SG
im
les campagnes.
Population
Enfants en &ge d'école
— fréquentant les écoles fixes.
OU
— — les écoles am-
butantes . .
— instruits en dehors des
écoles publiques
— ne recevant pas d'iustruc-
tion
OU
Districts d'école
Écoles fixes
— ambulantes
Instituteurs
— diplômés
Total des semaines d'enseignement.
Dépenses pour 1 enseignement pri-
maire fr.
Traitement des iustituteursen argent
et en nature fr.
Moyenne par instituteur fr.
La population totale de la Norwége en 1866 s’élevait à 1,901,776. Dans' les soixante localités reconnues comme villes on trouvait 267,029 habitants et 43,149 enfants en âge d'école do 7 à 15 ans ou 16 p 100 de la population. 10,237 étaient dispensés de suivre l’école primaire et seulement 769 ne fréquentaient aucune école sans motif valable. Les éco'es privées étaient suivies par 3,118 enfants. Le nombre des mdtres était de 347, celui des institutrices de 123. Le traitement total du personnel enseignant s’élevait à 499,662 ou en moyenne à 1,063 francs1.
Les frais d’éducation pour chaque enfant tenu de fréquenter l’école, s’étaient élevés de 0,3 à 1,6 species par an, soit do 1 fr. 80 c. à 9 fr. 60 c.
Conformément aux prescriptions de la loi sur l’enseignement,
1. Pour apprécier les sacrifices pécuniaires faits par les communes, il faut se rappeler qu’en Norwége l’argent a beaucoup de valeur et qu’on y vit bien à très-peu de frais.
l’obligation de fréquenter l'école a été introduite partout; ce devoir commence pour l'enfant à 7 ans révolus et dure jusqu’à ce qu’il commence à se préparer pour sa communion. — La partie de l’enseignement qui est obligatoire est tout à fait gratuite, mais on peut exiger une rétribution de ceux qui veulent suivre les cours libres plus avancés.
La même loi fixe le minimum du temps employé à l’éducation à douze. et en certains cas à neuf semaines par an, mais la statistique officielle prouve qu’en 1863 l’enseignement a duré en moyenne 14,6 semaines dans chaque école. D’autre part, environ 20 p. 100 de tous les enfants n’ont pas reçu l'instruction pendant le nombre de semaines prescrit par la loi.
A peu près 17 enfants sur cent n’ont pas reçu l’instruction dans toutes les branches pour lesquelles un minimum a été fixé ; orr a allégué comme motif que les plus jeunes d’entre eux ne savaient pas suivre. D’un autre côté, environ 18 p. 100 ont suivi des leçons non obligatoires.
930 enfants seulement ont appris la gymnastique et l’exercice en 1863; mais, depuis lors, cette partie de l’éducation a pris un développement considérable.
Il existe dans chacun des cinq anciens diocèses du royaume une grande école normale ( skollararseminarium ) contenant ensemble un peu plus de 300 élèves, et l’ou en a ouvert une sixième en 1867 dans le diocèse de Hamar. Les branches d'étude sont : les connaissances religieuses (l’histoire biblique et l'histoire ecclésiastique, la science du culte, ainsi que l'étude de la Bible), des exercices calligraphiques, le calcul, la géométrie, l’bistoire, la géographie, l’histoire naturelle, dnsexercices d'esprit, le catéchisme et la pédagogie, léchant, l’orgue, la gymnastique et l’exercice, ainsi que l’enseignement pratique dans une école primaire attenante. Les cours durent deux ans. Les frais de ces écoles normales s’élèvent actuellement à un peu plus de 120,000 francs par an. Les directeurs d'école touchent 4,200 francs et après 3 ans d’exercice 4,800 francs, outre le logement.
