‹ L'instruction des novices [microform]Chapitre 63 sur 361 · DEUXIÈME PARTIE ISS · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE ISS

et inutiles. Je n'ai pas eu les yeux assez baissés et j'ai regardé de calé et d'autre, en allant par la ville et par le couvent. J'ai été immodeste dans ma conversation. J'ai circulé dans le couvent sans nécessité. J'ai mal servi à l'autel et au réfectoire. J'ai été négligent à me lever le matin pour assister à l'office et à l'oraison commune. J'ai été négligent à faire ce qu'on m'a commandé. Je n'ai pas parlé avec assez de respect aux Pères et aux Frères. J'ai été lent au travail. Je ne vous ai pas été assez obéissant. J'ai péché, mon Père, en tout ceci et en plusieurs autres choses; mais je m'en corrigerai avec l'aide de Dieu. » Ce formulaire n'a rien que de facultatif; on suivra, dans chaque noviciat, la tradition établie. Il y a beaucoup d'autres fautes dans lesquelles on peut tomber, et dont il faut s'accuser. Un bon examen est indispensable pour s'acquitter intégralement de ce devoir.

Outre les pénitences de chapitre, les novices en feront quelques-unes chaque semaine, aux jours marqués par le règlement et au moment désigné. Ils les accompliront pour l'expiation de leurs péchés, pour la conversion des pécheurs et pour le soulagement des âmes du purgatoire. Ces mortifications servent beaucoup à entretenir la ferveur et la dévotion. Tandis qu'on se porte à faire quelque chose au-dessus de son obligation, on se garde plus aisément de manquer à ce qui est de son devoir. Dire que ces pratiques sont surannées et bonnes pour un autre âge, c'est prétendre que maintenant la nature est moins déchue, moins impressionnable aux influences du mal qu'autrefois ; qu'on est devenu aujourd'hui plus spirituel et plus maître de ses sens ; or l'expérience montre que c'est le contraire qui est arrivé. Prétendre que ces austérités sont réservées aux personnes qui marchent dans une voie extraordinaire, ce serait vouloir qu'un père ne corrigeât son enfant que quand celui-ci serait arrivé à une haute vertu. On ne doit pas les omettre non plus par crainte que l'indiscrétion ou la vanité ne s'y mêlent, pourvu qu'on ne les fasse qu'avec la permission du Père maître; car celui-ci n'en accordera à chacun qu'autant que son état le demandera et que ses forces le permettront, cherchant à alfl.j^er

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la nature corrompue sans compromettre, ni pour le présent ni pour l'avenir, les forces nécessaires dans le ministère apostolique et dans la pratique des observances régulières. Cellesci, en effet, sont notre première et plus excellente pénitence, propre à mortifier à la fois et le corps et l'esprit.

§ IV. — Mystères du Rosaire.

Les novices pourront prendre, chaque jour de la semaine, un mystère du Rosaire, pour s'en occuper intérieurement, ' pendant la journée, et pour se mettre de temps en temps en la présence de Dieu. Ils auront donc de quoi entretenir leur âme pendant quinze jours de suite ; et cette variété, en soulageant leur esprit, augmentera leur dévotion. Ils se rappelleront souvent pendant le jour leur mystère, comme un tableau suspendu devant eux, surtout en entendant sonner l'horloge, en entrant dans la cellule, en allant par le couvent ou par la ville , en prenant leur nourriture au réfectoire , et môme en assistant à l'office, afin de se tenir plus aisément en la présence de Dieu. Tout en contemplant ce tableau intérieur ils penseront à Notre -Seigneur et à la très sainte Vierge, étudieront les vertus que Jésus et Marie y ont pratiquées, et demanderont ces mêmes vertus à Dieu , par les mérites de Notre- Seigneur et par l'intercession de sa sainte Mère, surtout l'humilité, la pureté, la charité, la pauvreté, l'obéissance, la ferveur, la mortification des sens et encore plus celle de leur volonté, de leur propre jugement et de toutes leurs passions. Imiter les perfections de Notre- Seigneur, aller à Jésus par Marie, et à Marie par son rosaire, c'est la solide spiritualité. Ils diront aussi, chaque semaine, au moins un rosaire entier, et même davantage, selon l'avis de leur Père maître. L'affection qu'on a pour une pratique pieuse et l'esprit d'ordre qu'on apporte en tout, multiplient les instants, donnent de l'industrie, du goût, de la paix, de la persévérance pour demeurer fidèle à cette pratique, achever heureusement celte prière de prédilection, sans aucun détriment pour les devoirs d'obligation.

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