LES MAITRISES ET JURANDES
— Mais on ne pendait pas toujours, me direz-vous, et le paysan à la ville aurait trouvé quelque secours ?
Ah î que vous vous trompez ! Quand il y allait, il était bien reçu ! D’abord, il n’était pas bon à grand’chose, tout engourdi de misère et sans nulle instruction ; car il n’y avait pas d’écoles ici ni aux alentours, sauf que M. le curé, qui était un brave homme, guère plus riche que ses paroissiens, malgré la dîme dont il envoyait la plus forte part à son évêque, apprenait à quelques garçons à signer leur nom et à lire le psautier*. Mais s’il voulait se mettre à un métier, que d’affaires !
Ce n’était pas comme aujourd’hui, où n’importe lequel d’entre vous, en sortant de l’école, peut se faire apprenti menuisier, serrurier, charpentier, suivant son goût, changer d’atelier, et finalement acheter un fonds ou monter une industrie, s’il a quelque argent. Et puis si cette industrie ne va pas, en prendre une autre, ou en ajouter une autre en toute liberté.
Non pas ! Il fallait dans ce temps-là commencer par le commencement, et ne pas marcher vite : apprenti d’a-