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COMMENT ON EST LIBRE

— ■ En respectant les lois, vous serez entièrement libres. Vous pourrez continuer à habiter ce pays ou

En respectant la loi on est libre d’organiser des réunions publiques et d’y discuter ou d’y exposer ses idées.

le quitter pour aller où bon vous semblera, même à l’étranger. Vous pourrez faire tel métier qui vous conviendra, livrer votre travail à tel prix que vous voudrez. Vous pourrez travailler seul ou vous associer à d autres pour monter une maison de commerce ou une industrie. Vous pourrez vendre ou affermer vos propriétés, ou en affermer ou en acheter à votre gré. Vous pourrez vous réunir avec qui vous voudrez, même en pu-

l’instruction civique a l’école

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blic, pour discuter soit des affaires personnelles, soit des affaires publiques et politiques. Vous pourrez aller ou ne pas aller à l’église, changer de religion si vous le voulez, ou même n’en avoir aucune1 .Vous pourrez, si vous en êtes capables, écrire des livres, rédiger des journaux sur tous les sujets possibles, travailler ou non le dimanche. Nul ne pourra vous contraindre à vendre votre bien si ce n’est par une loi spéciale pour cause d utilité publique, et en vous en payant le prix à l’avance Enfin,

Le fils Gigot voulait battre les charpentiers qui ne se mettaient pas en grève.

nul ne pourra ni entrer chez vous sans votre permission, ni vous arrêter pour vous mettre en prison, sans un

ordre exprès des magistrats et parce que vous serez soupçonnés d’avoir manqué à la loi.

C’est ce qu’on exprime brièvement en disant que tout Français jouit de la liberté individuelle, de la liberté du travail, de la liberté d’association, de la liberté de réunion, de la

« La liberté de conscience n’est pas seulement la faculté de se décider entre une religion et une autre, c’est aussi le droit de n’en adopter aucune et de rester étranger à toutes. » (A. Vinet, Mémoire couronné par la Société de ta morale chrétienne ).

liberté de la presse, delalibertë de conscience, de /'inviolabilité de la propriété, du domicile et de la personne.

— Vous vouliez dire quelque chose, Louis?

— Mais, Monsieur, vous dites qu’on a le droit de travailler ou de ne pas travailler; et pourtant l’autre semaine on a arrêté le fils Gigot, le charpentier, qui ne voulait pas travailler.

— Non, mon enfant, Gigot n’a pas été arrêté parce qu’il ne voulait pas travailler. Il a été arrêté parce qu’il a voulu battre un ouvrier qui ne voulait pas se mettre en grève*. C’est bien différent.

Car, faites bien attention à une chose. Toutes ces libertés sont communes à tout le monde. Par conséquent, chacun, en les exerçant, a- le devoir de laisser les autres les exercer comme bon leur semble.

Ainsi, s’il ne vous plaît pas de travailler à tel prix pour tel patron, libre à vous de le faire; libre à vous également de démontrer aux autres ouvriers qu’ils ont intérêt à vous imiter et à se mettre en grève jusqu’à ce qu’on ait augmenté leur salaire. Si Gigot n’avait fait que cela, on ne lui aurait rien dit. Mais vous ne pourriez pas menacer et maltraiter ceux qui ne voudraient pas faire comme vous, parce que cela serait attenter à leur propre liberté. C’est ce qu’a fait Gigot, et il sera pour cela justement puni.

TROISIÈME LEÇON

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