‹ L'instruction au Canada sous le régime françaisChapitre 38 sur 233 · I. Boargint. aoC. Arckitm de tAnke9i€kè dt Qmêèêc, fol · texte numérisé non relu

I. Boargint. aoC. Arckitm de tAnke9i€kè dt Qmêèêc, fol

croyoDs couiprcnàrc que luus ces associes étaient dct nuilic* d*école, ayant pour chef ou directeur le nommé Roniller. Autrement, on ne s*expliquerait pas les dons de MM. Souart et de LaPaye à une société qui, elle, ne fournit rien. La preuve que Rouiller est bien considéré comme directeur, c*est qu*on lui laisse la liberté de faire faire les écoles par d'autres, s*il le Juge à propos '.

Quoi qu'il en soit, cette association ne dura que sept années. Deux des membres étant dispanis, les deux autres remirent, le 17 septembre 1693, tous les biens meubles et immeubles appartenant aux petites écoles, à Tabbé Guyotte, curé de Notre-Dame, et aux marguilliers. Le 9 octobre, ceux-ci cédaient à leur tour la propriété aux Messieurs de Saint-Sulpice.

Dans Pacte, passé devant Adhémar, le curé et les marguilliers commencent par dire qu'il est de la dernière importance de faire continuer les petites écoles qui sont « un ouvrage pour la plus grande gloire de Dieu et le bien et utilité publique et de la paroisse •, et que si elles venaient à disparaître ce serait un dommage considérable pour l'éducation des enfants de la paroisse qui sont en grand nombre ;

I. DttiM tm ricnx caUlogue de* pftpten du Séminaire de Québec, on bcbUooiic pour 1686 • nue fomnle qne doivent réciter les nuttrvs d*éeûlc de llontrénl •. Non» n*avont fm retroover œ

Nooi Usons encore, dane nn ètèmoirt vaa les biens des an s^|ct des écoles de Montréal : • Il y a une fondation qui nne auleon à la ville et un beau jardin et une Ivre à la CHBp^Bt, de 400 à soo livres de rente. MM. le» eccléaiatliqnte dn Séndnaim de Saint-Salpice oot en la charité de te charger de fonmir dca maftm d'école et de prendre aoin de« Uena dca ditea éoolea. . . Cette <envre ne pouvant tnbeieter antrement après pinaienrt tenlnUvee faites pour faim régir lea écoles par différents maîtres aéperéi dn Séminaire. {Ankimê de rArekiwhkè dé QmééêC. mgistre A. fol. SS4-)

pnts, après avoir déclaré que la fabrique u'est pas en état de continuer ces écoles, d*y faire les réparations nécessaires, etc., ils prient M. Dollier et le Séminaire de s'en charger. L'offre fut acceptée, sous le bon plaisir de M. Tronson *.

L'abbé Chaigneau, qui était économe à cette date, prit peu après la direction des petites écoles.

L'année suivante, 1694, il fut question de faire quelques changements dans les classes ; on songeait peut-être à y enseigner le latin. I^ supérieur général, que Ton avait consulté à ce sujet, écrivit, le 12 mai 1695, à M. Dollier: • On vous mandera sMl y a quelque chose à changer pour les petites écoles dont vous avez chargé M. Chaigneau. Je ne crois pas que vous ayez dessein de lui faire enseigner le latin car, étant si proche du collège des Jésuites, comme vous me le mandez, il serait difficile qu'il n'en eussent quelque peine, y ayant bien de l'apparence qu'ils l'y enseignent '. »

Ce collège des Jésuites dont parle ici l'abbé Tronson, n'était autre, croyons-nous, que la Résidence de Montréal, fondée par les Pères de la Compagnie, trois ans auparavant, et où l'on enseignait le latin dès 1694, au moins. Comment, en effet, M. ^Tronson aurait-il pu dire, s'il eut parlé du Collège de Québec, qu'il « était si proche »? Au reste, il devait savoir que les Pères Jésuites donnaient un cours classique à Québec et que, partant, ils enseignaient le latin. Il 8*agit donc de la Résidence de Montréal.

