‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 314 sur 361 · QUATRIÈME PARTIE b · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE b

Pendant votre Passion , vous fûtes réduit à l'agonie dans le jardin des olives, et vous éprouvâtes une tristesse mortelle, jusqu'à verser à terre une sueur de sang. Trahi et baisé par Judas, vous l'appelâtes cependant votre ami. Vous fûtes pris et lié par des soldats, honteusement traîné chez Anne, Gaïphe, Pilate, Hérode; accusé, jugé digne de mort, outragé par des crachats et des soufflets, mis au-dessous de Barabbas l'insigne voleur, fouetté très cruellement, couronné d'épines, et traité comme un roi de théâtre , avec le dernier mépris.

Enfin vous fûtes condamné à mort, livré à la rage de vos ennemis, accablé du pesant fardeau de la croix, abreuvé de fiel et de vinaigre, exposé nu à la vue de tout le peuple, cloué sur la croix pendant trois longues heures; plongé intérieurement dans un abîme de douleurs et de tristesses; et, pour comble, abandonné de votre Père! Et vous souffrîtes tous ces traitements avec une héroïque patience, sans vous plaindre, sans même vous défendre, excusant, au contraire, vos ennemis et priant pour eux.

Je vous demande, ô mon bon maître, la vertu de patience, qui m'est si indispensable ; car je ne puis entrer dans la joie du ciel que par beaucoup de tribulations de corps et d'esprit , souffertes doucement, en vue de cette fin dernière. S'il a fallu que vous-même, pour entrer dans votre gloire, subissiez cette loi, comment voudrais-je m'en exempter? Je m'y soumets, je l'accepte avec amour, et je bénirai toujours la main bienfaisante qui daigne m'éprouver pour me guérir. Ainsi soit-il.

Page 1