‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 10 sur 361 · PREMIÈRE PARTIE dS · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE dS

vqrs le mal, à régler ses mœurs et à mcnor désormais une vie plus parfaite.

V. Quant à la naissance, les décrets du saint-siège déterminent certaines règles très sages auxquelles il faut obéir. On ne doit pas recevoir l'aspirant dont les parents sont si pauvres qu'ils ne pourraient point se passer de son secours pour vivre. Il faut aussi refuser ceux qui ne seraient pas d'une famille honnête, car le déshonneur attaché au nom des parents retomberait sur l'Ordre et nuirait à son ministère. Si toutefois il se trouvait, parmi ceux qui ont quelque défaut sous ce dernier rapport, un sujet distingué pour le naturel, l'esprit et la piété, on pourrait, par exception, le recevoir à cause des grandes espérances qu'il donnerait pour l'avenir, en employant de préférence ses bonnes qualités dans dos pays où son ministère fût sans inconvénient. — Il nous est aussi défendu de recevoir qui que ce soit qui ait porté l'habit religieux dans un autre Ordre, à moins d'une dispense de Rome. L'expérience montre que généralement ces sujets ne réussissent pas, quoiqu'il faille parfois des années pour en avoir la preuve.

C'est sur ces bonnes ou ces mauvaises qualités qu'on doit se régler pour recevoir ou pour rejeter ceux qui se présentent au noviciat ou à la profession. Les supérieurs réguliers ne peuvent agir dans l'Ordre, comme s'il était leur propriété et leur œuvre personnelle ; ils n'y sont que les mandataires de l'Église. Ils seraient donc également coupables devant Dieu s'ils recevaient ceux qui ne sont pas faits pour la religion, ou s'ils rejetaient ceux qui y sont aptes. Dans le dernier cas, on ferait tort à l'Ordre en le privant d'un bon sujet qui en eût soutenu la régularité et y eût contribué à la gloire de Dieu ; on priverait aussi sans raison ce sujet des grâces de perfection , peut-être de salut, qu'il aurait reçues dans l'état religieux. Dans le pre? mier cas, on ferait un grand mal à l'Ordre en le chargeant de sujets nuisibles à la ferveur et à la régularité , et l'on ferait aussi un grand mal à ceux qu'on recevrait, puisqu'on les exposerait au danger de se damner dans un état trop élevé pour eux, devenu, par conséquent, une cause de continuelle prévarication. En vain dira- 1- on que ces sujets sont néçes-^

saires pour faire nombre, et que sans eux la religion s'éteindrait. Ce qui est nécessaire, ce n'est pas que tel ou tel corps religieux se tienne debout, c'est qu'il mérite d'occuper sa place parmi les œuvres de Dieu, en étant animé de l'esprit que Notre-Seigneur lui a donné. Si Dieu veut que cet Institut continue à le glorifier, il saura, après l'avoir éprouvé dans l'humilité, lui envoyer de vraies vocations, surtout quand ceux qui y sont déjà engagés s'efforceront de mériter cette grâce en priant et en se sanctifiant. Les efforts qu'on ferait en dehors de là pour augmenter le nombre des sujets, contribueraient à multiplier dans l'Ordre des éléments de ruine plutôt que des principes de restauration.

En vain objectera- t-on encore que si on élimine ceux qui sont déjà reçus au noviciat, leurs parents, personnes de. qualité, feront un grand bruit, ne soutiendront plus l'Ordre par leur influence et ne lui donneront pas les secours temporels qu'on pouvait espérer. Les riches et les grands du monde, en soutenant la vie religieuse, font leur devoir, usent sagement de leur haute position , attirent sur leur maison la miséricorde divine; et la religion ne doit pas dédaigner leur dévouement, mais à la condition que les principes surnaturels sur lesquels elle est fondée n'auront pas à en être ébranlés. Or la nécessité d'une vocation divine est un des premiers. Supposé donc que ces personnes influentes soient assez déraisonnables pour s'offenser de ce qu'on refuse quelqu'un des leurs qui n'a pas de vocation, on essayera, par la raison et la douceur, de les calmer; si on n'y réussit pas, il n'y à qu'à supporter en paix leur colère et toutes ses conséquences. Du reste, Dieu a promis de n'abandonner jamais ceux qui ne craignent que Lui et le servent fidèlement. Il donnera toujours aux bons religieux,- sinon de grandes richesses, du moins ce qu'il faut pour vivre dans la pauvreté, travailler à sa gloire, faire pénitence , et pratiquer librement les vertus chrétiennes et religieuses. En vain dira-t-on enfin que ceux qui ne paraissent pas aptes présentement à la religion changeront peut-être dans la suite, ainsi qu'il est arrivé à quelques-uns. Dieu peut faire ce qui lui plaît dans sa puissance, mais II

Page 1