Il existe, en outre, des écoles normales ( larareskolor\ pLus petites, dont les plus anciennes forment des établissements indépendants; les nouvelles, au contraire, sont toujours attachées à quelque école populaire fixe. La durée de l’enseignement n’est que d’un an à dix-huit mois. Aussi, les branches d’étude y sont moins nombreuses.
Les écoles normales n’étaient destinées qu’à former les instituteurs; toutefois, on vient d’ouvrir à Christiania, avec le produit d’une souscription particulière, une école normale pour les jeunes filles.
JiOBWÉGE.
Le minimum des appointements que la loi alloue à l’instituteur s'élève actuellement de 4/2 à 4 species pour chaque semaine où l’instruction est donnée, et l’indemnité pour son entretien est fixée à 4/2 jusqu’à 4 2/5 species.
La gratification dàge (dlderstilldggel) accordée à l’instituteur par la loi de 4 860, se payait déjà en 4 863 à un peu plus de la moitié des professeurs qui y avaient droit, ou à 28 p. 4 00 sur la totalité des instituteurs. Cette [gratification s’élevait en moyenne à 40 species pour 7 années et à 20 species pour 45 années de services. IL y avait, la même année, 728 instituteurs qui étaient en même temps sacristains, et ils louchaient en celte qualité tous ensemble une somme de 33,000 species.
Tous les frais pour l'organisation des écoles primaires, ainsi que pour leur entretien étaient à la charge de la commune jusqu’en 4861. Quelques-unes de ces écoles recevaient des subsides de l'État, soit pour insuffisance de ressources, soit pour organiser leur enseignement sur un meilleur pied que la loi ne l’ordonne. Ceci a été changé par la loi de 4 861. Chaque bailliage (ami) devra désormais former une commune d’école ( skolkommun ), à laquelle la loi reconnaît le droit de recevoir, sous certaines conditions, des subsides proportionnés aux quotes-parts payées par chaque individu de la population du bailliage. Les fonds d’école du bailliage recevaient en 4867 :
Des bailliage* rntmes 13,500 species.
De l’Etat 27,000 —
Total 40,500 species.
Ou 243,000 francs.
L’Éiat n’a pas accordé ces subsides dans le but de venir en aide aux communes scolaires peu aisées, mais afin d’aider celles qui s’engageaient à pousser leur enseignement à un plus haut degré de développement, à fournir des locaux convenables et à augmenter les appointements des instituteurs.
Les statistiques de 4863, comparées à celles de 4864, prouvent que ces modifications ont déterminé immédiatement des progrès marqués. — Le nombre des enfants qui reçoivent leur éducation dans les écoles fixes, s’est élevé en deux années de temps, de 48 à 70 p. 400, et celui des instituteurs diplômés, de 38 à 49 p. 400.
Le nombre des conscrits, sachant lire et écrire n'est pas connu, parcoqu’ils ne sont soumis à aucune épreuve de ce genre. Le motif en est qu’il faut savoir lire et écrire pour être admis à la communion. Comme ceci est une condition indispensable, il est probable que
:m L’INSTRUCTION DU P KU P LE.
tout le monde possède au moins ces connaissances élémentaires.
En résumé, la Norwége comptait un élève par 7 habitants, une école par 261 habitants et 39 élèves par école.
La dépense ordinaire s’élève, y compris les écoles normales, à environ I fr. 50 par habitant, ce qui paraît très-peu, eu égard aux résultats obtenus; mais il faut tenir compte de ce fait que la moitié des instituteurs sont nourris chez les familles où ils logent quand ils vont en tournée et qu’ils ont presque tous assez de terre pour nourrir une ou deux vaches. On ne peut donc pas comparer, sous ce rapport, la Norwége avec les autres pays de l’Europe *.
En voyant un peuple qui accepte avec empressement une loi trèsrigoureuse, votée par les représentants des classes rurales, on ne peut qu’admirer la Norwége et lui porter envie, surtout quand on songe aux difficultés énormes qui résultent de l’immensité de son territoire, couvert de hautes montagnes, enseveli sous la neige pendant un long hiver et habité par une population si disper.-ée.