Kn septembre 1692, M. Dollier, curé de Montréal, voulant prévenir les difficultés et les malentendus qui pourraient

t. Cùrmpomémtut éê 7VvM9«. II. p. 350-

tCOLKS DIS GARÇOK8 k MONTRSAL $$

s*élever entre le Séminaire de Saint-Sulptce et les commnnsntés des Jésnites et des Récollets nouvellement établis à Villemarie *, avait adressé à Tévèque de Québec uue série d'articles que celui-ci était prié de régler afin de maintenir la paix et Tunion nécessaires.

M' de Saint- Vallier ne se presn pas. • Pour ne rien faire avec précipitation «, il attendit deux ans. Le ai mai 1694, au cours de sa visite épiscopale à Villemarie, il signait le règlement en question.

Parmi les articles proposés, au nombre de 28, s*en trouve un, le douzième, qui concerne les petites écoles. Voici la demande du curé avec la réponse de Tévéque :

■ D. — M" est prié de conserver au curé le droit de faire faire les petites écoles et d*en avoir la conduite.

R. — Les Religieux ne doivent point penser à faire récole et M. le curé la fera faire par des ecclésiastiques ou par des maîtres d*école, comme il voudra et en aura la conduite, conformément à Tarticle 27 du clergé qui dit que: « Nuls religieux ne peuvent tenir école pour les séculiers, dans leurs couvents

Le curé de Montréal aurait donc seul la direction des

I. Le 93 août 169a. Msrde S«int-VaUicr «coonUitftox Père* JéauitM la pcnoiMkm de t'éUbUr à Montréal.

L*étabtiaaement d*« RécolleU dans la mène ville fnt coairmé par kttrw patentes en mars 169a. (Voir £éiis #/ Ordommmmtês, I.)

a. Arfkii^s dm Shmimaire d€ Qmi^. On pent voir cet article ploa hant cité : aj dn clergé de France, (assemblée de i6as) . dans la CoUé€^ a^m fies FrccH-Vtrhmmx des iMumMéw générales dn derfé de FnuMC, depois 1560 JQsqn'à présent. 9 volâmes in. fol.. Paris, 1768. vol. U. péèeesjiistificatives. p. 89. (Biètioikèfmééê rUmiPtrtU*.)

Dans la T4ble du même ouvrage, an mot £k«lr. 00 dit qne las •I qntIqBea antres ordres de clercs on Religicos ne sont pas dans cette défm«e.

86 L'ntSTRUCTION AU CANADA

petites écoles. Quant au latin et autres branches du cours classique, les Pères Jésuites avaient le privilège de les enseigner puisque c*était là une partie de leur œuvre.

Les Messieurs de Saint-Su Ipice s'occupèrent activement de leurs écoles et les mirent sur un bon pied. Aussi, Pîntendant Champigny pouvait-il écrire au ministre, le 20 octobre 1699 : « Les petites écoles de Villemarie sont tenues par un prêtre du Séminaire au même lieu, avec beaucoup de fruits puisque c'est cette maison qui en prend soin. ■ « C*est pourquoi, ajoute l'intendant, je ne crois pas qu'on doive rien changer à cet égard. Aussi bien le nommé Boisseau qui vous a proposé de les tenir, a peu de talents pour cela, le connaissant pour l'avoir vu en ce pays \ •

La direction des classes était à la vérité confiée à un prêtre, mais les professeurs furent souvent de simples clercs.

Le manuscrit dont il a été parlé plus haut nous fait connaître quelques-uns des maîtres qui enseignèrent dans ces petites écoles, durant les soixante dernières années de la domination fançaise. Leurs noms méritent d'être conservés. Noiu} transcrivons '.

En 1701, arrive M. Porget, simple tonsuré, destiné à faire les petites écoles dont il s'acquitta avec un zèle merveilleux pendant un grand nombre d'années, mais qui fut ensuite rappelé au Séminaire d'AngerS; pour y faire les fonctions de procureur dans l'abbaye de M. de Saint- Aubin.

Bn 17 16, arriva M. Jean-Jacques Talbot, clerc minoré,

t. OtrrmpoHémmtê gimlrûU» copie à l'Archevêché île i. Sêàtixtéfàf. ht, cif r- ?* >

teOUB DBS OARÇOK8 X MOimtAL 87

veoti pour les petites écoles qu*il a faites avec un fruit et un travail infinis, pendant environ quarante ans '.

