‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 243 sur 361 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

calmer par ses prières, ses avis ou son silence, les esprits indisposés. C'est le moyen de s'attirer l'eslime des hommes et surtout les bénédictions du ciel.

2° Un inférieur est tenu à une grande obéissance envers ses supérieurs; car ils lui représentent, en même temps que la majesté de Dieu, à laquelle le respect. est dû, sa volonté, qui a droit à notre soumission. Cette soumission sera prompte, entière et générale. On a expliqué ailleurs en détail les conditions de la véritable obéissance; il est inutile de revenir sur ces explications. (V. II® partie, ch. m.)

3» Un inférieur doit recevoir en bonne part les avertissements et les corrections de ses supérieurs ; car Dieu a établi ces derniers précisément pour suppléer aux faiblesses et à l'ignorance des inférieurs en les avertissant de leurs devoirs, en redressant leurs défauts et en les punissant de leurs transgressions. Il y a des religieux si susceptibles et si bizarres qu'un supérieur ne sait comment s'y prendre, quand il est dans l'obligation de leur donner des avis ou de leur faire des réprimandes; car loin de les recevoir de grand cœur, comme le voyageur égaré sait gré à celui qui le remet sur le chemin ils prennent tout avec mauvais esprit, travestissent les intentions , et ne voient dans ce qu'on leur dit qu'un parti pris , l'effet de préventions injustes , d'une malveillance personnelle. Quand même on trouverait une correction fautive, dénuée de prudence ou de charité , cela ne devrait pas empêcher de la recevoir de bonne grâce de celui à qui appartient la liberté de dire , en tout cas et à toutes les personnes , ce qu'il croit utile pour le bien. Du reste, il serait téméraire de juger si facilement les défauts qu'on croit saisir dans la conduite du prélat. Ces défauts ne sont souvent que l'effet imaginaire de notre susceptibilité, de notre orgueil et de notre amour- propre, toujours portés à attribuer à la réprimande un mauvais sens qu'elle n'a pas. Le démon, de son côté, est très insinuant pour nous faire remarquer des fautes prétendues dans la conduite des supérieurs et dans leurs corrections , afin de nous éloigner d'eux, sinon par une résistance ouverte, au moins par un dédain secret et par une certaine répugnance à entrer

dans leurs vues, choses qui affaiblissent considérablement la force et la joie de l'obéissance. II faut donc toujours nous défier de nos propres lumières dans ces circonstances. Y eûtil pourtant des défauts manifestes dans leurs corrections, nous devrions toujours les recevoir avec humilité, simplicité, soumission et patience, bien persuadés qu'elles ne laisseront pas de nous être profitables. Car Dieu , en permettant que les supérieurs agissent de la sorte à l'égard de leurs inférieurs , a ses desseins sur ces derniers, et tournera d'autant plus volontiers les choses en leur faveur, qu'ils auront plus de confiance en lui. Il s'en servira pour les élever en ce monde à une vertu plus forte et plus dégagée de l'humain; et une grande gloire leur sera réservée au ciel. Que s'ils ne savent pas profiter de ces grâces, leur confusion au jugement dernier sera grande, mais leur regret désormais superflu.

4° Un bon inférieur aura de l'amour et de la reconnaissance pour ses supérieurs; car Dieu les a établis comme les pères de sa famille religieuse et les pasteurs de son troupeau choisi. Or cet office de père et de pasteur renferme les plus grands bienfaits, et rend ceux qui le remplissent dignes de la plus pure affection, de la plus vive reconnaissance. L'inférieur témoignera donc son amour aux supérieurs en évitant de rien faire qui puisse leur causer ds la peine ; et il cherchera tout ce qui peut leur faire plaisir, « afin qu'ils exercent leur office avec joie, non pas en gémissant. » (Hebr. xiii, 17.) Il doit en agir ainsi, non par des vues basses, humaines et intéressées, comme, par exemple, pour se les attacher et obtenir d'eux de la prédilection, des dispenses , des emplois agréables ; mais en vue des principes de la foi, qui veulent que les supérieurs soient aimés dans le Seigneur : In Domino , comme saint Paul le dit souvent. Le bon inférieur doit aussi aux supérieurs beaucoup de reconnaissance, en ce qu'ils sont chargés de la grande affaire de son salut; ils répondent de lui devant Dieu, et leur sollicitude de chaque jour ne tend qu'à le diriger sûrement, au milieu de bien des peines et des périls, vers l'heureux terme de sa vocation.

5° Un inférieur doit prier pour ses supérieurs; car ils ont

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