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RÈGLEMENT POUR LES DIFFÉRENTS EXERCICES DU JOUR, DE LA SEMAINE

DU. MOIS ET DE l' ANNÉE

ARTICLE I Les exercices de chaque jour.

§ I. — De minuit à midi.

A minuit ou à l'autre heure de la nuit désignée pour les matines, les novices se lèveront avec ferveur et promptitude. Ils prendront avec beaucoup de modestie ceux de leurs vêtements qu'ils ont coutume de quitter pendant le repos , en récitant quelques courtes prières pour lesquelles ils auront plus de goût. Au signal convenu , chacun sortira de sa cellule et se rendra à la porte du noviciat, en s'occupant intérieurement de quelque sainte pensée. Aussitôt que la cloche de l'église commencera les tintements du second signe, les frères sortiront du noviciat. L'un d'eux portant une lumière s'avancera le premier, pour éclairer la communauté. Un autre prendra la seconde lumière si la disposition du couvent en exige

iU L'INSTRUCTION DES NOVICES

deux, et viendra le dernier. Ils entreront dans le chœur, y feront en ordre la génuflexion, et s'y comporteront durant l'office avec la modestie, le respect et le recueillement prescrits dans l'article l^'" du ii® chapitre de cette 11° partie.

Tandis qu'on dit matines, il faut observer toutes les cérémonies sans négligence, et celui qui en est chargé doit, à la On du dernier psaume de chaque nocturne, préparer la lumière nécessaire, soit pour lui, soit pour un autre, afin de lire les leçons»

Lorsque les matines sont sur le point de finir, les mômes frères qui ont éclairé en venant, se mettront en mesure de remplir le même office au retour. Ils s'en iront tous, deux à deux, au noviciat, et se relireront dans leurs cellules, sans faire de bruit, de peur d'éveiller les religieux qui reposent par dispense, soit dans le noviciat, soit dans l'étage inférieur, et surtout au-dessous de leur cellule. Pendant l'hiver, lorsqu'il fait grand froid , ceux qui auront besoin de se chauffer pourront aller au ohauffoir commun. Ils y garderont le silence et s'y comporteront avec modestie et recueillement. Rentrés dans leur cellule , ils se mettront de suite en mesure de prendre leur repos; il n'y a pas besoin, pour cela, de plus de temps qu'il n'en faut pour un miserere; on doit corriger sévèrement ceux qui, fût-ce pour des raisons de piété, se laisseraient attarder.

Au second lever, dès que les novices entendront le premier signe, ils feront ce qui est marqué à rârtidle2 du iï* chapitre de celte iï° partie , se prépàrerôtit à là méditation où à la sainte communion; et, s'ils en oiit le tempe, ils fei'ont leui* cellule.

Au retour du chœiir, les novices étudiàtlts rèpassei'oiît leur leçon , pour là classé. Les novices simples, après avoir accommodé leur cellule, liront tiri chapitre du Nouveau Testament, à genoux. Au commencement de cette lectiife , et de tëtnps eii temps en la continuant, ils se inêttrdtlt ëri la présence de Dieu et élèveront lèiif ccëur et leuf espfit Vers liii poiif là lui offrir, et pdur lui demander la grâce d'en prôfitêf. Ils la feront avec un grand i*eSpect et dans un esprit d'âddl*atiôn. Si quelque chôSe lés touche, ilë S'y arrêteront utt peu de

temps pour y réfléchir; et ils adoreront jusqu'aux paroles qu'ils ne comprennent pas, comme étant toutes dictées par Dieu même et remplies de ses mystères. Ensuite, ils liront la vie d'un saint que leur aura choisie le Père maître; et après la récitation en commun, à l'oratoire, des petites heures de la très sainte Vierge, ils feront dans la cellule une lecture spirituelle.

