VI. — Dififërents degrés de patience
En considérant ce qu'est la patience, ô mon Dieu, je découvre différents actes, degrés et effets dignes de mon attention. Assistez -moi pour que je les apprécie comme vous lo faites vous-même. Les principaux sont :
1° Souffrir en silence les peines qui nous arrivent; réprimer au dehors tous les mouvements de colère, de trouble, do ressentiment et de vengeance qui s'élèvent dans notre cœur ; éviter les inquiétudes, les paroles d'aigreur contre ceux que
nous croyons être les auteurs ou les occasions de nos peines; se soumettre, en tout ce qui nous arrive, à la volonté de Dieu, sans marquer sa répugnance, et être disposé à ne vouloir pas se soustraire, par des moyens injustes, au mal qu'on endure.
2° Accepter les croix qui nous sont imposées, non seulement en silence, mais aussi avec tranquillité d'âme, sans émotion, sans se disculper dans les occasions, ni rejeter la faute sur un autre, et sans souhaiter d'être délivrés de nos épreuves, si ce n'est lorsqu'il plaira à Notre-Seigneur, qui nous les envoie. Cette résignation n'interdit pas de demander que le calice s'éloigne de nous; mais on le demande avec une si entière soumission à la divine volonté, que cette demande est elle-même un nouvel acte de vertu.
3° Supporter les croix non seulement avec paix, mais avec joie, en sorte que nous mettions nos délices et notre gloire dans les souffrances, pour témoigner à Dieu combien nous désirons l'aimer, et combien nous le bénissons denos afflictions, comme d'un bienfait dont nous espérons tirer les plus grands avantages.
4° Endurer les adversités avec le désir magnanime de souffrir des épreuves encore plus fâcheuses à la nature , en sorte que, loin de désirer la fin de nos peines, nous nous offrions à Dieu pour en supporter d'autres plus grandes, comme l'ont fait les saints, pourvu qu'il augmente en nous la force., et la résignation.
5" Non contents de ne pas nous plaindre de ceux qui nous causent de l'affliction, les chérir comme nos meilleurs amis, leur faire du bien et prier pour eux, puisqu'ils nous fournissent les moyens d'obtenir la rémission de nos péchés et de mériter l'augmentation de la grâce, source d'un accroissement de gloire dans le ciel.
6° Dans les infirmités, ne point chercher à être plaints des hommes, et ne point trop s'empresser de se procurer du soulagement; nous contenter de représenter nos besoins à ceux qui peuvent nous soulager, et attendre en paix les remèdes qu'ils jugeront convenables, en s'abandonnant à la providence de Dieu, et se confiant en sa bonté, puisqu'elle ne permettra