‹ L'Instruction du peupleChapitre 91 sur 186 · ECOLES LAÏQUES · texte numérisé non relu

ECOLES LAÏQUES

Publiques

Privées.

Instituteurs. . .

Inst, adjoints. .

Institutrices . .

Inst, adjointes

Total. . ,

FRANCE

Instituteurs. ,

Inst. ad;oints .

Institutrices .

Inst, adjointes

Total 25,520 21,305

Personnel laïque 61,305

— congréganiste 46,825

Total 108,120

Les salles d’asiles sont dirigées par :

Laïques 2,203

Congréganistes 3,043

Total 5,240

ÉCOLES CONOHÉO AJUSTES

Publiques.

Privées.

Il n’est aucun pays où les congrégations occupent autant de place dans l’enseignement.

D’après le dernier recensement, sur une population de 37,382,223 habitants, on compte 4,018,427 enfants de 7 à 13 ans; ce qui fuit 10,7 pour 100.

Les enfants de 7 à 13 ans fréquentant les écoles étant au nombre t de 3,143,540, il en resterait 874,887 qui n’auraient fréquenté aucune • école. Il faudrait retrancher de ce nombre ceux qui reçoivent l’enseignement ù domicile et dans les écoles secondaires, soit environ 180,000 : resterait donc 692,678.

Mais la régularité de la fréquentation laisse tant à désirer, qu’il ne faut pas s’étonner si les résultats obtenus ne sont pas plus satisfaisants. Sur les 2,399,293 élèves des écoles publiques de garçons et mixtes, n’y vont que

De 1 à 6 mois ...... 34,6 pour 100.

De 6 à 9 mois 19,1 —

L'année entière 46,3 —

Le nombre des élèves fréquentant l’école primaire par 100 habitants s’élève à 19 dans le Doubs; à 17 dans les Hautes-Alpes, la Haute-Saône, la Haute-Marne, le Jura; à 16 dans les Vosges, le Haut- Rhin, le Bas-Rhin, la Lozère; mais il tombe à 6 dans le Morbihan, la Haute-Vienne, le Finistère; à 7 dans la Dordogne, la Corrèze, l’Indre, les Côtes du Nord.

D’après le nombre des époux qui ont signé leur acte de mariage,

les départements les plus favorisés sont le Bas-Rhin, 98,5; les Vosges, 97,9; la Meuse, 97,8; le Doubs, 97,4; les moins favorisés, la Haute- Vienne, 29,7 ; le Cher, 34,7 ; la Dordogne, 2,22. Pour l'instruction des femmes la proportion est à peu près la môme.

Le nombre des conscrits illettrés, après avoir été de 47,69 pour 100 en 1833, est tombé en 1863 à 28,21 ; mais la différence entre les divers départements est grande sous ce rapport. Dans 23 départements le nombre des conscrits illettrés est de la moité aux trois quarts; dans 18 du quart au tiers; dans 33 du quart au dixième; dans 12 seulement il est inférieur au vingtième. D’après M. Rendu résumant les données officielles, la moitié des femmes ne sont pas en état de signer leurs noms.

Le personnel de l’inspection de l'enseignement primaire se compose de 4 inspecteurs généraux, 1 7 recteurs, 89 inspecteurs d’académie et 299 inspecteurs ordinaires, ayant chacun environ 300 écoles dans sa circonscription.

Pour former le personnel enseignant, il existe 172 établissements.

savoir :

Pour les instituteurs : Écoles normales 76

Cours normaux ....... 7

Écoles stagiaires 24

Total 107

Pour les institutrices : Écoles normales 11

Cours normaux . 53

Pour les directrices des salles d’asile 1

Total. ..... 05

La dépense totale pour tous ces établissements ne s’est élevée en 1863 qu’à 2,901,054 francs dont 372,605 seulement à charge de l’État. Le nombre des normalistes était de

Élèves-maîtres 3,359

Élèves-maîtresses .... 1,201

Total 4.560

Le nombre moyen annuel des élèves sortant des écoles normales d'instituteurs est de 1 ,060 et les places vacantes de 1 ,451 ; il manque donc 400 normalistes annuellement.

11 n’y a que 2 pour 100 des instituteurs congréganistes qui ont le brevetée capacité. Sur les 15,566 institutrices congréganistes, 802 seulement ont un brevet ou certificat. D'après la loi actuelle la lettre d’obédience en tient lieu. Dans le projet de loi soumis à l’Assemblée

FRANCE

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nationale, M. Jules Simon propose de mettre fie à ce privilège peu justifiable.

Quand on considère la situation des écoles dans la capitale de la France, on est atterré du peu qui a été fait pour répandre l’instruction dans une ville si opulente et où de si énormes dépenses se font pour le luxe, pour l’ostentation et les plaisirs. Une note adressée récemment (1871) à M. le préfet de la Seine, par M. Gréard, directeur général de l’enseignemeut primaire du département, contient à ce sujet les données les plus intéressantes. Avant les événements do 1 861 , la population de la ville de Paris s’élevait à 1 ,799,980 habitants, dont le septième, soit 257,140 devait constituer en moyenne le nombre des enfants en âge d’école de 6 à 14 ans. Pour recevoir ces enfants, il n’existait que 247 écoles primaires pouvant rece\oir 71,790 élèves. Les écoles congréganistes pouvaient en contenir 37,411, les écoles laïques seulement 3ù,379. Il restait donc 185,350 enfants pour lesquels il n’y avait point de place dans les écoles publiques. De ce nombre, il faut déduire 87,500 élèves de l’enseignement primaire libre et 15,000 enfants fréquentant des ecoles secondaires. 82,850 enfants de 6 à 14 ans se trouvaient donc dans l’impossibilité de s’instruire, faute de place. M. Gréard n’en compte que 67,500, parce qu’il retranche encore les 17,222 enfants qui fréquentent les salles d’asile; mais comme une partie de ceux-ci n’ont pas 6 ans, ils appartiennent h une catégorie qui n’est pas entrée dans le calcul ci-dessus, basé sur le nombre d’enfants de 6 à 14 ans. Admettons même le chiffre de 67,500; n’est-ce pas un fait affligeant, pour lequel il n’y a pas d'excuses?

La dépense totale à la charge de la ville de Paris s’est élevée, en 1868, à 6,283,681, soit 3 fr. 50 par tète environ. Plusieurs États c'al’Union américaine dépensent de 14 à 15 fr. pour l’instruction popupulaire, soit quatre fois plus.

L'enseignement est entièrement gratuit; mais les intituteurs sont si mal payés, qu’ils ne restent pas dans celte ingrate carrière dès qu’il sont capables d’exercer uu autre emploi. Us touchent de 2,000 à 3,000 fr., et les institutrices de 1 ,£00 à 2,500. De bonnes institutrices diplômées se présentent en grand nombre, mais le recrutement des maîtres laïques devenant impossible, on s'adressait aux Frères. La ville payait 1,586,050 fr. aux écoles laïques, et 1,595,253 fr. aux écoles congréganistes. Quand les journaux ultramontains accusent Paris d'être capable de tous les crimes, ils semblent oublier que l’enseignement congréganiste y prédomine.

En résumé, pour la France, la situation se résume ainsi :

Nombre d’élèves 1 pour 9 habitants.

Illettrés 28 pour 100.

Dépense totale par tête 1 franc 56 centimes.

Dépense à charge des communes, des départements et de l’État environ 1 franc 2 centimes par tète.

Il y a 1 école par 63 élèves et par 536 habitants.

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