SUISSE
La Suisse, grâce à l’en-eignement obligatoire et aux sacrifices qu’elle fait pour l’enseignement, est avec l’Amérique du Nord l’un des pays où l'instruction donne les résultats moraux, politiques et commerciaux les plus frappants. C'est grâce à la diffusion générale des lumières que ce pays [veut supporter le régime le plus démocratique et concilier la pratique de toutes les libertés avec l’exercice du suffrage uniiersel, conciliation qu'ailleurs on déclare impossible. La Suisse n’a ni flotte, ni ports; tous les produits exotiques dont elle a besoin doivent supporter d’enormes frais de transport; il lui manque le fer et la houille, ces éléments in Impensables de l’industrie moderne, et cependant le chiffre de son commerce extérieur relativement à sa population est plus élevé que celui de tout autre pays, même que celui de l'Angleterre. Comment l’em porte-t-elle dans la lutte économique malgré tant de désavantages? Par l’habileté de ses ouvriers, par l’intelligence de ses industriels et de ses commerçants, c'est-à-dire par la supériorité des lumières.
En Suisse, l’instruction est obligatoire partout, sauf dans les trois petits cantons primitifs habités par des pâtres, et dans le canton de
1. Le budget du pays porte en dépense pour 1865 environ 30 millions de francs. L’instruction primaire coûtant à peu près 2,500,000 fr., revient au douzième de la dépense totale.
SUISSE
Genève, et la nouvelle constitution fédérale, soumise en ce moment (1872) au vote du peuple, la déclare obligatoire dans tout le pays. Sous peine d'amende et de prison, les parents sont obligés d’envoyer leurs enfants à l'école ou de leur donner l'instruction chez eux. Dans ce cas ils n’en doivent pas moins la rétribution scolaire comme au Canada. L’âge où l'enfant est tenu de fréquenter l’école s’étend de six à douze ans dans le canton de Bâle, de six à quinze dans la plupart des autres cantons. Dans les cantons industriels il est défendu d'employer dans les fabriques des enfants qui n’ont pas reçu l’instruction prescrite. Sur 9,364 enfants employés dans les fabriques, il ne s’en trouve que 385 ayant moins de douze ans. Le canton et la commune s'entendent pour entretenir l’école primaire Quand la commune est trop pauvre, elle obtient un subside, surtout quand il s’agit d’une dépense extraordinaire de construction ou d’agrandissement. Tous les cantons affectent à cet objet des sommes importantes, qui s’élèvent en moyenne à I franc par tête. Il faut bien remarquer que ce franc par tête ne représente que la part d’intervention de l’État, qui n’est qu’accessoire, les communes étant chargées de la dépense principale 4.
Les rapports de l’Église et do l’école sont differents dans chaque canton. Dans plusieurs d’entre eux on tend à enlever tout caractère confessionnel à l’école publique.
Dans le canton d’Apponzel (Rh -Ext.), la Constitution stipule que la religion évangélique réformée est celle du pays. Il est expressément recommandé aux protestants d’assister régulièrement au service divin, de s’approcher de la sainte Cène et de célébrer dignement les dimanches et fêtes. Ces jours-là cesseront tous travaux qui pourraient empêcher l’édilication et dérangpr le service religieux.
t Par l’instruction publique les enfants seront rendus de bons chrétiens et des citoyens utiles à la patrie. »
Dans la constitution de Saint-Gall, il est dit :
* Les autorités ecclésiastiques de ch ique confession pourvoiront à l’enseignement de la religion. »
« Le Conseil d’État aura sou3 ses ordres un Conseil d’éducation
1. Voyez le tableau publié en 1869 p. 101 dans l’excellent recueil, le Journal de Statistique suisse, qui parait à Berne sous la direction de M. Max Wirth. On trouve aussi des données intéressantes dans un Rapport sur l'état actuel de l'enseignement en Belgique, en Allemagne et en Suisse, par M. Baudouin, inspecteur-général de l’instruction prim dre en France, dans un rapport de M. Matthew Arnold publié sous forme de Blue Book par ordre du parlement anglais et dans l'An/iual Report 18>7-1 809 publié à Washington par M. Barnard.
