‹ L'Instruction du peupleChapitre 163 sur 186 · Mon cher ministre Silicco · texte numérisé non relu

Mon cher ministre Silicco

» L'instruction publique dans l'empire a un besoin urgent d’une com-

AMÉRIQUE. 465

l'enseignement obligatoire et gratuit et de confier au prêtre seul l’instruction religieuse.

plète organisation. Quand je vous ai placé à la tête de sa direction, j'étais bien convaincu de votre aptitude et de votre zèle; mais avant de voua mettre à l’œuvre, je veux vous indiquer les principes sur lesquels vous devez baser vos propositions.

b J 'ai la ferme volonté de mettre l’instruction publique, dans l’empire mexicain, profitant en cela de l’expérience acquise par les peuples les plus avancés, sur un pied qui nous place au rang des premières nations

b Comme principal guide de vos propositons, vous devez avoir présent à l’esprit que l’instruction doit être accessible à tous, publique et (au moins en ce qui concerne l’instruction primaire) gratuite et obligatoire. L’instruction secondaire doit être organisée de manière à offrir, d’une part, à la classe moyenne des citoyens l’éducation générale convenable, d’aure part, à servir de base nécessaire aux études supérieures et spéciales.

b L’étude des langues classiques et vivantes, ainsi que dos sciences naturelles, devra être considérée comme une de ses branches les plus essentielles. Les langues, qui sont la base de toute l’éducation humanitaire, constituent en même temps un exercice inappréciable. L’étude des langues vivantes est de plus aujourd’hui, absolument indispensable à un peuple qui veut prendre sa part des événements du monde et entretenir des relations actives avec les autres peuples, particulièrement si l’on tient compte de la situation géographique exceptionnelle du pays.

b Enfin, la culture des sciences naturelles est le signe caractéristique, d’une époque qui s'applique à la réalité, car elle nous apprend à voir les choses qui nous entourent sous leur véritable aspect et à employer toutes les forces de l’univers au service de la volonté humaine. En outre je veux que l'attention se porte avec soin sur l’éducation physique et sur l’harmonie de son développement.

b Quant aux études supérieures et professionnelles, je pense que des écoles spéciales sont nécessaires à leur développement avantageux. Ce qu'au moyen âge on appelait université est arrivé à être aujourd’hui une parole vide de sens. ’ r

b Eu établissant ces écoles spéciales, vous devrez veiller à ce que, dans la diversité des études professionnelles, se trouvent représentées toutes les branches des sciences théoriques et pratiques et les arts.

b Je tiens à ce que votre attention se porte sur l’étude d’une science bien peu connue dans notre patrie, c'est-à-dire sur la philosophie, parce qu’elle exerce l’intelligence, apprend à l’homme à se connaître lui-même et à reconnaître, dans l’ordre moral de la société, une conséquence émanée de l’étude de soi-même.

b A 1 égard de 1 instruction religieuse, je veux aussi vous indiquer quelles sont mes idées. La religion est l’affaire de la conscience de chacun, et moins l’Etat se mêle aux questions religieuses, plus il reste fidèle à sa mission. Nous avons donné la liberté à l’Église et aux consciences ; je veux assurer à la première le complet usage de. ses droits légitimes et, en même temps,

11 existe actuellement dans les villes et dans les bourgs quelques écoles publiques et privées où les jeunes enfants sont reçus gratuitement. Ces écoles publiques sont entretenues par les conseils communaux (Ayunlamientos) , les conseils provinciaux et deux sociétés philanthropiques, la Compania Lancastriana et la Sociedad di Beneficencia; grâce aux efforts de ces associations, on est parvenu à ouvrir une école gratuite dans chacune des paroisses de Mexico, de sorte que dans la capitale le nombro des illettrés a diminué.

On ostime que le nombre des écoles privées est do 1,000 environ avec 180,000 élèves, chiffres que M. Wappaus considère comme très-exagérée. La statistiques des écoles publiques manque.

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