QUATRIÈME PARTIE
œuvres, et la constance pour avancer chaque jour de vertu en vertu , jusqu'à la mort.
Le zèle de la justice incline à être miséricordieux à l'égard du prochain. Car en pratiquant la jusiice et l'abnégation, on prend goût aux oeuvres de miséricorde envers le prochain; on se forme à les accomplir; et l'on accroît dans son âme les droits à obtenir la miséricorde de Dieu, la rémission de ses péchés, le remède à ses misères spirituelles.
La miséricorde qu'on exerce à l'égard du prochain dispose à la pureté de cœur et la produit , parce que l'aumône et les autres œuvres de miséricorde ont un caractère expiatoire, et augmentent en nous la charité, qui nous fait aimer Dieu avec une grande pureté, nous anime à le servir avec une entière droiture d'intention, avec une sainte ferveur d'esprit, avec une tendre dévotion de cœur.
' La pureté de cœur dispose à être pacifique, parce que le <!alme et la tranquillité s'accordent bien avec un cœur pur et libre de toute cupidité; comme, au contraire, les agitations et les dissentiments viennent d'un cœur impur, esclave de cet ■égoïsme qui rend l'homme oppresseur des autres.
Enfin l'esprit de paix prépare le chrétien àsoufTrir avec générosité et allégresse les persécutions et tous les mauvais traitements qui lui arrivent, parce qu'il se confie en Dieu, qu'il aime l'ordre, la justice, la vérité au-dessus de toutes choses, et qu'il sait posséder son âme dans la patience.
Je vous demande, ô mon Dieu, la grâce de pratiquer ces huit béatitudes dans toutes les occasions qui se rencontrent chaque jour, et de m'en servir comme d'autant de degrés pour atteindre à la perfection que vous m'appelez à acquérir. Je vous le demande par Notre -Seigneur Jésus-Christ, puisqu'il a daigné nous les enseigner par sa parole, et les pratiquer lui-même, pour que nous le suivions comme le grand modèle et le grand moyen de toute sanctification. Ainsi soit-il.