composé de six membres catholiques et de cinq de confession évangélique. »
« Les personnes chargées d'enseigner la religion seront nommées par les autorités ecclésiastiques de chaque religion. »
D’après la constitution de Thurgovie, « il existe un conseil ecclésiastique catholique et un conseil ecclésiastique réformé ayant chacun pour le culte qu'ils représentent, le soin de la surveillance et de l’enseignement religieux donné à la jeunesse. »
Celle de Berne porte que « la faculté d’enseigner est déclarée libre sous réserve des dispositions législatives », « qu’il est interdit à toute corporation religieuse étrangère au canton de s’y établir et qu’aucun individu appartenant à ces sociétés ne peut se livrer à l’euseignement sans l'autorisation du Grand Conseil. » Celles de Bàle-Campagne et de Genève renferment des dispositions semblables.
Dans le canton de Zurich, il doit, d’après la Constitution « être proposé un projet de loi statuant que tout enseignement dogmatique religieux ou de morale religieuse serait exclus des écoles primaires ou moyennes. Le maître devrait se borner à des exhortations puisées dans le domaine de la vie intellectuelle et morale du peuple. Quanta la religion, le soin de l’enseigner serait abandonné aux efforts de l’action privée des citoyens. »
Enfin, la Constitution de Neufchâtel déclare « l’enseignement religieux distinct des autres parties do l’instruction » et celle de Yaud dit que « l’enseignement doit être conforme aux principes du christianisme et à ceux de la démocratie. »
L’instruction primaire en Suisse comprend les connaissances élémentaires qu’on enseigne dans les autres pays; mais ce qui la distingue, c’est le soin qu’elle met à développer chez l'enfant les forces du corps en même temps que celles de l'esprit. Elle ne se contente pas d'exercer la mémoire, elle fait appel à la raison, et surtout elle donne aux élèves un grand nombre de notions pratiques sur la culture, les petites industries de la campagne et l’économie domestique. On n’est pas d’avis ici, pas plus qu’en Allemagne, que l’instituteur, pour bien apprendre à lire et à. écrire, ne doit guère savoir autre chose lui-même. Le maître d’école est ordinairement un homme instruit, considéré dans le village, indépendant, parfaitement rétribué, surtout eu égard à la modicité de tous les traitements civils eu Suisse. On lui a très-bien enseigné les premiers éléments des sciences naturelles, la botanique, la chimie, la physique, l’économie rurale. Cet enseignement, il en a gardé une vive empreinte parce qu’il fa reçu au milieu des collections, ou en face de la nature. Cette science vivante et pratique, il la communique de même à ses élèves. Pour développer les forces du corps, on a recours à ces exercices de gym-
SUISSE
mastique dont la Grèce ancienne tirait nn si merveilleux parti. Dans beaucoup d'écoles, on apprend aussi le maniement désarmés, et dans les villes on enrégimente les enfants en des corps de cadets organisés militairement, faisant l’exercice à feu au fusil et au canon, exécutant des marches et se rendant au camp une fois dans l'année. Ainsi se perpétuent, se répandent et se perfectionnent ces habitudes martiales qui, devenues un trait du caractère national, permettent à la Suisse de se passer d’armée permanente, de compter sur ses milices, et de ne donner pour sa défense que 1 1/2 franc par tête, au lieu de 10 à 15 francs qu’on paye ailleurs.
Comme l’enseignement est un intérêt cantonal et même communal, il faut considérer chaque canton à part. Nous commencerons par ceux de Zurich et de Neufchàtel qui peuvent servir de type, l’un pour les cantons de langue allemande, l’autre pour ceux de langue française.
