XIV. — Jésus- Christ victime
Vous êlos, ô mon Jésus! la parfaite et l'unique victime, qui a été immolée avec effusion de sang pour le salut de tous les hommes , et qui suffît pour rendre parfaits ceux à qui elle daigne appliquer ses mérites.
Vous êtes l'hostie pure , prédite par le prophète Malachie , qui devait être offerte à Dieu en tous lieux de la terre , depuis l'orient jusqu'à l'occident. Vous êtes, sur l'autel de la croix comme sur l'autel de l'Église, l'hostie vraiment sans tache, parce que votre humanité unie à la divinité est incapable de contracter aucun péché, ni originel ni actuel. Grâce à l'excellence de cette hostie, une seule messe rend plus d'honneur à Dieu que tous les anciens sacrifices, plus que toutes les bonnes œuvres des justes sur la terre, plus que toutes les acclamations des saints dans le ciel.
Vous êtes une victime d'expiation. Par égard pour elle, le Dieu de justice accorde aux pécheurs la grâce de se convertir ; dans le sang de cette victime , le sacrement de pénitence et tous les autres puisent leur vertu ; la peine due aux péchés déjà pardonnes quant à la coulpe, est remise, et les âmes du
1 purgatoire sont soulagées.
Je vous remercie, ô mon Dieu, de ce que vous avez consenti
> à être notre victime auprès de Dieu, par un pur effet de votre
\ amour. En reconnaissance , je vous offre mon corps avec ses sens et ses passions, mon âme avec ses puissances, afin que je sois à mon tour une hostie vivante, sainte, et toujours prête à être immolée.
"Je vous bénis, ô mon Sauveur, de ce que vous continuez à être notre victime sur les autels, pour nous appliquer plus utilement les mérites de votre sacrifice sanglant. Il manquait, en effet, à ce sacrifice la manducation de la victime, qui ne pouvait avoir lieu sur le calvaire. Sur les autels de l'Église , celte manducation s'accomplit par la communion du prêtre et
[ des fidèles; il ne manque donc plus rien à la consommation QÏ à l'expansion de votre sacrifice d'amour.
Daignez, ô divine hostie, me préparer vous-même à vous recevoir dignement dans la sainte communion; et, pour cela, augmentez en moi l'esprit d'immolation. Puisse -je, en vous recevant dans l'eucharistie, recevoir aussi le remède contre mes faiblesses, la force contre mes passions, le gage de ma résurrection.
Je vous aime, ô Jésus , mon adorable victime et ma nourriture vivifiante. Je m'humilie profondément devant votre souveraine majesté, et je reconnais que je suis indigne devons recevoir, moi néant, tout rempli de défauts et d'imperfections. Je vous prie de suppléer vous-même aux dispositions qui me manquent pour vous accueillir dignement, afin que je ne vive plus , mais que vous seul viviez en moi. Amen.
XV.— Jésus -Christ notre Emmannel, c'est-à-dire « Dieu avec nous ».
Vous êtes , ô mon Jésus , le véritable Emmanuel prédit par les prophètes. Considéré comme Dieu, vous étiez avec nous dès le commencement du monde, par la création et la conservation de tous les êtres. Gomme Homme-Dieu, vous êtes avec nous par votre naissance dans le monde, et vous demeurez visiblement notre compagnon jusqu'à votre Ascension. Avant de monter au ciel, voyant vos apôtres tristes de ce que vous allez les quitter, vous leur promettez, pour les consoler, que vous ne les laisserez pas orphelins, et que vous serez avec eux jusqu'à la consommation des siècles. Fidèle à votre promesse, ' vous êtes resté pour les assister; et vous resterez avec leurs successeurs jusqu'à la fin du monde, par votre esprit de vérité, de charité , de force, de protection et de consolation.
Vous êtes aussi notre Emmanuel, parce que vous vivez avec nous, et y vivrez toujours aussi réellement que dans le ciel, par votre présence corporelle dans le très saint Sacrement de l'autel, pour y écouter et y exaucer nos prières.
Inspirez-moi l'attrait, ô Emmanuel, d'aller souvent vous visiter devant votre tabernacle, pour vous y rendre mes devoirs, m'y unir aux anges, et m'y occuper de vos divines perfections. J'irai vous v remercier de toutes les grâces dues à