‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 140 sur 361 · IV". — PAR ACTION ET PAR OMISSION · texte numérisé non relu

IV". — PAR ACTION ET PAR OMISSION

Contre soi-même.

l9 Si l'on a été trop attaché à son propre jugement et à ses propres lumières; si, par orgueil, on a préféré son sentiment à celui des supérieurs et à celui de tous les autres; si on a dit son avis avec trop de précipitation, et si on l'a soutenu avec opiniâtreté , emportement et mépris pour ceux qui ne le partageaient pas.

2° Si l'on a été trop attaché à sa propre volonté; si on n'a pas voulu la soumettre à celle des supérieurs, ni à celle de ses frères dans des choses bonnes ou même indifférentes; si

lorsqu'on a été obligé d'agir contre sa propre volonté, on ne s'est pas laissé aller à la peine intérieure, et si on n'a pas témoigné cette peine au dehors par des plaintes , des manières maussades, un air abattu; si on n'a pas eu de l'amour-propre et de la complaisance lorsqu'on faisait ce qui était conforme à son inclination naturelle, et lorsqu'on rencontrait l'approbation des autres.

3° Si, ayant eu des mouvements d'orgueil, de colère, d'envie, de haine, de jalousie, de tristesse, de vaine crainte, de joie frivole, on n'a pas fait ce qu'on a pu pour prévenir ces mouvements déréglés , ou pour les repousser aussitôt qu'on les apercevait.

4° Si l'on a donné trop de liberté à son imagination et à sa mémoire; si l'on a occupé volontiers son imagination à se former des représentations vaines et chimériques, qui sont toujours une grande perte de temps, et qui souvent sont suivies de représentations mauvaises; si Ton a employé sa mémoire à se ressouvenir des choses du monde, des plaisirs, des honneurs, des richesses, des parents; ou des torts que le prochain a pu avoir envers nous.

5° Si Ton a eu de la curiosité pour savoir ce qui se passait dans le monde, voir et entendre des choses vaines , s'informer des affaires du siècle ; si on a eu de l'empressement pour les visites, les promenades et les entretiens avec les gens du monde.

6° Si l'on a donné trop de liberté à ses sens. Et d'abord, quant à la vue, si on a fixé des personnes d'un autre sexe à l'église ou ailleurs; si on a regardé de côté et d'autre, par curiosité ou par légèreté, dans les actions de communauté; et si par ces immodesties on a donné mauvais exemple à ses frères , ou scandalisé les séculiers.

1° Quant à Vouïe, si l'on a écouté des paroles de médisance, de murmure, ou des discours libres sans en marquer de la peine; si on a écouté avec plaisir des railleries, des bouffonneries, des badineries et des entretiens inutiles; si dans les airs et les chants mélodieux, même ceux de l'Église, on a plutôt cherché le plaisir des sens que la dévotion et le moyen

Page 1