‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 13 sur 361 · PREMIÈRE LETTRE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE LETTRE

Sur les marques de la vocation à l'état religieux.

« Vous me marquez dans votre lettre que depuis quelque temps vous avez le désir de vous faire religieux, et que vous vous sentez de la préférence pour l'ordre de Saint-Dominique. Sur quoi vous me demandez : 1° Comment vous pouvez connaître si ce désir vient de Dieu? 2° Quelles sont les pratiques régulières qui s'observent dans l'ordre des Frères prêcheurs? Je me contente, ici, de répondre à votre première demande.

« Vous n'ignorez pas qu'il est nécessaire d'avoir une véritable vocation pour embrasser quelque profession que ce soit : le mariage ou l'élat militaire; le barreau ou le commerce ; l'état

i s L'INoTRUCTlON D Ed NO VICES

ecclésiastique ou l'état religic-ix, etc. Notre éternité dépend en grande partie de la connaissance de notre vocation et de la fidélité à la suivre. Il importe donc beaucoup de ne pas faire d'erreur à ce sujet. Si Dieu vous appelait à l'état religieux , mon cher enfant, ce serait pour vous une grande faveur; car c'est un état très saint et très favorable au salut, seule chose pour laquelle vous êtes dans ce monde. Mais il faut avoir une bonne vocation et embrasser un Ordre qui soit complètement régulier, c'est-à-dire un Ordre où l'on observe exactement les vœux, la règle et les constitutions. Tout désir que l'on ressent d'être ecclésiastique, religieux ou séculier, ne vient pas de Dieu et n'est pas la marque d'une véritable vocation à ces états, surtout lorsqu'il n'est que passager et qu'il naît de quelque motif purement humain. Il faut donc, avant tout, bien éprouver et examiner vos inspirations pour connaître si elles viennent d'en haut.

« Afin de faire cet examen, voici quelques conseils que je vous offre : 1° Vous prierez Dieu avec ardeur de vous faire connaître sa volonté sur l'état que vous devez embrasser, et de vous donner la force de vous y dévouer dès que vous l'aurez connue. Il ne refuse pas ce qu'on lui demande dans une prière ardente, accompagnée d'humilité, de conflance et de persévérance. Vous pouvez aussi consulter quelque personne éclairée et prudente, mais surtout qui soit désintéressée , c'est-à-dire qui ne s'occupe qu'à connaître la volonté divine sur vous , sans vouloir mêler ses vues , ses inclinations et ses projets aux desseins de la Providence. A Dieu le droit d'appeler; au directeur le soin de discerner la voix divine ; à l'homme, quand elle est constatée, le devoir d'y répondre généreusement. Vous voudrez bien considérer attentivement devant Dieu si votre désir d'embrasser l'état religieux vient de motifs saints et surnaturels, comme, par exemple, pour mieux assurer. votre salut, pour suivre plus librement les maximes de Jésus-Christ, pour mieux faire pénitence de vos péchés passés, pour vous préserver contre les occasions de rechute et persévérer jusqu'à la mort, pour veiller plus facilement sur vos sens, pour vous consacrer avec plus de fer-

Page 1