‹ L'instruction morale a l'école (devoir et patrie)Chapitre 11 sur 67 · RECONNAISSANCE ET PAR DEVOIR · texte numérisé non relu

RECONNAISSANCE ET PAR DEVOIR

Le plus grand défaut de la désobéissance, ce n’est pas encore d’exposer l’enfant à beaucoup de dangers ; elle a surtout pour effet de chagriner les parents.

Les parents ne commandent aux enfants que pour le bien de ceux-ci. S’ils n’aimaient pas leurs enfants plus que leur propre repos, ils ne se tourmenteraient pas à les surveiller, à les corriger et à réparer leurs petites fautes. La sollicitude ne peut venir que d'une grande affection.

Les enfants doivent payer de retour cette affection.

Rien ne leur est plus facile d’ailUiers. Les enfants ne

LES DEVOIRS ENVERS LES DARENTS 17

savent pas combien ils peuvent contribuer au bonheur de leurs parents. Les caresses d’un enfant aimant, ses paroles affectueuses, ses petits soins, suffisent déjà pour faire entrer la joie dans la maison. Mais c’est surtout par sa docilité que l’enfant peut réjouir ses père et mère.

Par là, en effet, non seulement il complaît à ses parents, qui voient leurs volontés respectées; mais il les rassure pour son propre avenir. Ils se disent : — Nos conseils serviront de guide à notre enfant. Il marchera toujours dans la voie que nous lui aurons ouverte. Il sera donc un honnête homme. Et cette pensée suffît pour donner aux parents un grand contentement.

Ce contentement, mes amis, leur est bien nécessaire : car leur vie est souvent pénible et toujours laborieuse; et presque toute la peine qu’ils prennent, c’est pour vous assurer le pain et les autres choses nécessaires.

Il y a des enfants qui, au contraire, attristent leurs parents par leur désobéissance et leur ingratitude. On ne songe pas sans horreur à ces malheureux dénaturés.

Peut-être faut-il les prendre surtout en pitié : car ils n’ont sans doute pas réfléchi à l’injustice et à la méchanceté de leur conduite.

Il faut aussi obéir par obligation. L’obéissance n’est pas seulement une preuve de bon sens et de bon cœur. Elle est avant tout un devoir.

Il n’est personne qui ne s’incline devant ce mot : devoir. L’enfant lui-même a pu voir quelle puissance ce mot a sur ses parents. Le devoir est sacré., le devoir est inviolable, le devoir est irrésistible.

Le devoir se nomme encore la loi morale.

Le grand philosophe Kant disait à ce sujet : « Deux choses remplissent notre âme d’une admiration sans cesse renaissante : le ciel étoilé au-dessus de nos têtes, la loi morale au dedans de nous. »

Mais connaître le devoir, ce n’est le fait que d’une

l’instructjon morale a l’école

personne mûre, raisonnable et expérimentée. Un enfant n en est pas capable, et ne le devient que petit à petit. Un enfant n'est pas encore une personne. C’est pourquoi, s'il veut suivre le devoir, il faut qu’il s’en remette à de plus sages, et surtout à ses parents. Ceux-ci ont appris à connaître ce qui est juste et bon en chaque circonstance. Ils l’enseignent à leurs enfants en leur commandant des choses honnêtes et droites.

U obéissance envers vos parents est donc la meilleure préparation à V obéissance envers la loi du devoir^ c'està-dire à une vie digne et heureuse.

PREMIER RÉCIT

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