ZURICII.
De même que la Prusse nous offre le modèle d’une organisation scolaire monarchique où le pouvoir suprême règle et dirige, Zurich nous présente celui d’une organisation républicaine où les citoyens administrent directement par eux-mèmes les affaires de l’enseignement. ,
Le canton de Zurich qui compte 266,265 habitants, dont 255,000 sont protestants, est une démocratie représentative. Tout citoyen majeur est électeur. La législature cantonale est formée de 212 membres élus pour dix ans, lesquels choisissent tes 25 membres du conseil supérieur, dont le président est aussi le chef de l’État.
La législation scolaire du caillou est due aux travaux de plusieurs hommes éminents, surtout à ceux de M.T. Soherr, du Wurtemberg, et au professeur Orelli, qui préparèrent la loi de 1632, et à MM. Escher et Dubs qui élaborèrent la lui de décembre 1659 qui est actuellement en vigueur.
Le canton se divise en cercles (bezirke), subdivisés en arrondissement ( zuenfle ), lesquels comprennent les communes (gemeinde).
La division pour l’enseignement est :
1" La commune scolaire;
2* La paroisse scolaire ;
3° Le district ou cercle ;
4° Le canton.
Autorités scolaires. — L’Étal surveille renseignement à tous ses degrés, par l'intermédiaire du conseil supérieur de l’instruction
publique; le conseil est composé de 6 membres, sous la direction du directeur de l'instruction qui fait partie du conseil du gouvernement. De ces 6 membres, 4 sont nommés par le grand Conseil, 2 élus par le synode scolaire (Schulsynode) .
Chaque année le conseil siège avec les délégués des 11 cercles scolaires pour discuter tout ce qui concerne l’enseignement.
Dans chaque cercle se trouve une commission scolaire, de 9 à 13 membres, dont 3 sont éius par les instituteurs du cercle, les autres par les citoyens. Cette commission inspecte les écoles et envoie tous les ans un rapport au conseil supérieur.
Dans chaque section scolaire los citoyens nomment un comité composé de 5 personnes qui administrent les affaires de l’école. Un administrateur spécial gère la caisse. Les décisions du comité local doivent être confirmées par la commission du cercle. Les instituteurs peuvent assister aux séances avec voix consultative.
La commune scolaire ( Schulyenosscnschaft ) élit directement l’instituteur parmi les candidats qui ont au moins deux ans d’exercice.
Les instituteurs et les professeurs d’un cercle de l’enseignement moyen forment le chapitre. Ce chapitre se réunit quatre fois par an et tous sont tenus d’y assister. Ou y discute toutes les questions qui intéressent l’enseignement. Un rapport des travaux est présenté à la commission centrale. Les présidents de chapitre se réunissent une fois l’an pour présenter leurs vœux et avis au conseil supérieur. Chaque chapitre a sa bibliothèque1.
Le synode comprend tous les membres des divers chapitres, c’e=tà-dire tout le corps enseignant. Il se réunit une fois l’an et choisit son bureau pour doux ans. Ces assemblées ont de l'éclat. Les séances sont publiques; on y discute les questions pédagogiques, on y lit des • rapports et des mémoires sur ce sujet; des prières, des chants, et de modestes banquets accompagnent ces diverses réunions et donnent de l’intimité et de la cordialité à l’esprit de corps que toute cette organisation développe.
L’instituteur est ainsi à la fois soutenu et contenu. Les sentiments de liberté et d'égalité se développent. La tristesse, l'envie morose le découragement sont bannis. Ces réunions sont en même temps des exercices pédagogiques et des fêles. Ils font suite aux réunions de tir, aux rassemblements de la milice. Régime vraiment républicain, à tous les degrés, l'instituteur intervient soit pour donner son avis, soit pour voter, et il a ses organes représentatifs, pour faire connaître ses idées et ses vœux.
