XXVII. — Jésus- Christ l'agneau
mon Sauveur I vous êtes comparé à un agneau , à cause de votre innocence, de votre douceur et de votre obéissance. Vous êtes l'agneau de Dieu, c'est-à-dire la victime immolée à sa gloire pour la réconciliation des hommes. Vous êtes l'agneau qui ôtez les péchés du monde; car, en prenant sur vous la responsabilité et la peine de toutes les fautes, vous obtenez que nous eh soyons déchargés, bien que nous soyons les vrais coupables.
Vous êtes l'Agneau immolé depuis l'origine du monde. Car tous les agneaux offerts avant vous ne servaient qu'à vous figurer et à vous annoncer. Par vous seul , leur immolation
avait quelque vertu. Votre sang versé sur le calvaire jaillissait par avance sur les justes de l'ancienne loi; c'était lui qui opérait leur justification et leur sanctification.
Vous êtes l'Agneau dominateur de la terre , car l'effusion de votre sang vous donne droit sur toute créature, et devanl vous tout genou doit fléchir. Aussi, en même temps que les prophètes vous appellent un agneau, ils disent que vous êtes le lion de la tribu de Juda. (Apoc.v, 5.) Car votre immolation, c'est votre victoire; et votre victoire , c'est celle des enfants de Juda , c'est-à-dire des serviteurs fidèles.
Vous êtes notre Agneau pascal. Car, comme les Juifs immolaient l'Agneau pascal en mémoire du passage de l'ange exterminateur qui avait épargné leurs maisons , et en souvenir de ce qu'ils étaient passés de l'Egypte à la terre promise en traversant la mer Rouge : de même, par les mérites de voire sang, nous passons de l'esclavage à la liberté des enfants de Dieu. Et non seulement l'Agneau pascal nous délivre, mais il est notre nourriture par sa chair immolée et son sang répandu, afin que nous puissions, soutenus par cet aliment, arriver à la vraie terre promise qui est notre divine patrie.
Accordez-moi, ô Jésus, de vous imiter comme agneau de Dieu; faites que j'aie votre douceur, votre humilité, votre simplicité et surtout votre esprit de sacrifice; car si la simple responsabilité extérieure du péché vous a soumis à une telle immolation , quelle destruction la réalité de tant de fautes ne doit-elle pas entraîner en moi 1
victime sans défaut! je vous considérerai souvent, immolée sur nos autels; et c'est surtout là que je vous dirai : tt Agneau divin , ayez pitié de moi ; » et je répéterai plusieurs fois la même prière, avec des sentiments toujours plus profonds de ma misère et de ma confiance envers vous : « Agneau de Dieu, ayez pitié. » Amen.