‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 325 sur 361 · QUATRIÈME PARTIE 60i · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE 60i

très parfaite, étant l'œuvre du Saint-Esprit, ses souffrances étaient aussi plus vives et plus sensibles que toutes celles que les autres hommes peuvent éprouver.

Vous avez souffert de toutes sortes de personnes, Juifs et Gentils, princes et valets, rois et populace, profanes et prêtres, Hérode et sa cour, disciples et amis, Judas et Pierre; et vous étiez seul à porter le poids de toutes ces peines , sans consolation, sans sans aucun soulagement de Dieu ni des hommes.

Vous avez enduré dans votre âme d'inexprimables peines intérieures : le trouble, la répugnance, la tristesse, l'ennui et un bouleversement si violent, si inconcevable qu'il était capable de vous faire mourir, et qu'il vous fît tomber en agonie jusqu'à répandre une sueur de sang dont votre vêtement fut trempé. Enfin toutes les puissances de votre âme, l'entendement, la volonté, la mémoire, sévirent envahies de mille diverses douleurs, aussi bien que tous vos sens intérieurs et extérieurs.

Jésus, quand je considère l'immensité de vos souffrances, j'en suis dans la stupeur. Mais ce qui me remplit surtout d'admiration et de reconnaissance, c'est de voir avec quelle pleine liberté, avec quel empressement vous les acceptez et les recherchez. Car ces peines, ces affections, ces mouvements de la sensibilité étaient volontaires en vous, et vous les excitâtes à dessein parce que vous le jugiez convenable pour mieux sauver les hommes, et pour que votre résignation leur servît plus avantageusement de modèle et de secours. Je vous remercie , ô mon Sauveur, et je veux que désormais le souvenir de vos peines me soit toujours présent pour me donner de la confiance et du courage. Quand vous marchez devant moi, comment refuserais-je de porter ma croix? Ce serait me déclarer votre ennemi et l'ennemi de mon âme. Gardez-moi, Seigneur, de celte double méchanceté qui ferait mon malheur éternel. Amen.

Page 1