TROISIEME PARTIE
plus il s'élèvera aux choses spirituelles, y trouvera de goût et deviendra semblable à Jésus-Christ.
C'est ainsi que saint Dominique et ses premiers compagnons ont entendu la pauvreté. Ce grand saint l'a pratiquée d'une manière si parfaite, qu'il allait lui-même demander l'aumône, et il se mettait parfois à genoux pour recevoir le pain qu'on lui donnait. Ses vêtements étaient les plus grossiers et les plus usés du couvent; ordinairement il n'avait qu'une tunique à son usage, et était obligé d'aller à l'emprunt pour pouvoir faire laver la sienne : Vilibus indumentis ulens. La cellule dont il se servait parfois était la plus petite et la moins commode du couvent; il n'y couchait presque jamais, et passait toutes ses nuits à l'église, gémissant et pleurant pour les pécheurs devant le très saint Sacrement. Sa nourriture était également très pauvre, et il ne mangeait jamais que d'un plat, bien qu'on en servît souvent deux au réfectoire: In cibo et potu temperatissimus. Dans ses voyages (qu'il faisait à pied), il ne voulait point porter d'argent, mais vivait d'aumônes , couchait souvent sur la paille ou sur une planche, parfois à terre, et très rarement sur un lit, où alors il se jetait tout vêtu. Enfin il allait loger de préférence dans les endroits où il prévoyait qu'il serait le plus mal reçu : Ad hospilia divertebat, eo Isetior quo durius excipiebatur. (In Aclis canon.)
Prions ce grand saint, notre père et notre modèle, de nous obtenir une grande fidélité à notre vœu de pauvreté, et une ardeur croissante pour en acquérir de plus en plus parfaitement l'esprit.