‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 348 sur 361 · QUATRIÈME PARTIE ' C'iS · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE ' C'iS

manifeste aussi nos misères et celles du prochain, pourque nous en gémissions et que nous désirions en être délivres bientôt.

Je vous demande, ô mon Dieu, la grâce de beaucoup pleurer sur mes péchés, sur mes tentations et sur mon exil. Accordezmoi la grâce de faire une digne pénitence de mes fautes, et de combattre continuellement mes passions.

Et vous, Esprit de Dieu, enseignez -moi la science des saints; faites qu'à sa lumière je connaisse l'illusion des choses de ce monde et la profondeurde mes misères, pour y trouver une source de salutaires et continuels gémissements. Je vous le demande par les larmes et les gémissements de Notre-Seigneur. Amen. .

§ T. — Bientoureux ceux qui ont faim ei soif do la jnstîoo , parce qu'ils seront rassasiés.

Quels sont ceux qui ont faim et soif de la justice, sinon les âmes tourmentées par un grand amour pour l'honneur do Dieu, intérieurement pressées du désir de bien connaître la vertu, et de s'avancer chaque jour dans la sainteté par la pratique du devoir, fallût-il vaincre, dans ce but, toute sorte de difficultés?

. Ceux-là ont encore faim et soif de la justice, qui sont animés d'un grand zèle pour rendre justice à leur prochain et pour la lui faire rendre par les autres , ou pour procurer le salut de leurs frères en leur facilitant l'acquisition de cette justice par excellence, qui renferme l'assemblage de toutes les vertus et rend l'homme acceptable à Dieu.

Leur récompense, c'est la satiété de tous leurs désirs; elle consiste, dans ce monde, en une justice commencée mais incomplète, qui sera consommée dans le ciel, par la justice parfaite et la récompense sans fin.

La quatrième béatitude se rapporte au don de force, parce que ce don de l'Es prit-Saint nous rend capables de braver les tourments, la mort même, pour la défense de la vérité et de la justice, comme l'ont fait les martyrs.

Les fruits de l'Esprit- Saint qui correspondent à cette f^uatrième béatitude et au don de force, sont la patience

et la longanimité ; car elles nous facilitent de souffrir les maux présents, et d'attendre les biens futurs, c'est-à-dire, le règne parfait de la justice de Dieu.

Daignez me donner, ô Seigneurl un grand amour de votre gloire et un vif désir de pratiquer les devoirs de mon état par principe de conscience, estimant qu'il est juste que je fasse ainsi, quelques difficultés que j'y rencontre.

Venez en moi, Esprit-Saint! Donnez-moi votre don de force, et je persévérerai, et mon sentier, comme celui du juste de l'Écriture, croîtra jusqu'à la lumière parfaite, jusqu'à la possession de la couronne de justice, qui est le Paradis. Amen.

§ TI. — Bienheureux ceux qui sont miséricordieux, parce qu'ils obtiendront miséricorde.

Les miséricordieux sont ceux qui compatissent, par motif de charité, aux misères corporelles et spirituelles du prochain, le soulagent, l'instruisent, et contribuent autant qu'ils le peuvent à sa conversion et à sa perfection , heureux pour cela de donner, s'il le faut, leur vie. Ils sont aussi portés à pardonner à leurs ennemis tout le mal qu'ils ont reçu d'eux, et font contribuer ce mal au salut de leur âme. Par là ils sont pleinement miséricordieux envers les autres et envers eux-mêmes.

Pour récompense de leur miséricorde, Dieu leur donnera la sienne dès ce monde, en les soulageant dans leurs peines. Dans le ciel, il les rendra éternellement exempts de toute misère et de tout péché. . .

Cette cinquième béatitude se rapporte au don de conseil, qui nous fait prendre, au milieu des dangers du monde, les moyens de nous procurer la miséricorde de Dieu en soulageant les misérables; elle correspond aussi au don de science et de piété. Le fruit du Saint-Esprit qui se rattache à la miséricorde, c'est la bonté.

Je vous demande, ô mon Dieu! la grâce de pratiquer une grande miséricorde à l'égard de mon prochain , de compatir à ses misères, de savoir le consoler, et de contribuer à son salut chaque fois que j'en trouverai l'occasion.

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