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CHAPITRE IV

SUR l'instruction en GENERAL.

L'instruction consiste en l'acquisition de notions nouvelles concernant l'homme, les objets et les phénomènes qui l'entourent, tant inorganiques et organiques que sociaux, envisagés dans l'espace comme dans le temps. Les facultés intellectuelles s'exercent ensuite sur ces acquisitions pour concevoir les modifications à venir des phénomènes dont la réalité est constatée.

L'instruction est par suite fondée sur une mise en relation incessante de chaque individu avec les milieux ambiants, inorganiques, organiques et sociaux, envisagés dans leur présent et leur passé, dans le temps et dans l'espace, afin de pouvoir chercher en suite à prévoir leur avenir et à les modifier, s'il est possible, pour tel ou tel but général ou particulier.

Ces données impliquent la nécessité d'un rapport constant à établir entre la nature des faculiés

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individuelles et celle des objets successivement offerts à celles-ci.

Ces relations de chaque individu avec chacun de ces ordres de choses ne peuvent également être établies efficacement que corrélativement à l'apparition et au développement successifs des facultés d'observation et de méditation, dont l'usage active alors l'évolution, et réciproquement. Or, pour qui connaît le tardif et lent développement des facultés d'induction, de générafisation et de coordination, il est facile de voir que c'est le contraire qui régit notre instruction et notre éducation, quand dès l'âge de sept ans ou environ les vues abstraites du catéchisme et les fictions bibliques sont les notions fondamentales auxquelles on rattache tout ce que nous apprenons.

L'instruction doit donc être donnée de telle sorte que la chose enseignée soit en rapport avec ce que l'enfant peut comprendre, et rien n'est plus dangereux que de la faire débuter par des croyances sans preuves sur ce que l'on dit être des mystères. Elle doit donc être en corrélation avec les âges d'abord et ensuite avec les lieux qui peuvent fournir les objets qu'elle exige. Achaque acquisition l'instiiiction doit à son tour devenir motif d'éducation, en tant que celle-ci dirige chacun de nous dans les relations envers les individus, la famille et la patrie.

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Tous les hommes d'élite qui se sont occupés de ce sujet, les anciens comme les modernes, concluent avec Lallemand (1) que :

(( La république, dans son intérêt même, doit donner gratuitement à tous les enfants pauvres l'éducation nécessaire à tous ; et à chacun l'éducation la plus conforme à son organisation, à ses aptitudes; depuis les crèches et les salles d'asile, jusqu'aux écoles spéciales, pour ceux qui l'auront mérilé, afin de pouvoir ensuite les employer suivant les résultats obtenus, et rémunérer chacun suivant ses œuvres.

V) Cette éducation doit procéder en tout delà pratique à la théorie, des sens à la pens'''e,des faits particuliers aux lois générales, pour revenir ensuite des règles <à l'application.

» Elle doit commencer toujours par ce qui est nécessaire à tous, dans tous les temps et dans toutes les positions.

t> Elle doit suivre une marche telle que toutes les acquisitions obtenues servent pour le reste de la vie, à quelque degré qu'elles s'arrêtent; tout en préparant les voies à de nouveaux progrès, dans tous les genres, à ceux qui sont organisés pour aller plus loin.

(1) F. LalhmanJ, ouvrage cité, 1852.

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