CHAPITRE PREMIER
ÉLÉVATIONS d'esprit ET DE CŒUR SUR LES GRANDEURS ET LES PERFECTIONS DE DIEU
I. — La grandeur de Dieu, son domaine souverain, sa majesté cuprême.
Vous êles, ô mon Dieu! l'Êlre suprême et souverain, le Maître universel, le Seigneur de toutes choses. Vous vous appelez, Celuiquiest, c'est-à-dire, celui qui a en lui la source de son être, qui est par son essence, qui est indépendant de tout autre être, et de qui tous los autres êtres reçoivent l'existence et la vie.
Vous êtes le principe et la fin de toutes choses. Vous en êtes le principe, parce que vous les avez créées, que vous les conservez et qu'elles dépendent de vous en tout. Vous en êtes la fin, parce que vous les avez faites pour vous communiquer à elles , et pour faire éclater par là vos divines perfections. Mais vous êtes si élevé au-dessus de vos œuvres, que toutes les grandeurs du ciel et de la terre sont moins que
cendre et poussière devant vous, et ne mérilent que le nom de néant.
Je vous adore, ô mon Créateur, du plus profond de mon âme; car vous êtes le souverain de l'univers, de qui je dépends en tout. Je reconnais que vous méritez des adorations infinies. Je m'humilie, je me confonds, et je m'anéantis en considérant votre grandeur et votre majesté. A la vue de ma bassesse et de mon néant, je me soumets entièrement à votre domaine souverain sur toute créature, et aux ordres de votre sainte volonté sur moi.
Je vous remercie, ô mon Dieu, de tous les bienfaits que j'ai reçus de vous. J'aime à protester que je suis l'ouvrage de vos mains, que vous m'avez tiré du néant, que vous m'avez formé à votre image et à votre ressemblance, et que vous me conservez à chaque moment par votre secours , sans quoi je retomberais dans le néant d'où je suis sorti par miracle.
Je m'offre tout entier à vous, Seigneur, parce que vous êtes la dernière fin de toutes choses. Vous m'avez mis dans ce monde pour vous connaître, vous aimer, vous servir, et par ce moyen mériter votre ciel. Je souhaite donc que toutes mes pensées, mes affections, mes paroles et mes actions soient employées uniquement pour vous, afin que, dans le ciel, je vous voie clairement, vous aime parfaitement et vous possède éternellement, comme mon souverain bonheur. Je vous demande la grâce, ô mon Dieu ! de bien connaître la gloire et les avantages qu'il y a de servir un Seigneur aussi grand que vous, qui êtes le Roi des rois et le Maître absolu. Accordezmoi , s'il vous plaît , de pratiquer fidèlement et avec ferveur vos commandements et les devoirs de mon état jusqu'aux plus petits, rien n'étant véritablement petit dans le service d'un si grand maître, et de me tenir toujours en votre sainte présence avec un profond respect et un continuel recueillement, comme les séraphins, qui tremblent et voilent leurs faces devant votre infinie majesté.
Je vous demande pardon de tout mon cœur, ô mon Maître! des péchés que j'ai commis dans votre service, en y manquant d'attention, de dévotion, de respect, de modestie et de recueil-