaient les Répétitions^ X^sSabbatines et les Menstruales, Tous les jours il y a répétition. Le samedi de chaque semaine et à la fin du mois, les étudiants argumentent de vive voix, en présence du professeur, sur une matière déterminée à Tavance. Le défendant expose la thèse et la défend; l'argumentant fait les objections^ L'argumentation est en latin et ne s'éloigne jamais des formes rigoureusement syl logistiques. Ou l'appelle dispute (disputatio) ; c'est une espèce de tournoi dialectique, qui a tout l'intérêt dramatique d'une lutte. Les disputes du ssp medi ou de la fin du mois sont privées; avant la fin de l'année scolaire, on donne un grand exercice public d'argumentation : c'est la menstruale ^ »

Dans ces séances générales, on traitait de la matière vue dorant l'année ou de toute la philosophie, suivant le cas.

Nous n'avons pu retrouver les thèses soutenues â Québec par les élèves des Jésuites, si ce n'est une peut-être. La plupart de celles que l'on conserve dans nos archives pro-

t. Roch.: Lê$Jé$mii€s ûm XVil* tihU . I. p. 217.

UtS SCIKNCBS AU COLLlKiR JO^

viennent de différents collèges de France, de Laflècbe et autres. Les unes ne comprennent que la logique, d'autre» embrassent toute la philosophie. Parmi ces thèses, deux surtout ont attiré notre attention. La première est une thèse de physique soutenue au Collège de LaUèche le 21 mars 1746, en séance publique. Sur le revers de Timprimé, on a écrit à la main: Thèses soutenues en Physique par, U P^e Phineau de MontréaL

Ce père Périneau, qui ne paraît pas avoir exercé le ministère en Canada, éUit pourtant canadien d'origine. Né à Montréal en 1723, il était entré au Séminaire de Québec en 174a Et nos Annales ajoutent : « il est Jésuite »,

Comme plusieurs de ses compatriotes, Toussaint Périneau était allé terminer ses études en France.

L'autre document auquel nous avons fait allusion est manuscrit Ce sont des thèses sur la logique au bas desquelles on a écrit en belle coulée : • Has thèses deo duce et auspice Dei para tueri conabitur Petrus Menard MarianopolUanus^ Die jj» martn • . . . La date de Tannée est restée en blanc, mais ces thèses furent probablement soutenue»

en 1759-

Pierre Ménard éUit entré en philosophie, au Séminaire

de Québec, en 1758. Le Séminaire n'avait reçu cette

année-là, à cause de la famine, que quatre élèves nouveaux,

tous philosophes, parmi lesquels se trouvaient Pierre De-

nault, futur évèque de Québec, et Pierre Ménard. Celuûci

ptSMi en France pour y terminer ses études, à Tautomne de

1759. Rien n*empéche donc qu'irn*ait soutenu ses thèses

de philosophie au mois de mars précédent

Ce n'est pas à la simple lecture de ces thèses que Poir

peut juger du cours de philosophie de ce temps-là. Il faudrait voir Tauteur d*où elles sont tirées. Nous ne pouvons dire non plus qui était professeur de philosophie au Collège de Québec en 1758-1759. Ce dont nous sommes certain cependant, c'est que le célèbre Père J.-B. de La Brosse y avait enseigné la logique au moins l'année précédente. Arrivé en Canada en 1 754, ce Père avait été envoyé l'année suivante auprès des Abénaquis K II y demeura du 16 novembre 1755 au 19 mars 1756 ^ Il revint ensuite â Québec, où il parait avoir été économe, puis professeur de philosophie •. Il remplissait certainement cette dernière fonction en 1757 : nous en avons la preuve dans nos archives *. Nous voulons parler de son Cours de philosophie (logique), rédigé ou copié par un élève qui signe : André Couillard ».

Ce précieux manuscrit, relié en parchemin et mesurant 9 pouces sur 7, contient 424 pages et porte en titre : Cursus philosophicus datus a pâtre Labrosse in colUgio Quebeunsi an no IJSJ* Philosophiœ pars i* Logica,

La partie matérielle seule est déjà digne de remarque et lait voir que les élèves du Collège de Québec travaillaient bien. Sans parler de l'écriture qui est toujours bonne, nous y «ivons admiré plusieurs tableaux et en particulier l'un snr les figures du syllogisme, qui dénotent, chez l'élèNT, une rare patience et un grand esprit d'ordre.

I. Rocb. : LêtJHmiUsei ta N.-F. au XV! Ih sihlê, vol. II. p. 319. a. Arck, dt tArcJUpické. Petit regUtre A.

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