‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 5 sur 361 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

lamnent leurs enfants à porter ioi-bas un joug intolérable, vivre dans la religion comme dans une prison perpéluelie; }t ils .risquent, en les rendant Iransgresseurs de leurs )romesses, ou en les jetant dans le désespoir à cause de la )esanleur du fardeau , de les damner éternellement.

2° C'est une mauvaise marque de vocation, de se faire religieux à cause de quelque chagrin qu'on a eu de ses parents )u du monde. Il arrive souvent qu'on a des contrariétés dans Re siècle, et qu'au lieu de les supporter avec patience, on se ]aisse aller au dépit et à une espèce d'aversion. Tandis que jette passion tourmente, on forme le dessein de quitter le londe et de se retirer dans le cloître ; on ne veut prendre au- [)un:délai et on exécute avec précipitation son dessein. Cette /•ocation ne vient point d'un mouvement de la grâce, nid'un J/érilable détachement du monde, de ses richesses, de ses plaisirs et de ses honneurs, mais d'une nature vive, suscep- [;ible, impatiente et orgueilleuse. Ceux qui se font religieux )ar ce motif, sont malheureux pendant toute leur vie. Ils ne reçoivent aucune consolation de Dieu, parce qu'il ne les appelait pas à cet état. Au premier chagrin, qui leur a fait prendre |e monde en aversion, en succède un autre, celui de l'avoir ibandonné. Cependant ils n'osent y retourner par respect hulain. Ils vivent donc dans le trouble, l'amertume, l'inquiétude et le découragement durant le reste de leur vie. Au lieu |ie s'occuper dans la religion à servir le Seigneur plus parfaitement, et à y faire pénitence des péchés qu'ils ont commis [lans le siècle , ils y mènent une vie toute naturelle. Ils ne iensent qu'à esquiver ou adoucir les austérités de la règle; ils ont horreur de toutes les pratiques de pénitence , et ils [.ombent quelquefois dans des péchés plus grands et plus scandaleux que ceux qu'ils avaient commis, avant d'embrasser [nconsidérément un état de perfection.

3° C'est une mauvaise marque de vocation , de vouloir en- |rer en religion pour y assurer son avenir terrestre, et y trouver loutes les aises de la vie. Il y en a qui ne peuvent, pas avoir lans le monde un établissement conforme à leur condition et leur délicatesse. Ils espèrent rencontrer l'un et l'autre plus

aisément en religion, et demandent à y être admis. Quiconque agit par ce motif, ne cherche qu'à satisfaire sa nature. Aij lieu d'aimer et de pratiquer la pauvreté, il ne pense qu'à s« procurer, non seulement les choses nécessaires , mais aussi les superflues. Lorsqu'il s'imagine qu'il lui manque certaines choses i il tombe dans le trouble, dans l'agitation et souvent! dans le murmure; et il se les procure quelquefois aux dépenaj de la conscience. On ne voit dans sa conduite aucun désiij sincère de renoncer à soi - même et aux biens de ce monde. Il est donc en contradiction avec son état : il n'en a pas l'esprit j parce qu'il n'en a pas reçu la vocations

4° Une autre marque d'une fausse vocation , est d'embrasseï l'état religieux pour y mener une existence douce et tranquille! Dans le monde on ne trouve souvent qu'amertume et trouble à cause des embarras qui y absorbent la vie; Il s'en trouve qu] se dégoûtent de cette vie active et tumultueuse, et qui, poussé^ plutôt par un esprit de paresse et d'indolence à l'égard des sollicitudes du siècle, que par le désir de mieux travailler leur salut et d'arriver à la paix surnaturelle par la victoire sur| leurs défauts , pensent à se retirer dans le cloître pour y chercher une paix sans efforts. Mais ceux qui abandonnent le monde par un motif si humain verront leurs espérances dé-j çues. Car dans le cloître il n'y a de véritable tranquillité que lorsqu'on est disposé à souffrir* Tout ce qui se pratique enj religion, comme les veilles, les abstinences, la pauvreté jf la chasteté, le silence j l'humilité j est contraire à la nature^ La vie religieuse n'est qu'une croix permanente, une mort vo^ lontaire et un martyre sans disconlinuation. Or il n'y a poin( de croix sans fardeau , ni de mort sans agonie ^ ni de martyre sans souffrance. On croirait bien à tort que les rigueurs de 1é vie religieuse disparaissent par rhabitude* Au contraire^ plusj les croix , la mort et le martyre sont de longue durée ^ pluE parfois la nature en ressent de douleur. Il n'y a que l'onction et les joies que Dieu répand dans l'âme ^ qui adoui eissent ce que les observances ont de pénible à la nature ; ej Dieu ne répand ces consolations que sur ceux qui chercheni à souffrir pour l'amour de Lui, et à salisiaire à sa justice pai

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