DEUXIÈME PARUE
§ m. — Ohapitre et Pénitences.
■ > Aux différents jours de la semaine, marqués dans le règlement, les novices vont à la salle où le Père maître tient le chapitre. Après que celui-ci leur a adressé, s'il le juge bon, quelques paroles d'exhortation, il leur fait dire la coulpe. Si les novices simples assistent avec les profès , ils se retirent avant que ces derniers s'accusent et soient proclamés.
Les novices doivent assister au chapitre avec une grande modestie, et écouter avec beaucoup de respect les instructions ou les corrections qu'on leur fait. Le démon fut un jour contraint d'avouer à saint Dominique que le chapitre était l'endroit du couvent pour lequel il avait le plus d'horreur, parce que c'était là que les religieux confessaient les fautes commises partout ailleurs, en faisaient pénitence, et lui reprenaient tout ce qu'il avait gagné sur eux dans le reste. du monastère. Lorsqu'on s'accuco, on doit le faire avec des sentiments d'humilité et de contrition; il faut aussi être exact et empressé à accomplir les pénitences qu'on nous y impose. Quand le Père maître adressera des observations générales sur quelque défaut, on se gardera d'appliquer intérieurement la réprimande aux autres; on la prendra plutôt pour soi-même; lorsqu'il réprimandera quelqu'un en particulier, on pensera que c'est pour l'éprouver qu'il le punit ou qu'il exagère ses défauts. L'esprit de charité porte à avoir toujours bonne estime de ses frères, lors même qu'ils tombent dans quelques fautes et qu'ils en reçoivent la correction.
Si on avait une véritable humilité, en entrant au chapitre on souhaiterait d'y recevoir quelque confusion; on le demanderait à Dieu intérieurement et on le remercierait quand il en surviendrait en effet quelqu'une. Un silence profond doit régner durant cet exercice; personne n'a le droit d'y parler, si ce n'est pour faire l'aveu de ses fautes, et pour répondre quand on est expressément interrogé. On ne doit surtout jamais s'excuser, lorsqu'on y est accusé de quelque défaut en particulier. Après avoir dit sa coulpe, il ne reste qu'à écouter avec respect
et modestie les corrections que le supérieur fera, s'il trouve à propos d'en adresser quelques-unes; ensuite on se retirera à sa place.
Le plus grand fruit qu'on puisse remporterdu chapitre, c'est *1e se corriger des défauts dont on a été repris, et de pratiquer fidèlement les avis qu'on y a reçus pour son avancement. C'est la fin que les Pères de la vie monastique se sont proposée, lorsqu'ils ont établi cette salutaire pratique d'humilité et de pénitence. Notre Ordre en particulier en retirait de si grands avantages au commencement, que les supérieurs tenaient presque tous les jours chapitre, après matines ou après prime. De son côté le Saint-Siège, pour encourager notre zèle, a accordé l'indulgence de trois ans et de trois quarantaines à ceux qui y disent leur coulpe.
Voici la manière ordinaire dont on s'exprimait autrefois : Paier, peccavi. Silentium fregi. Maie legi, maie cantavi. Maie feci incUnaiiones et -prostrationes. Mox ut signum factum fuit, non relictis omnibus disluli me prseparare ut ad Ecclesiam ordinale et composite venirem. Ad Gloria primi Psalmi non interfui; in choro maie legendo vel cantando offendens non statim me coram omnibus humiliavi. Divino non intentus officio vagis oculis et irreligioso motu levitafem mentis ostendi. In dormitorio et cella aliquid inquietudinis feci. Lectiones statuto tempore non prsevili. Loculus sum de rébus vanis. Dissolute risi, et alios ad ridendum dictis factisque meis concitavi. Oculos fréquenter ad vanitates direxi. Ecclesise ornamenta maie iractavi. Vestes et libres non honeste deposui. Aliquid usiensilium fregi vel perdidi. Aliquid cibi et polus effudi , et absque benedictione sumpsi. Communia mandata dimisi. Aliquid cumjuramento negavi vel affirmavi. Negligens fui circa mihi commissa. Non fui vobis obediens, nec reverens cœteris Patribus ac Fratribus. In his et multis aliis, Pater, peccavi; sed, Deo dante, me emendabo.
Les frères convers faisaient leur coulpe de la même manière en disant : « Mon Révérend Père j'ai péché. J'ai rompu lo silence, j'ai mal fait les inclinations et les prostrations. Je n'ai pas assez eu soin du bien commun. J'ai parlé de choses vaines