‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 269 sur 361 · QUATRIEME PARTIE fi · texte numérisé non relu

QUATRIEME PARTIE fi

ment des royaumes, la guerre, la peste, la famine, la maladie, les morts subites et tous les autres maux que nous voyons, senties effets de votre justice, appliquée à châtier les pécheurs dans leur personne et dans toute la race humaine.

mon Dieu , il faut que la grandeur de votre majesté soit bien impénétrable pour que vous punissiez si sévèrement, dans ce monde et dans l'autre, les outrages commis contre vous. J'adore en tremblant cette divine majesté, et je déteste de tout mon cœur les prévarications qu'on se permet envers elle.

Seigneur, ne nous jugez pas selon votre rigueur, mais selon votre bonté et votre miséricorde. Vous ne voulez ni la mort du pécheur ni sa damnation , mais qu'il se convertisse et qu'il vive. Je vous demande donc une véritable conversion , l'esprit de pénitence, l'abondance de vos grâces, pour pouvoir éviter les fléaux de votre justice et vous rendre chaque jour le culte qui vous est dû. Ainsi la crainte de vos justes rigueurs sera devenue pour moi le commencement de la sagesse.

Je vous en supplie, ô mon Dieu, par Notre-Seigneur Jésus- Christ. Amen.

ZIII. — La sagesse et la science de Dieu.

Votre sagesse et vos lumières sont infinies, ô mon Dieu. Vous connaissez parfaitement d'abord toutes vos grandeurs; c'est cette connaissance et cet amour de vous-même qui font votre béatitude. Vous connaissez parfaitement aussi tout qui est hors de vous, les choses présentes, passées, fuet possibles, avec toutes les circonstances du temps, du des personnes , qui les accompagnent. Vous comprenez ïiles ces choses dans votre essence même, car elle est la ( cause efficiente, finale, exemplaire et fondamentale de tout ' ce qui est hors de vous.

Rien ne peut échapper à vos regards dans le ciel , sur la

.. terre ni dans les enfers. Vous distinguez clairement jusques

\ aux pensées les plus secrètes des esprits, aux affections les

\ plus insaisissables des cœurs, et aux desseins les plus cachés

dans les replis de toute volonté humaine.

C'est votre sagesse qui a mis un ordre, un lien et une harmonie admirables entre toutes les parties de Tunivers, pour qu'elles concourent toutes à la beauté de vos œuvres, à l'utilité de l'homme et à votre gloire, puisque c'est la fin à laquelle vous avez subordonné tout le reste.

C'est encore votre sagesse infinie qui a réglé l'accomplissement du mystère de l'Incarnation et de celui de la Rédemption; qui a fait éclater votre justice dans la punition du péché, votre bonté dans le pardon accordé à l'homme pour toutes ses foutes, votre toute-puissance dans l'union en une seule personne de la nature divine et de la nature humaine, infiniment éloignées l'une de l'autre, et qu'il paraissait impossible d'associer ensemble.

Sagesse éternelle, je veux me tenir dans un grand et continuel respect en la présence de votre Majesté, puisque vous voyez toutes mes actions, que vous pénétrez mes pensées et que vous pesez mes intentions, tout étant à nu devant vos yeux.

Mon Dieu, je m'anéantis, en comparant la faiblesse de mes lumières à la grandeur de votre sagesse, et je condamne toutes les pensées d'orgueil et de présomption qui pourraient naître du fond de mon néant superbe.

J'adore, ô Dieu , toutes les dispositions de votre sagesse dans le gouvernement de l'univers, et j'accepte tout ce qu'elle m'enverra d'affliction ou de joie : c'e^t pour me punir de mes péchés et me conduire au terme de ma perfection; cela me suffit; je m'incline et je vous bénis.

Donnez -moi enfin. Seigneur, une participation à la vé»^ table sagesse, pour qu'elle me fasse connaître, goûter, ^ rer, rechercher et mériter les biens éternels.

Je vous le demande par Notre -Seigneur Jésus -Ghrî^ Amen.

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