‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 288 sur 361 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

votre munificence. J'irai m'y entretenir tendrement et m'y consoler avec vous, comme avec un bon père, un époux, un pasteur, un ami et un frère.

Je vous demande pardon, ô Dieu de l'Eucharistie, de la négligence et de la tiédeur que j'ai mises à vous aller trouver, présent sur nos autels ; vous n'avez cessé d'être avec moi , mais j'ai bien peu vécu avec vous. Je veux à l'avenir être plus assidu auprès de votre demeure. Les rois de la terre désirent que leurs sujets les plus dévoués les visitent souvent, pour leur rendre hommage et faire preuve de fidélité; aussi répandentils sur leurs courtisans les plus empressés nombre défaveurs. Combien plus , ô mon Jésus , devons-nous être assidus à venir vous'rendre nos hommages d'adoration, de respect et d'amour, pour attirer sur nous vos grâces 1 car les faveurs des rois de la terre n'ont rien de comparable aux vôtres ; je vais donc travailler à en attirer l'abondance en mon cœur. Amen.

ZVI. — Jésus -Christ notre père.

Jésus! vous êtes véritablement, notre père. Comme Dieu, vous nous avez donné l'être; comme Homme^Dieu , vous nous avez engendrés à la vie surnaturelle. Par le baptême, vous avez commencé notre régénération en nous communiquant, avec la grâce sanctifiante, toutes les vertus qui nous font vos enfants ; vous conservez et augmentez cette vie par les sacrements, et elle se consommera au ciel.

La vie que nous avons reçue du premier Adam était une vie terrestre, sujette à la mort et à bien des misères, suites du péché originel. Vous êtes, ô Jésus, le second Adam, et vous nous donnez une vie spirituelle bien plus parfaite que la vie naturelle transmise par le premier.

Il est vrai que vous ne nous délivrez point, par cette vie spirituelle, delà nécessité de mourir ni de la concupiscence, qui sont des effets du péché d'origine; car vous voulez que nous nous rappelions longtemps, en gémissant sous le poids de nos misères, ce que nous avons été et ce que nous serions encore sans votre paternelle bonté. Mais après que ces

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misères auront rempli vos desseins en perfectionnant notre cœur, vous les enlèverez .entièrement par la résurrection générale, au jour où ce qui est mortel en nous sera absorbé par la vie. (II Cor. V, 4.)

mon Dieu , faites que je sois votre véritable enfant, comme vous êtes pour moi vraiment un père. Faites que mon- amour et mon obéissance envers vous aient quelque chose de filial , de simple, de dévoué, de respectueux ; et comme un fils porte la ressemblance de son père, faites que je vous sois semblable en tout, dans votre vie cachée et dans votre vie extérieure, dans vos souffrance?, et dans votre mort, afin que, comme j'ai porté en moi l'image de l'Adam terrestre, je porte maintenant votre image, ô vous qui êtes l'Adam céleste, et que j'aie droit à votre vie glorieuse ainsi qu'un enfant à l'héritage de son père. Amen.

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