M. Jean Girard, clerc tonsuré, du diocèse de Bourges, arriva en 1724. Il éuit destiné pour les petites écoles de la paroisse et il s*en acquitu avec zèle et succès pendant plus de quarante ans. L*esprit de religion que Ton r^ marque dans un très grand nombre de bourgeois de cette ville et des campagnes formés à son école, fait aases son éloge. Il était aussi musicien et organiste et a exercé cet art dans la paroisse tout le temps qu'il a vécu ^ «

Des prêtres ou des clercs, voilà quels furent les malUes d*école employés par Saint-Sulpice. L*abbé Paillon nous en donne la raison. « Ce n*est pas, dit-il, que le Séminaire n*eût pu faire venir de France des maîtres capables d'instruire les jeunes garçons ; mais convaincu, avec le pieux Gerson, que rien n'est plus nécessaire au bien de la société, que réducation chrétienne des enfants, il atUchait une si grande importance à inspirer, dès le bas âge, à ceux de Villemarie, des sentiments de vertu et de religion et à les former à des habitudes de politesse et d'honnêteté civiles, tout en leur apprenant les éléments des lettres, que, peu* dant une longue suite d'années, il aima mieux consacrer de ses prêtres à ce pénible ministère que de s'en décharger sur des étrangers '.

Sous le régime français donc, les petites écoles de la ville de Montréal furent tenues régulièrement et sur un bon pied par les Sulpiciens. LorK|oe le nombre des élèves devint

I. Décédé le a i«Bvicr 1756. (Note de J. Vigcr.) a. Décédé le as férner 1765 (Note de J. Vlf€r.) y HistoirtééU Co/amù f-'rmmiûiié, vol. III. p. i64.

88 l'instrcction au canada

trop considérable, on mit dans les classes deux ou plusieurs maîtres. Ceci est prouvé par Pacte de 1693 où il est dit que l'école sera sous la direction du premier maître^ ce qui en suppose au moins un second, et aussi par le fait que Jacques Talbot et Jean Girard enseijs^èrent en môme temps durant plusieurs années.

Bien que Tinstruction primaire donnée par les Sulpiciens fût gratuite, on ne refusait pas cependant les contributions volontaires. Les citoyens de Montréal devaient tant au Séminaire. qu^ils auraient eu mauvaise g^râce à lui refuser quelques secours. Paillon nous apprend qu*ils étaient censés payer le loyer de la maison d'école. • Chaque année, dit-il, le Syndic, accompagné du greffier de la justice, faisait, pour cet objet, une quête chez les particuliers qui étaient libres d'y contribuer; et au défaut de ceux-ci, le Séminaire achevait de former la somme voulue '. »

A part cette école, les Sulpiciens n'en tenaient-ils pas d'autres dans les paroisses dont ils avaient la desserte?

11 est difficile de croire que des paroisses ou missions comme Contrecœur, Boucherville, Longueuil, la Pointe-aux- Trembles, etc., desservies durant de longites années par les Sulpiciens, n'aient pas eu des écoles avant celles qu'établirent les Prères Charon dans le district de Montréal.

Lachine avait son école avant 1685 et le curé Rémy, prêtre de Saint-Sulpice, avait fait en sorte que le chantre principal fût en même temps maître d'école. On sait qu'en 1686, le titulaire de ces deux charges importantes était Jean-Baptiste Pothier.

f . HixtMrt de Im CbhmU FrmmçitUe, vol. III, y, 16$.

teOLBS DR8 GARÇONS X MONTR^L 89

Dans une anemblée tenue le 18 février 1685 et où les habitants de Lachine résolurent d*avoir une école pour le» filles, il fut en même tempa décidé que Técole des garçons se tiendrait dans le presbytère. Enfin, le 9 octobre 1686» le curé Réroy fit une nouvelle fondation : pour la lampe du sanctuaire et pour établir un maître d*école *.

M. Rémy eut-il des imitateurs dans sa Communauté? C'est probable. En tout cas, nous savons que les Messieurs de Saint-Sulpice encourag:érent fortement la fondation d'une école normale pour les garçons, à Montréal. De cette institution devaient sortir un certain nombre de maîtres d'école que nous retrouverons bientôt, non seulement dans les paroisses confiées à la direction de Saint- Sulpice, mais dans plusieurs autres de la région de Montréal.

