‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 267 sur 361 · QUATRIEME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIEME PARTIE

maux , en endurant pour eux une infinité de fatigues, de souffrances, puis la mort.

Vous donnez le pardon aux plus grands pécheurs , quelque énormes et nombreux que soient leurs crimes, dès qu'ils rentrent dans leur conscience, et reviennent à vous avec un araour pénitent; vous les recevez de nouveau au nombre de vos enfants et vous leur rendez plein droit au royaume céleste. Je vous bénis, ô mon Dieu, de ce que vous avez fait en particulier pour moi. Vous m'avez secouru dans mes misères ; vous m'avez très longtemps poursuivi quand je vous fuyais ; vous m'avez soutenu contre les tentations quand j'allais succomber, et vous m'avez supporté avec patience tandis que je vous offensais. J'invite tous les anges, les bienheureux et les autres créatures à vous en remercier, à vous en louer et à vous en bénir pour moi, avec moi, mieux que moi.

Je vous adore, ô mon Maître, en considérant la grandeur de vos miséricordes sur mon âme, et je m'humilie à la vue de mes affreuses misères. Qui êtes-vous, ô Dieul et qui suis-je? Vous êtes le souverain de l'univers, et moi je suis un néant, un pécheur, un ingrat, unsensuel, un orgueilleux, un enfant de colère. Que vous ai- je fait, pour ne m'avoir pas déjà précipité dans les enfers, tandis que tant d'autres, peut-être moins coupables que moi, sont condamnés sans remède? C'est la grandeur de votre miséricorde qui m'a sauvé.

J'espère, ô mon Dieu , puisque vous êtes miséricordieux à l'excès, que vous continuerez de me donner vos grâces pendant le reste de ma vie. Je chanterai ensuite et à jamais vos bontés sur moi et je dirai : « Vous avez délivré mon âme du plus profond des enfers. Seigneur, et vous daignez la transformer en vous pendant toute l'éternité. Gloire à vous ! «

Dieu compatissant, vous êtes mon soutien contre les tentalions d'abattement où le démon voudrait me jeter. C'est vrai, pendant plusieurs annéesj'aivécu presque en païen, sans vous connaître, mon Dieu, ni vous craindre, ni vous aimer comme je le devais. Mais ce qui me rassure, c'est que vos miséricordes ne sont pas limitées par les années, et que comme elles sont infiniment gratuites, c'est parce que je ne les mé-

rite pas que vous les répandez sur moi. Votre indulgence n'est pas pour vous-même, ô mon Dieu, qui êtes sans défaut; elle est pour les misérables pécheurs , et je suis le plus misérable d'entre eux. De là ma confiance.

Ayez donc pitié de moi , ô mon Dieu, par Notre -Seigneur; ayez pitié 1 Amen.

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