PREMIÈRE PARTIE
Iqmppt à i^ perfection, (|e porter leur croix chaque jour^ 4e renoncer sans cesse à eux-rnêmes p^r la pratique de la pénitence, (ip l'hurnllité, de 1^ pauvreté, de \(\ chasteté, de l'obéissance, de la patienpe, de la charité, du silence et des autres observances régulières, Pour s'acquitter de tous ces différents devoirs, on s besoin de beaucoup de secours qui pui^pent suppléer à la faiblesse de la nature, éclairer Tespril sur les avantages de la vertu religieuse , et inspirer à la volonté le désir sincère de les pratiquer pendant toute la vie. Or, cette grâce est une suite de la vocation de Dieu qui donne des forces, des, Inraières, des attraits et une onction proportionnés à l'état où il nous pppelle.
Les religieux, comnie les ecclésiastiques, sont un peuple parfçulier qne Pieu s'est choisi pour le servir d'une manière plus parfaite que le reste (du nionde. Ils le louent, l'adorent, le prient, et servent, en quelque sorte, de niédiateurs entre Lui et les honqmes, C'est pourquoi, conorae, dans la loi dénature, es Patriprehes et les Prophètes, destinés à rendre à Dieu un culte agréable, recevaient aussi de Lui une vocation particuière; et çonime, dans la Loi écrite, les Lévites n'étaient occupés à servir Dieu dans le Tenaple qn'après avoir été spéciaement çhoipjs selon sa volonté : de même les religieux et les prêtres, successeurs des Lévites ej; des Prophètes , destinés inênie ?^ F^p4rf> à Dieu un culte beaucoup plus parfait, onî Desoin d'une benni^ vocation pour embrasser leur état, et poui s'jE^çquiU^r j^dèlemeï^t de toutes les obligations qui s'y rapportent : Te elfigit Domiifius Deus iuus, ut sis eipopuluspecu' 'jçiris de çuriqiis populis qui sunt super terram. (Deut. vii, 6. ^evit, ï et xyii, Num. xvii.)
]\|ais p§ qui est le plus deplprable pour les religieux et les eçclé§i?!Stique? engagés dans la voie qu'ils suivent sans la Ypcatign de pis^' ^'^^^ %^^ -^^T égarement, en même temps gp'ij Je^r esit nuisible à eux-njèmes, est également préjudieia)3)e aux gens du naonde, à cause des mauvais exemples qu'il leur donne. Car çoname les séculiers sont portés à embrasser la vertu, à pratiquer la piété, à régler sagement leur^ fïji^ur^ et à ^'ac^v^Hter de tous leurs devoirs , lorsqu'ils voient
de bons prêtres et de saints religieux marcher à leur tête : dei même aussi, ils sont tentés de croupir dans leurs vices, dcj négliger leur salut et de mépriser les choses saintes , lorsqu'ill •voient des prêtres et des religieux vivre dans le dérèglement} De leurs funestes exemples viennent principalement rindifféj rence et la démoralisation qui se propagent au milieu di peuple chrétien, et causent tant de larmes à l'Église de DieuJ
§ II. — Les marques de la fausse vocation.
Ceux qui veulent entrer dans le cloître, et ceux qui fonq déjà leur année de probation, doivent donc, avant tout, examiner si leur vocation vient de Dieu ; car les désirs qu'on resj sent d'être religieux ne sont pas toujours une marque qu'orq est appelé. Il ne faut pas croire à tout esprit, ni penser que toutes les aspirations qui paraissent bonnes soient du ciclj On doit les éprouver, et discerner, comme dit saint Jean, s] elles viennent réellement d'en haut : Nolite omni spiriti^ credere, sed probaie spiritus si ex Deo sint. (I. Joan. iv, 1.)
Pour connaître si la vocation à l'état religieux est bonn] ou non, il faut d'abord considérer les motifs qui portent l'embrasser. Si ce sont des motifs purenient humains, desj vues basses et terrestres, la vocation n'est pas vraiment bonnei Mais si les motifs sont plus relevés, c'est déjà une présomptiorj qu'on est réellement appelé à cet état, puisque c'est de Diei que viennent tous les dons parfaits. Omnedonum perfectur descendens a Paire luminum. (Ep. Jac. i, 17,)
Plusieurs motifs humains peuvent provoquer le désir dj se faire religieux , sans renfermer aucun signe de vocatioi
lo C'est un motif humain et déréglé, d'entrer en religion pouj seconder les projets des parents. Car il arrive quelquefois que les parents osent décider eux-mêmes de la vocation d€ leurs enfants , sans les consulter et sans consulter Dieu. Il destinent les uns , dès leur enfance , à être le soutien de la faj mille , les autres à en être l'honneur en se faisant religieuxj Ces parents sont des sacrilèges qui usurpent les droits d| Dieu, seul arbitre des vocations. Ce sont des cruels qui coni