X. — La bonté de Dieu, sa libéralité sans mesure
Vous êtes infiniment bon en vous-même, ô Éternel, car si la bonté d'une chose consiste à réunir toutes les perfec- V tiens qui lui conviennent, vous renfermez en votre sein des \perfections infinies, qui vous rendent souverainement aimable à vos propres yeux. Vous êtes une source intarissable de bonté à l'égard de vos créatures , car vous leur communiquez toutes sortes de bienfaits , principalement aux anges et aux hommes, sur lesquels vous ne répandez pas seulement les biens de la nature , comme sur les autres êtres , mais aussi ceux de la grâce et de la gloire, toujours par l'effet de votre bonté.
De toute éternité vous nous avez aimés , vous avez pensé 5 nous , et vous nous avez destinés à la jouissance de vous-
même. Dans le temps, vous nous avez créés et enrichis d'une âme faite à votre image et à voire ressemblance, capable de vous connaître, de vous aimer et de vous posséder toujours. Vous avez allié à notre âme un corps terrestre, comme un instrument merveilleux dont elle pût se servir pour mieux pratiquer la vertu. Vous avez formé le monde avec tous ses biens pour nous, afin que nous puissions, par lui et avec lui, dilater votre gloire en multipliant les occasions de vertu. Outre ce monde visible, vous nous avez donné le monde invisible des anges, qui sont nos gardiens et notre lumière, pour nous conduire au salut. Enfin, vous nous avez tant aimés que vous nous avez accordé votre Fils unique, et vous l'avez livré à la mort de la croix , pour satisfaire votre justice et nous ouvrir la porte du ciel, fermée par nos fautes. Quant aux bienfaits particuliers dont vous avez comblé chacun de nous, ils sont sans nombre, vous seul pouvez les peser et les compter.
Je vous aime, ô mon Dieu, d'un amour souverain, sans réclamer d'autre récompense que vous; et quand vous n'auriez pas promis la vie éternelle pour prix des bonnes œuvres , je vous aimerais également pour vous seul. Je vous aime par-dessus tout, plus que moi-même; et je préférerais renoncer à ce que j'ai de plus cher au monde , aux plaisirs , aux biens, aux honneurs et à ma propre vie, que de vous offenser.
Je vous aime, 6 Bien immense, de tout mon cœur, de tout mon esprit, de toute mon âme et de toutes mes forces. Et d'abord, je souhaite que toutes les inclinations démon cœur se rapportent à vous, de sorte que je ne désire rien que vous, ou ' pour l'amour de vous. Je veux que toutes les pensées et les jugements de mon esprit ne se portent que sur vous , ou sur ce qui se rattache à vous. J'aspire à ce que toutes les puissances de mon âme et les organes de mon corps ne soient employés que pour vous; que les moindres de mes paroles et de mes actes extérieurs tendent à vous servir et à vous plaire , dans les afflictions comme dans la prospérité; de sorte que je sois toujours content d'accomplir votre volonté en témoignage de mon amour.