I. Cc« notes extraites des rcg litres de Lachine, te trouvent ans .irckivts dm Sémimaire de Québec, fonds Verreau.

CHAPITRK V

ÉCOLES DBS FRÈRBS CHARON

I^ Prèrc Charon ouvre un hôpital et une école à Montréal.— il vent former des mattres d'école.— Intérêt que pfead RandoCârcemrreda Frère Charon.— La Communauté obtient une subvention de la Coar. — Ce que pensaient Vaudreuil et Bégon de l'opportunité de octie subvention.— Les Frères Hospitaliers maîtres d'école dans Iw campagnes. — Projet d'école normale à LaRochellc— Dernières années et disparition de l'Institut.

Dans le cas où il n*y aurait eu à Montréal que les écoles de Saint-Sulpice, ce serait déjà suffisant pour affirmer que dèi les premiers temps de la colonie, Pinstniction des enfants n*y fut pas négligée. Mais, non contents de ce qu*ils faisaient eux-mêmes, les Sulpiciens encouragèrent encore de leurs paroles et de leurs deniers ceux qui voulurent se consacrer à la même œuvre. Pour ce qui concerne les écoles des garçons, la Communauté des Frères Charon fut la première à bénéficier de leur bienveillant concours.

Ce n*ett pas ici le lieu de faire Thistorique de Tlnstitut des Frères Hospitaliers de Saint-Joseph de la Croix, autrement dits Frères Charon; nous n*en dirons qtie juste ce

tCOLMB DIS PRtelS CHAEON CI

qu*il faat pour faire voir la part qui leur revient dans Tédo» catioo de la jcunciac de Montréal et des environs K

Jean-Prançob Charon, fondateur de cette communaoté, était né à Québec où il fut baptisé le 9 septembre 1654 '.

Devenu possesseur d*une fortune considérable pour le temps, il voulut la consacrer au soulagement des infirmes, des malades et des orphelins. Dés 1688, il avait eu la pensée de fonder un hôpital ou maison de charité à Montréal. Mais cette fondation nVut lieu quVn 1692 '.

Pour mener à bonne fin cette louable entreprise, il avait pris quelques compagnons ou associés, entre autres : Pierre Leber *, frère de la recluse de ce nom, et Jean Fredin.

Le roi avait accordé, en 1692, des lettres patentes pour réublissement d*un hôpital général à Québec et des maisons de charité en d'autres lieux, si elles éuient néook saires*.

1. On poorrm oonMilter an sujet de l'établiMcmeiit dc« Frèns ClMrlcvoix.yo»nM/. éd. in-ia«. voL V. p. sos; //isMre éê rHéiêt- Ditm de Quibu, pv U Mère Jocbereau. p. 5S> : FaUloo. VUéêU Smwr Bomrgeoys, II. pp. 368 et tai vantes : Ediis et Oréûmmmmees, I pp. trS. 389, 465 ctc ; en6n. la Sa6en/4uà^ où te troaTCSt

a. Il était fiU «le Claude Cliaroa de la Barre et de Oamâm Gnraa. La Mère Jocbereau prétend que Jean-Fraaçoia était origiaaire âm BIoéa al 90e aca parents le renvojèrent m Prmaea poor y faire ses étttdes. Pdar> tant, c'est bien le mène que l'abbé Tangnay indiqua à lapage 118 dn ter Yol. de son Dùtiommaire lèmimlogi^me.

5. U sS octobre 1688. M. DolUcr airait coMédé. tooi atiag privé, à Fra Chan». on lopia de lOTte poor y Ibadcr vi hôpital 00 naiaoa àm cbarité. ( NoU de j aoqoca Vigrr. )

4. L*abbé Taagnay. Dki. gèn,, p. 336, It dit bipllaé la 11 aoôt 169^ Mais il Y a ici OM cmnr tjpQgrapbiqve. C'est 1669 qu'il faut lira.— Pierre Leber mourut à Montréal et y fut inhumé le a oct, 1707 (J- Viger.)

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