1. Pour ce qui concerne l'instruction dans le canton de Zurich, j'ai suivi l'excellente étude de M. R. Ruegg. Zeitschrift der Schweiz. Statistik. (18091 et une étude insérée dans le Report de M. Barnard de 1868.
SUISSE
.'il 7
Chaque année le lieu de réunion du synode change L’État donne un subside pour l'impression des travaux.
L’enseignement est obligatoire pour les enfants qui ont complété leur sixième année, sous peine, pour les parents, d’une amende ou même do prison. En 1852, le total des cas d’absence a été de 343,083, dont 52,456 absences jugées punissables.
Les écoles se dix isent en élémentaires que les élèves suivent pendant trois ans et en réelles ( Realschule ) qui comprennent aussi trois ans. Les enfants doivent encore suivre ensuite pendant deux ans l’école de répétition ( Ergrimungsschule ) quatre heures par semaine et l’école de chant une heure.
Au delà de 100 élèves il faut un second maître et une seconde clas-e. Le nombre d’heures de classe est de 24 par semaine. Les matières enseignées sont : la religion et la morale, l’histoire et la géographie, l’histoire naturelle, la calligraphie, le chant, le dessin, la gymnastique, les ouvrages de femme pour les filles. Sauf à Zurich et à Winterthur, filles et garçons fréquentent les mêmes écoles. Quand l’école n’a qu’un maître, celui-ci doit diviser les élèves en six sections ou classes suivant leur degré d’avancement. 11 s'occupe successivement de chaque section en donnant de la besogne aux autres*. A douze ans, un examen décide si l’enfant peut entrer dans l'école de répétition ou s’il doit encore rester dans l’école réelle.
L’instituteur donne l’instruction religieuse dans l’école primaire, le pasteur dans l’école de répétition.
La rétribution scolaire est de 3 fr. par an pour l’école primaire, de 1 fr. 50 c. pour l’école de répétition. Les bureaux de bienfaisance payent pour les indigents. Tous les enfants en âge d’école sont tenus de payer l'écolage, même quand ils suivent une école privée. Aucun enfant ne peut être employé sans avoir suivi le cours régulier des études et subi l'examen final.
Le traitement des instituteurs se compose :
1° Des rétributions scolaires;
2° De 200 fr. payés par la commune;
3“ D’une habitation avec un quart d’hectare de terre adjoignant et du bois de chauffage, et d'un subside de l’État suffisant pour élever la rétribution en argent à 700 fr Après treize ans de service le traitement est augmenté de 100 fr. ; après dix-neuf ans, de 200 fr ; après vingt-cinq ans, de 300 fr.
Les dépenses sont à la charge des communes. Toutes ont un fonds d’école dont le total s’élève à près de 6 millions; au revenu de ces
1. Voyez pour les détails de cette méthode le livre déjà cité de M. Baudouin, p. 430.
fonds s'ajoutent les amendes, les dons de mariage (S fr. au moins), legs, dons volontaires, le produit d’une quête annuelle dans toutes les églises, le droit à payer pour s'établir dans la commune, etc. Si le produit est insuffisant, la commune vote une taxe dont les 3/4 sont levés sur les revenus, 1/8* sur tous les habitants indistinctement, et 1/8* sur les propriétaires de maison. ,
Les écoles secondaires ( Secundarschiden ) ont pour but de fortifier les élèves dans les connaissances acquises à l'école primaire, sans sortircependant des limites de l’enseignement populaire. Aux matières enseignées on ajoute l’arpentage et l’économie rurale, parfois une langue étrangère. Les cours durent trois ans. La rétribution est de 84 fr. par an. Il existe 59 écoles secondaires avec 87 maîtres et 8,313 élèves, dont 1,659 garçons et 654 filles.
