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LIBERTÉ

Voilà un beau mot, mais il faut bien savoir ce qu’il veut dire.

l’instruction civique a lecole

Pour ne l’avoir pas su, il n’est sorte de sottises et de crimes qu’on n’ait commis, même en France.

Si je vous dis : tous les Français sont libres , je suis sûr que vous penserez : « ça n’est pas vrai; nous sommes Français et nous ne sommes pas libres de nous en aller nous promener et nous amuser. Il faut rester en classe : drôle de liberté ! »

D’abord, je vous répondrai une chose : vous êtes des enfants. On ne peut pas vous laisser libres comme des grandes personnes. Quand vous étiez tout petits, vous étiez bien moins libres encore; on ne vous permettait pas de sortir seuls, ni de vous approcher du feu ou de la rivière, car vous auriez pu vous perdre, vous brûler, ou vous noyer. Aujourd’hui, vous êtes déjà assez raisonnables; mais il y en a encore parmi vous qui aimeraient mieux courir les champs qu’aller à l’école, et qui vendraient bien une poule pour acheter des billes.

Vous, je le reconnais, vous n’êtes pas libres; il y a quelqu’un qui vous commande: votre père, votre mère, ou votre tuteur*, quand vous n’avez ni père ni mère. Et je suis sûr qu’au dedans de vous, vous reconnaissez que cela est juste. Car, en revanche, votre père et votre mère s’occupent de vous, vous nourrissent, vous habillent; et vous seriez bien embarrassés de votre liberté, si vous pouviez faire ce que vous voulez de votre personne et de vos biens. Je voudrais bien vous y voir, à vous nourrir de votre propre travail, et à faire valoir votre bien! Non, tant que vous serez mineurs, c’est-à-dire jusqu’à vingt et un ans, vous ne serez pas libres.

Mais à vingt et un ans, vous serez majeurs* et ce sera autre chose.

Est-ce que vous serez pour cela libres de faire tout ce qui vous passera par la tête? Non, cela tombe sous le bon sens ! car si tout le monde en faisait autant, voyezquelle jolie société ! ou plutôt il n’y aurait plus de société du tout»

Non, il vous faudra toujours et partout obéir aux lois.

LIBERTÉ. — ÉGALITÉ. — FRATERNITÉ i 13

sans parler des choses que la conscience repousse, bien que la loi n’y puisse rien faire, comme de mentir, de tromper ses amis, etc.

DEUXIÈME LEÇON

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