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CHAPITRE III

éCOLES DHS GARÇONS AU XVII* SlàCLB RÉGION DE QUÉBEC

iBttrvctk» élémeauire poar le« garçons dani la régk» de Québec an XVIIc siècle. — Petitea écoles du Cap-Tonrmciite, do ChitMW- Rkber. de Saint-Joseph de la Poin^e-de-Lévy, de Notre- Daae-d*- P07. de rtle d'Orléans.

Dès le XVI r siècle, il y eut des écoles dans certaines paroisses de la région de Québec. Il convient d*en parler ici un peu au long, car si Tune d'elles, celle de Saint- Joachim ', est bien connue il n>n est pas de tnème des autres.

Peu après la fondation de son Petit Séminaire, M*' de Laval ouvrit au Cap-Tourmente une ferme modèle où tout en occupant les élèves aux travaux de la terre, on leur apprenait, avec le catéchisme, la lecture, récriture et Tarithmétique. • Le Prélat comprenait la salutaire influence que ne manqueraient pis d*exercer, dans un pays nouveau, des pères de famille élevés dans la piété et doués d*une cer* taine instruction *. •

I. VfàtVAbeiUêl^NÀ, I. Nos 4t et ssIt.— Ces vûdim mit, aowte crojroQs dn moins, de U pinme de M. B.-A. Taecbertnn. plos tard car> diaal. archevêque de QnàNC

a. VAèeiUe, êoc. Hi,

Cette école de Saint- Joachitn est bien Tune des premières qui aient été établies dans les campagnes de la région de Québec K Elle n*était pas destinée seulement à l'éducation et à l'instruction des enfants de cette paroisse, mais on y recevait, d'un peu partout, des élèves que le manque de talents ou le défaut de vocation éloignaient du cours classique.

Bien qu'il paraisse certain que cette école fut ouverte à peu près en même temps que le Petit Séminaire de Québec, nos AnnaUs ne font cependant pas mention d'écoliers partis de Québec pour Saint- Joachim avant 1676.

Le premier sur la liste est un nommé Jean Dumarché, entré le 11 novembre 1676 et envoyé au Cap-Tourmente d'où il sortit six ans après ^

Un peu plus tard, dans l'hiver de 1678, Jacques et Antoine Girard furent envoyés à Saint- Joachim ; ils en revinrent au mois d'octobre suivant. La même année partaient pour l'école du Cap-Tourmente : Gervais, Jacques et Jean Houde, trob frères, de Saint-Famille de l'île d'Orléans; Pierre Constancineau, de la Pointe-aux-Trembles, lequel y demeura six ans ; Pierre Deslauriers qui y fit un séjour de neuf ans, et Noël LeRoy qui n'en sortit que onze ans après *.

En 1678, Julien LeBlanc et Jean- Baptiste Lamusette abandonnaient le cours classique pour entrer à l'école de Saint- Joachim. Ils furent suivis, en 1681, par un nommé Jacob, de Paris, et par Louis Constantin. Le premier

t. Noos diaoM l*mic des prtmihrgs, car il est ■•■« pcobtblc qtae les Pèm Jétnitct tenaient une école à Sillery. dèa avant 1668. t. Ammtiiês ém PHii S^mimairt.

y Dealaariara vcsail de l'Ile d'Orléans et LeRoy. de la Dnrant^jt.

tCOLBS DK8 OAmÇONS, RftciON DB QUtlIC 55

reptfta en France qnelque temps après, et le second quitta le Cap-Tourmente en 1684.

Knfni, en 1682, Charles Guay était à son tour dirigé vers la même école, où il ne persévéra que deux ans.

Ce sont là, d*sprès nos AmnaUs^ les seuls écoliers qni« avant 1685, date de rétablissement du collège de M* de Saint- Vallier, soient partis du Séminaire de Québec pour récole du Cap-Tourmente ; les autres, et c^étaient les plus nombreux, s'y rendaient directement

M*' de Saint- Val lier parcourant, en 1685, son futur dio» cèse, visita Técole de Saint-Joachim. « Mon principal soin dans le Cap- Tourmente, écrit-il \ fut d'examiner l*un après l'autre 31 enfants que deux ecclésiastiques du Séminaire élevaient, et dont il y en avait 19 que Ton appliquait à rétnde et le reste â des métiers ; Téloignement où ils étaient de leurs parent^ et He toute compagnie dangereuse ne contribuait pas peu à les maintenir dans Tinnocence, et si Ton avait des fonds pour soutenir ce petit Séminaire, on en retirerait avant longtemps un bon nombre de saints prêtres et d'habiles artisans. •

Le grand vicaire fit comme s'il avait eu des fonds. En* courage par M. de Dt-nonville qui promit 4000 livres em congés^ il fonda tout de suite le collège classique du Ca|K Tourmente qui s'ouvrit à l'automne de 1685 ^ Cet établis» •ement ne dura qu'une année, mais sa disparition n'entratna

I. BêÊtpréunt d* r Etatise . etc. Psri». 1688. pp. S3-54- 11 c«t à que les âèvM qoe l'on appliquait à de» métiert araient cooii •ppreacire à lire et à écrire.

a. L'bistoirc de cet établincment ttrm doasét plita au loeg traiteroni de Técolc d« Afto et Métkn.

pas celle de la petite école, où l'on reçtit des élèves comme auparavant.

A partir de 1685 et pendant plusieurs années, un certain nombre d'élèves sont indiqués dans nos Annales^ comme passant du Séminaire de Québec à Saint-Joachim ou de Saint-Joachim à Québec. Parmi ces derniers, on peut nommer : Philippe de la Durantaye, 1685 ; Nicolas Jolliet, 1694 *; Pierre Maufils, 1708, (celui-ci avait demeuré deux ou trois ans au Cap-Tourmente) ; Jean-Baptiste Cinq-Mars qui avait appris à lire et à écrire dans la même école.