Au signe de la grand'messe, les novices s'assembleront à la porte du noviciat. En attendant que tout le monde soit réuni, ils se tiendront en la présence de Dieu , et feront ce qui est marqué à l'article 3 du chapitre II. Ils sortiront ensuite, et marcheront dans les dortoirs et les escaliers avec la modestie et le recueillement recommandés au même endroit. Ils diront leur office avec beaucoup de modestie extérieure, d'attention et de dévotion , ainsi qu'on l'explique dans le quatrième chapitre; et ils assisteront au saint sacrifice avec un grand respect, dans un esprit d'immolation et d'adoration. La grand'messe et toutes les autres prières étant finies, les novices partiront modestement, les yeux baissés, les bras croisés sous le scapulaire, et deux à deux, de la manière qu'on a déjà marquée. En sortant, ils prendront de l'eau bénite et feront le signe de la croix; en regagnant le noviciat ils diront le De profundis, avec gravité et componction, sans tourner la tête de côté et d'autre.

De retour au noviciat , les novices profès vaqueront jusqu'à midi aux occupations prescrites par le tableau des études. Les novices simples feront la méditation dans leur cellule, et se tiendront prêts à venir en rendre compte au Père maître, s'il les appelle, à cet effet, auprès de lui. Ils auront aussi, dans la matinée, une classe de constitutions ou de rubriques, et dix minutes d'examen de conscience.

§ II, — De midi à minuit.

Un peu avant midi , les novices s'assembleront à la porte du noviciat, diront ensQmh\e V Angélus , et sortiront en récitant le De profundis, pour aller au réfectoire. Le lecteur et le

serviteur de table descendront un peu avant les autres, pour se préparer à lire et à servir. En allant prendre leur rcfecLion, les novices offriront celle action à Dieu et réciteront, s'ils en ont le temps, quelque prière, de la manière qu'on le conseille dans le chapitre IL Après s'être lavé les mains, ils attendront j assis sur les bancs de V Atrium, que le supérieur commence le De j)rofundis. De là, ils iront au réfectoire avec gravité et recueillement. Ils prendront leur nourriture avec beaucoup de modestie, de propreté et de bienséance, garderont un profond silence, écouteront avec attention là lecture, et éviteront soigneusement tout acte de sensualilc; ils devront même se mortifier en quelque chose, si l'obéissance le leur permet. Ils ne seront ni trop lents, ni trop précipités en mangeant; lorsqu'on fera le signe de là fin, ils plieront leur serviette; au son de la cloché, ils fe lèveront sans tumulte, et ils iront occuper leur placé pour les grâces, qu'ils chanteront avec beaucoup de modestie, dans un esprit de reconnaissance, de pénitence èl d'humilité.

Après s'être rendu» au chœur, et l'anfienne à saint Joseph étant terminée, ils iront immédiatement marquer l'office, puis ils pourront prendre leur récréation. Eh là comnlençant, celui des frères à qui on fera rendre compte de la lecture de table, dira ce qu'il aura remarqué. Il faut que les novices s'accoutument à retenir toujours quelque chose de sérieux et d'édifiant de cette lecture, afin de lé répéter devant tous les autres, quand on le leur demandera. Ce serait manquer de respect pour leur Père inaître et pour leurs frères, de répondre par une plaisanterie et en cherchant à faire rire. Il n'y a qu'un esprit volage, léger, dissipé, ou ïnème très borné, qui s'arrête, à l'occasion de la lecture, sur quelque chose de bouffon, de critique ou de vulgàîrè. Celui qui, étant interrogé, ne se rappelle rien de ce qu'il a entendu lire s'en humiliera devant le î^èré inàîtrè.

Si le temps est beau, les novices prendront la récréation au jardin. Là ils se garderont de crier et de parler trop haut; tant pour conserver la modestie, qu'afin de né point se faite

entendre par les personnes du dehors. Lorsque le temps ne permettra point de se promener au jardin à cause de la pluie ou du grand froid, la récréation se passera sous le cloître, ou, au besoin, au noviciat.

