‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 326 sur 361 · XIV. — Causes des peines intérieures de Jésus · texte numérisé non relu

XIV. — Causes des peines intérieures de Jésus

Quelles furent, ô mon Jésus, les causes principales de la douleur intérieure, de la tristesse, de la crainte, de l'ennui et de cette désolation universelle que vous souffrîtes au dedans de vous-mêmes? Serai-je capable de les comprendre?

1° Ce fut d'abord la connaissance distincte de tous les péchés commis contre Dieu, depuis le commencement du monde , et qui seraient commis jusqu'à la fin des siècles; spécialement le péché de Juifs et des autres qui devaient vous faire mourir, et la défection de vos disciples qui allaient êlre scandalisés de vos souffrances. Chargé que vous étiez de satisfaire à Dieu pour tous les crimes des hommes, la vue de cette multitude de péchés vous causait une douleur aussi intime que si vous les eussiez commis vous-même; et elle était proportionnée à la grandeur des offenses comme à celle du bienfait de notre délivrance.

2" L'idée vive, claire, distincte et présente de tous les grands tourments que vous deviez endurer dans votre passion ; de la mort si douloureuse et si humiliante qu'il vous fallait souffrir sur la croix. Cette perspective de tant de douleurs se présentait à vous aussi clairement que si la mort et les supplices eussent été déjà devant vous. Par là, vous en goûtiez d'avance et à la longue toute l'amertume.

3° Le peu de fruit que, selon vos prévisions, bien des hommes devaient retirer de vos travaux. Cette pensée vous causait une douleur proportionnée à votre zèle; et comme votre amour était excessif, il fallait que votre affliction fût la plus grande qui puisse jamais être.

4° Enfin votre amour pour nous a été si grand, qu'afin de pouvoir souffrir davantage, vous suspendîtes, par un miracle, les consolations qui se répandaient habituellement, par suite de votre incarnation, sur la partie sensible de votre âme, et qui auraient rendu votre corps impassible et immortel.

Accordez-moi, Jésus, l'esprit de mortification. Je ressens continuellement en moi les désirs de la mauvaise nature et

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