En 1690, il y avait à Saint-Joachim 40 élèves « entretenus par leurs parents desquels on ne prend pour leur entretien que trois livres et un minot de sel par mois. On y en reçoit même quelques-uns par charité»*. L'école était donc plus florissante que jamais '.

Trois ans plus tard, en 1693, M*" l'Ancien, comme on disait alors, voulut donner une nouvelle preuve de l'intérêt qu'il portait à cet établissement Le 8 juin, il y fondait

I. Nicolas Jolliet éUit fils de Zacharie et neveu de Lonit. décooTtrar dn llissittipi. Un autre fils de Zacharie, François, rntr^ an Séminairr m 1697, fat envoyé an Cap-Tourmente en lôçt^

a. Biai des Revenus des Communautés établies en ta .\o¥itiutraner mvêc IfS tharges, anno 1690. Archives de la Marine, P. 3. cité par M. Rmest Myrand dans : Phips devant Québec, p. a6i.

VHistotre de V Hôtel-Dieu par la Mère Jnchereau et VHisioirt manuurite du Séminaire portent aussi à 40 le nombre des élèves d« Stinl- Joachim en 1690.

3. Qstiqaca années plus tanl, les prix étaient augmentés. Ba void matscmplctiré des Livres de comptes, BnmiiUtrd, 16 août 1707 : ■ Pierre Dttbftttil âgé lie huit ans est entré dans le séminaire de Saint-Joachim le 16 aoêt 1707 : son père paye pour lui aoo francs pour tout, ce qui pssifrs star le oonpte 4e S. Joschim. Il prouirt lui donner l'année prochaine dn pour l'hal>iller rt une couverture pour l'hiver que Ton foomira ipte. (Il a fourni à Chanvesn la oottverture.) •

ACOLRS DRS GAKÇONS, RÉGIOlf Dt QUtSIC 57

six pensions pour les élèves pauvres : • Ces enfants, est-il dit dans le contrat, doivent être dn pays, de bonnes mœurs, propres au travail; ils seront choisis par les Supérieur et Directeurs pour être nourris, entretenus et instruits aux bonnes mœurs, à la piété, à. lire, à écrire, ou formés an travail on à quelques-uns des métiers qui s*y exercent jusqu'à ce quMIs aient atteint Tâge de 18 ans, auquel âge il» sont capables de f^gner leur vie, d'être pris à gages et de n*être plus à charge au Séminaire *. •

Par cette fondation, M" de Laval assurait la continuation de la petite école. Il donnait en même temps un belexemple qui fut suivi quelques jours après par Tabbé Louis Soumande, prêtre du Séminaire. Celui-ci fonda, en effet, le 17 juin, de son propre patrimoine, trois pensions pour de» élèves pauvres aux mêmes conditions que celles qu'avait imposées M" de Laval ». L'abbé Soumandc ne s'en tint pas là. En 1695, il ajouta 4000 livres aux 6000 qu'il avait donnée» en 1693, à la condition que tous les élèves du Cap-Tourmente, réciteraient chaque jour, en commun, le petit office de l'Immaculée Conception '.

Vers la fin du XVI I* siècle, l'école du Cap-Tourmentc était toujours très fréquentée. Le 20 octobre 1699, Champigny écrivait au ministre : • L'ancien évêque vit saintement dans sa retraite, ne se mêlant que de la conduite de son séminaire de Saint-Joachim. Cet établissement est

I. Oénaplc. Bot. Archives ém Shmimirw. Lliiiloifv dt U pcuic écote de SAint-joachim et ccUe de l'école des Art» et Métkn toat ial liées. Noos tndtenmt orpeadaat de cette deniière es eoo lieu et m chapitre epédal.

s. Géaaple not. Ank. ém Shm.

considérable. .. On y cicvc ci lu^iruii quanuté de jeunes gens, fils d*habitants et le tout se conduit avec beaucoup d*ordre et d'avantage pour la colonie ^ •

M. Soumande, qui avait passé plus de trente ans à former la jeunesse, n*était pas encore satisfait de ce qu'il avait •donné pour Téducation. Comprenant que rien n'était plus aéceasaire que d'avoir de bons maîtres d'école, il fit, le 15 octobre 1701, un nouveau don de 8000 livres ■ pour fonder un maître et engager le Séminaire à faire instruire les trois élèves fondés en 1693, ^^°^ ^^ commencement d'humanités, afin qu'ils devinssent propres à être maîtres d'école • *.

Parlant de cette fondation, l'auteur de l'article publié dans L Abeille^ sur Saint-Joachim, fait remarquer que « c'est bien là la première école normale du Canada > '. Nous n'y contredirons pas, mais il reste à savoir si, en réalité, elle a formé beaucoup de maîtres d'école; nous n'avons rien trouvé qui pût nous renseigner à ce sujet *.

Cette idée d'une école normale n'était pas nouvelle ; M*' de Saint- Vallier l'avait eue lors de son premier voyage en Canada. Il s'en était même ouvert au ministre qui lui répondit, le 21 mars 1686: « Sa Majesté a fort approuvé la proposition que vous faites, d'établir dans la suite des

I. Carrtspondatue gtniraU, vol. 17, pp. 66^7. Cité p«r Rocbenoattix, LêS Jésuites, etc. vol. III. p«gv \s%.

Un eut de» Hevtmus des Cammumamiès, tant date mais de 1701. cyoyoaa-now. dit qu'il y a à Saint-Joachim 40 élèvca. Cet état paralf trfca êtft WM copie de celui de 1690. Arck, de VArckev,

t. Gésapla sot Artkives dm Sèmimeiirt,

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