iPendant le temps de la récréation, les novices simples doivent toujours être séparés des profès; car ils ont besoin de s'entretenir souvent des rubriques, des constitutions et des cérémonies que les profès savent déjà; en outre il pourrait se trouver quelquefois des religieux trop libres, qui les scandaliseraient au lieu de les édifier, leur insinueraient des tendances qu'ils doivent toujours ignorer ou réprouver, et les troubleraient au lieu de les consoler. Le moyen pour les uns et pour les autres de se conserver en paix et dans la ferveur, c'est de n'avoir point de relations entre eux. Los profès qui parlent sans permission aux novices simples leur font un très grand tort, et sont souvent cause qu'on les dépouille des habits de la religion, pour les renvoyer dans le siècle. Il est pourtant louable qu'on envoie parfois à ces derniers quelque profès sage, posé et fervent, pendant la récréation, pour leur apprendre à converser modestement et honnêtement, ou pour leur expliquer les difficultés qu'ils pourraient avoir sur les constitutions , les rubriques et les autres cérémonies, ou encore pour les modérer, de peur qu'il ne s'élève parfois, entre eux, quelques petites disputes ou quelque aigreur : ce qui pourrait arriver d'autant mieux, qu'ils ne font que quitter le siècle, et n'ont pas eu le temps de contracter toutes les manières religieuses.

Dès le commencement de la récréation, les novices se placeront en la présence de Dieu; et de temps en temps, en la prenant, ils animeront intérieurement celte action par un acte d'offrande à Jésus et à Marie, de la manière qu'on l'expliquera dans le deuxième chapitre.

Au premier son de la cloche qui indique la fin de la récréation, ils se mettront à genoux quelques instants, comme au commencement; puis, ils se rendront en silence au noviciat, où ils feront un court examen de conscience comme on le dira ailleurs. L'excitateur sonnera avec la clochette la fin

de cet examen. Alors les frères liront, écriront, étudieront ou se reposeront, s'ils en ont la permission, jusqu'à l'heure de l'offlce.

Au deuxième signe qui le marquera , ils se rendront aux vêpres. Elles seront suivies, pour les novices simples, du travail manuel, soit au noviciat, soit au jardin. Ensuite ils auront la classe de chant, pendant laquelle ils devront aussi apprendre les cérémonies et les rubriques concernant les offices d'acolyte, de thuriféraire, de versiculaire, etc., quand on le trouvera à propos. Les novices sont tenus de s'appliquer à bien se former au plain-chant, afin de se mettre en état de célébrer convenablement les louanges de Dieu pendant toute leur vie. Pour y réussir ils doivent se donner la peine, en commençant, d'apprendre avec soin les notes, les clefs, les intervalles , les nuances, et s'exercer à solfier, avant d'appliquer les paroles. Lorsqu'un frère chante seul, les autres s'appliqueront à l'écouter attentivement, ou à le suivre tout bas, pour bien se former l'oreille aux tons , et s'exercer en même temps que celui-ci. Quand ils chantent tous ensemble, ils ne doivent ni forcer ni trop ménager leur voix, mais la soutenir doucement, afin de développer progressivement leur organe, et de se mieux habituer à louer Dieu constamment.

Lorsque les novices ne sont nullement formés au chant, ils ne doivent pas s exercer seuls, de peur de contracter de fausses intonations, dont ils auront ensuite beaucoup plus de peine à se défaire, qu'ils n'en auraient eu à apprendre les véritables, avec l'aide de quelqu'un qui fût capable de les diriger. En chantant la note ou la lettre, il ne faut pas se presser jusqu'à perdre haleine, mais respirer de temps en temps, selon la cadence de la mélodie: mieux vaut chanter plusieurs fois et bien, une antienne, que plusieurs antiennes une seule fois et maL Durant le temps de la classe de chant, les novices se comporteront avec beaucoup de modestie, surtout aux classes générales qui précèdent les dimanches et les fêtes, pendant lesquelles on est plus exposé à se dissiper. Us ne parleront que par nécessité et sur des choses dont ils ont absolument besoin de s'instruire alors. Ils éviteront de se contredire, de plaisanter, de

critiquer, de se moquer les uns des autres s'ils viennent à faire quelque faute. Pour cela, ils se tiendront toujours en la présence de Dieu, ou du moins, ils s'y remettront de temps en temps. Ils prendront aussi garde de ne point endommager les livres; et à la fin de la classe, ils les fermeront avec soin et les remettront à leur place. C'est un signe d'esprit de foi d'ôtre soigneux à l'égard des bréviaires et des livres de chant.

