touaiieou'X, Histoire des paysans français , p
i/l N ST R UCT ION CIVIQUE A L ÉCOLE
« églises sont semés de traits de barbarie qui font hor- « reur. Les soldats ne s'en tenaient pas au pillage , ils « exerçaient encore toutes sortes de cruautés . A peine (( parcourait-on quelque partie du chemin sans rencon- « trer des gens mutilés, des membres épars , des femmes « coupées par quartiers, des hommes expirant sous des
On a chassé et banni les habitants de toute une grande rue de Rennes.
« ruines , déautres enfin percés de broches ou de pieux « aiguisés . »
Voilà le bon vieux temps que vante le fils Dupontville ! Le regrettez-vous, mes épiants?
— Oh! monsieur, si c’est possible! Mais comment faisait-on pour vivre alors ? Pourquoi les paysans ne se sauvaient-ils pas pour aller travailler à la ville ? On devait être plus tranquille là.
— Oui et non, mon ami. Quand le soldat s’en
mêlait, on n’avait pas la ressource de se sauver dans les bois : « Voulez-vous savoir des nouvelles de
Rennes ? » écrivait à sa fille une belle marquise pleine
LA RÉVOLUTION
d’esprit, qu’on appelle madame de Sévigné. « On
x a chassé et banni tout une grande rue , et défendu x de recueillir les habitants sous peine de la vie; « de sorte qu'on voyait tous ces misérables , vieillards , < enfants , errer et pleurer au sortir de cette ville , sans « savoir ou aller , sans avoir de nourriture. On a pris « soixante bourgeois , on commence demain à pen-
« dre . Cette province est d'un bel exemple pour les « autres h »
NEUVIÈME LEÇON