‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 347 sur 361 · QUATRIEME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIEME PARTIE

s'y abandonner, pour empêcher que Dieu ne soit offensé, ou pour montrer son indignation en face des outrages dont il est l'objet. Quant aux injures humaines, ils ne s'en vengent pas, mais rendent le bien pour le mal. Ils reçoivent avec patience et soumission tout ce que la Providence leur envoie, et gardent une tranquillité d'esprit qui les empêche d'avoir de l'aigreur dans leurs paroles , du trouble et de l'emportement dans leur conduite. On les trouve toujours affables, doux, complaisants et sociables à l'égard de leur prochain; ils ne rebutent pas même leurs ennemis. Ils évitent les disputes et lés contestations, supportent avec douceur les défauts des autres, et sembleraient insensibles aux torts qu'on leur fait. Mais ils ne sont nullement insensibles aux injures que l'on fait à Dieu; l'amour qu'ils ont envers lui leur inspire, au contraire, un grand zèle et une grande énergie pour procurer sa gloire, pour empêcher qu'il ne soit offensé.

Leur récompense, c'est de posséder la terre des vivants comme leur héritage. Dès ce monde, qui est pourtant la terre des morts et delà corruption, ils vivent comme des bienheureux, restant en paix avec leurs semblables, gagnant le cœur de tous, et partout se trouvant contents; car la grâce que Dieu répand dans leur cœur les rend maîtres de toutes leurs passions. Puis ils posséderont, dans le ciel, la véritable terre des vivants, puisqu'on y jouira de l'éternelle vie.

La seconde béatitude répond au don de piété ; car ce don du Saint-Esprit nous inspire une douce soumission à Dieu , comme à notre bon père, dans les contradictions qu'il laisse s'élever contre nous. La piété nous pénètre aussi d'un tendre amour pour le prochain, et nous fait souffrir avec patience tous ses défauts. Elle prévient donc les causes décolère et favorise la douceur. — Les fruits du Saint-Esprit qui correspondent à la douceur sont la bénignité, l'humanité et la bonté.

Je vous demande, ô mon Dieu, la douceur d'esprit. Faites que j'évite de me mettre en colère contre ceux qui me feront quelque mauvais traitement, et que je n'aie ni aigreur dans mes paroles, ni trouble dans ma conduite. Donnez-moi de ne me plaindre de quoi que ce soit; de souffrir tout en paix et

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avec joie, et de faire tout le plaisir que je pourrai à ceux qui me causeront du déplaisir.

Esprit-Saint, donnez-moi votre don de piété, pour qu'il me facilite une grande soumission à Dieu, comme à mon bienaimé Père; et faites que je souffre avec patience tous les ennuis qui m'arriveront, par les dispositions très sages de votre Providence. Je vous le demande au nom de Notre- Seigneur Jésus-Christ. Amen,

§ IV. — Blônteureux ceux qui pleurent, parce qu'ils seront consolés.

Par ceux qui pleurent, Jésus nous désigne les chrétiens qui gémissent de leurs péchés, en ont le cœur contrit, et en font une sincère pénitence; ou ceux qui sont affligés de leurs défauts, de leurs passions, des tentations auxquelles ils sô voient continuellement exposés, et qui travaillent péniblement à réprimer leurs mauvaises inclinations. 11 nous désigne encore ceux qui gémissent sur l'exil de la vie présente, s'ennuient d'être si longtemps exposés à offenser Dieu, craignent ses jugements, redoutent la perte de son amour, et languissent de n'être pas encore dans le ciel. Par ceux qui pleurent, il veut aussi que nous entendions ceux qui éprouvent des maladies, des persécutions, des-disgrâces, et qui les souffrent avec pleine soumission aux ordres divins. Ceux qui pleurent, ce :Sont enfiii les chrétiens assez sensibles aux intérêts de Dieu pour gémir intérieurement sur les péchés de leur prochain , soupirer après sa conversion et y travailler de tout leui* pouvoir.

La récompense des hommes qui pleurent par ce noble motif de la crainte ou do l'amour de Dieu, c'est qu'ils seront consolés. Leurs larmes seront essuyées , et leur tristesse se changera en joie. Dès ce monde, ils auront la consolation de recevoir le pardon de leurs péchés, et goûteront la joie spirituelle que le Saint-Esprit, véritable consolateur, répandra dans le secret de leur âme. Dans le ciel, ils auront la consolation de posséder Dieu lui-même, alors que le rire et la joie des pécheurs se tourneront en tristesse et en pleurs éternels.

Celte troisième béatitude répond au don de science, lequel^ en nous faisant connaître la vanité des choses créées, nous

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