Aux vêpres de la très sainte Vierge, ceux qui, par pénitence ou par humilité, voudront baiser les pieds de leurs frères, pendant le Magnificat, en demanderont d'avance la permission au Père maître > et quand on commencera ce cantique, ils se prosterneront devant chacun pour faire cet acte de vertu. Ils l'accompliront dans un esprit de componction , de pénitence, de contrition, de mortification; et tandis qu'ils s'abaissent extérieurement en présence des serviteurs de Jésus-Christ, ils s'anéantiront encore davantage intérieurement devant Dieu même, à l'exemple de Marie quand elle disait: Quia respexit humilitalem ancillse suse. Ils penseront que leurs péchés méritent, non seulement qu'ils tombent aux pieds des religieux, mais aussi au plus profond des enfers avec les démons; tandis que leurs frères méritent peut-être déjà d'être dans le paradis avec les anges, à cause de leur innocence et de leurs vertus. Ceux au contraire à qui on baise les pieds penseront intérieurement que les novices qui s'abaissent devant eux possèdent, plus qu'eux sans doute, bien des vertus, et surtout celle de l'humilité, qui est le fondement de toutes les autres, tandis qu'eux-mêmes sont encore pleins de vices et surtout d'orgueil.

Les novices simples iront ensuite dans leur cellule, où ils feront une lecture dans V Année dominicaine, ou dans toute autre vie de saints, donnée à chacun par le Père maître. Les étudiants, à l'heure indiquée dans le règlement spécial des études, iront à la classe du soir après s'y être préparés avec soin. Ensuite, à l'heure indiquée par l'horaire du noviciat, ils auront un quart d'heure de temp^ libre, pendant lequel ils iront prendre l'air ensemble au jardin ou sous le cloître, mais en observant un rigoureux silence. Dans le reste

de la soirée, les novices simples réciteront à l'oratoire les matines de la très sainte Vierge. Après cet office, aura lieu l'instruction du Père maître; ou, à son défaut, la lecture spirituelle, pendant une demi -heure. On dira ensuite en commun la troisième partie du rosaire, si c'est la coutume. Puis chacun fera dans la cellule un examen de conscience d'environ dix minutes, après quoi il pourra disposer du temps libre jusqu'à la méditation de la communauté. Dès que cette méditation sonnera, les novices se rendront au chœur en se préparant déjà; et, si la saison l'exige, les frères chargés de ce soin éclaireront les autres dans les escaliers et les cloîtres.

Après la demi-heure de méditation, ils iront au réfectoire avec beaucoup de modestie en disant le De profundis, lorsque la distance le permet. Quand on ne jeûne pas, ils se conformeront, en entrant au réfectoire, à ce qui a été dit pour le dîner. Si c'est jour déjeune, ils iront directement au réfectoire pour faire la collation. Ils auront soin d'offrir à Dieu cette action en esprit de pénitence, pour la rémission de leurs péchés et de ceux de leur prochain, se remettront de temps en temps en la présence du divin Maître, et écouteront la lecture de table avec beaucoup d'attention, comme on le dira dans le deuxième chapitre.

Après être sortis du réfectoire, ils passeront ensemble le temps qui restera avant les complies, et en profiteront pour régler ce qui regarde les matines ou les choses du lendemain ; car ils ne doivent avoir jamais à parler pendant le silence profond.

Ils chanteront Compiles avec beaucoup d'attention et de ferveur. Les premiers religieux de l'Ordre avaient une dévotion particulière pour cet office ; ils l'attendaient dans une pieuse impatience et s'y préparaient avec zèle, comme saint Antonin le rapporte. Tous ceux qui n'ont pas d'empêchement sont tenus d'intervenir à cette solennelle et dernière prière de la journée. On sait qu'il y a des indulgences pour ceux qui assistent au S>al'oe Regina. Pendant le chant de cette antienne, les novices renouvelleront l'attention de leur esprit, et ils exciteront dans leur cœur une dévotion affectueuse et filiale envers notre très bonne, très chère et très aimable mère, la

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