Les écoles de travail (Arbeilschulen) sont suivies deux demi-jours par semaine, soit 6 heures. Elles sont destinées à apprendre aux jeunes filles les ouvrages de main. L’école normale située à Küsnacht, au bord du lac, est suivie par environ 400 élèves. Elle compte 9 professeurs, outre le directeur, et coûte 43,000 fr. par an. Pour le programme détaillé, on peut consulter l’ouvrage, déjà souvent cité de M. Baudouin, p. 435.
Küsnacht forme d’excellents instituteurs, qui élèvent l'enseignement primaire dans le canton de Zurich au moins au niveau de ce qu’il est en Saxe et dans le Wurtemberg.
Les bâtiments d’école sont généralement bien construits et bien pourvus du matériel nécessaire. Winterlhur s’est surtout distinguée sous ce rapport; c’est une petite ville de 5,000 habitants. Elle a construit trois palais d’instruction, dont le moindre a coûté 800,000 fr. Outre ses écoles primaires, elle entretient un gymnasium, une école industrielle, une école moyenne et un institut supérieur pour fdles.
Zurich montre avec orgueil son université et son école polytechnique. Les seuls palais qui existent en Suisse sont consacrés à l’enseignement.
Les dépenses totales do l’enseignement primaire s’élèvent à environ un million et demi de francs, soit plus de 5 francs par tète. Le canton y intervient pour un demi-million, les communes pour un million '.
La nouvelle constitution adoptée au printemps de 1869 amènera d'importants changements; car un article dit : t L’enseignement du peuple qui est obligatoire sera aussi gratuit. L'État en supportera les charges avec la participation des communes. »
Un autre article porte : « Les communes surveillent la marcho de
1, Voyez le Zeitschrift fur Schweix. Statist. 1865 p. 178.
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SUISSE
l’enseignement et les instituteurs par l’intermédiaire d’un comité local. En outre, dans chaque cercle il y aura une commission scolaire. La loi organisera le conseil supérieur de l'enseignement et ses fonctions, ainsi que le synode scolaire. Le but que la constitution poursuit est de développer encore davantage tout l’enseignement populaire. »
On discute en ce moment (1 872) la nouvelle loi scolaire que la révision de la Constitution a rendue nécessaire.
Le projet du gouvernement, innovant très-radicalement en cette matière , proposait de passer complètement sous silence l’enseignement religieux et de le remplacer par des directions et des indications tirées de la vie spirituelle et morale. ( Anregungen und Belehrungen aus dem geistigen und silllichen Leben) . Le rapporteur du Conseil d’État, le conseiller Sieber, chef du département de l’instruction publique, alléguait à l’appui de ce système que, de nos jours, les opinions religieuses sont entrées dans le domaine individuel et que l’État n’a pas intérêt à propager d’autres idées religieuses que celles qui se confondent avec les principes moraux nécessaires à la conservation de la société.
Mais le grand conseil a adopté l’article suivant :
« Des instructions seront données, dans les neuf années formant renseignement primaire, sur le terrain de la vie morale et religieuse, mais avec exclusion expresse de tout élément dogmatique et confessionnel, conformément à un programme qui devra être dressé par le Conseil d’éducation. »
Il s'agissait ensuite de décider si cet enseignement religieux, non dogmatique, serait donné par les maîtres ou par les pasteurs. Il a été décidé, sur la proposition du pasteur Scheller que cet enseignement serait donné par le maître ordinaire dans les six classes inférieures, par le pasteur dans les trois classes supérieures de l’école primaire.
Le projet établit que l’enseignement primaire obligatoire comprend 9 années (. lahrclassen ) ; il prescrit pour la première classe (c’est-àdiro pour les petits enfants) de 3 à 4 heures par jour, pour la seconde et la troisième de 4 à 5 heures, pour la quatrième, la cinquième et la sixième de 4 à 6 heures, pour la septième, la huitième et la neuvième, 2 4/3 heures dans la matinée.