‹ L'instruction morale a l'école (devoir et patrie)Chapitre 23 sur 67 · LES DEVOIRS DE L ECOLIER · texte numérisé non relu

LES DEVOIRS DE L ECOLIER

jusqu’à la grand’nuit à battre le fer avec un gros marteau, devant le feu de la forge.

— Eh bien! vous voyez qu’il ne pourrait pas vous instruire lui-meme : il n’en a pas le temps; il travaille sans cesse pour vous nourrir, vous habiller, vous élever.

Et puis il y a encore une autre raison. Les bons parents veulent toujours que leurs enfants deviennent plus instruits qu’ils ne le sont eux-mêmes.

Ils aiment à voir leurs enfants aller en tout plus loin qu’ils ne sont allés; et c’est ce qui fait le p7^ogrès.

Voilà pourquoi vos parents ont préféré vous confier tous à un homme plus habile, ayant de l'expérience et sachant la bonne manière d’enseigner les enfants. Nos députés ont pour cela demandé au gouvernement d’envoyer dans toutes les communes des gens instruits et dévoués à l’éducation de la jeunesse.

Le maîti^e cVécole est donc le ^représentant des pères de famille^ sous Vautorisation du Gouvernement,

DEUXIÈME LEÇON l’instituteur est un magistrat

Ce n'est pas tout encore.

L'instituteur est comme un magistrat, c’est-à-dire un représentant de VEtat^ et c'est la France ellemême qui l’a chargé de vous donner l’instruction. Savez-vous pourquoi? Je vais vous le dire.

Un homme sans instruction est souvent un ouvrier médiocre, et par conséquent mal payé; il est exposé à tomber dans la misère, et alors au lieu d^ aider ses semblables, comme c’est le devoir de tout homme, il est à leur charge et il vit de l’assistance publique.

Un homme sans instruction est presque forcément un médiocre citoyen : il ne peut pas juger les affaires de la 7iation , et cependant, le jour des élections, il vote et se mêle comme les autres de donner son avis et de choisir ceux qui gouverneront tout. C’est comme

l’instruction morale a l’école

si le premier venu, sans avoir jamais touché la truelle ni le rabot, se mettait à donner des ordres aux maçons et aux menuisiers.

Enfin un homme sans instruction ne fait pas un bon

Cependant le jour des élections il vote.

défenseur du pays. A la manière dont la guerre se fait aujourd’hui, pour être bon soldat il ne suffit plus d’être vaillant et vigoureux. Il faut encore connaître à fond le maniement de son arme, comprendre vite et bien les ordres des chefs, savoir au besoin inventer de petits stratagèmes afin de déjouer ceux des soldats ennemis à qui l’on a affaire. Bref, le soldat lui-même a besoin d’une certaine science de la guerre, proportionnée à son rôle.

Eh bien! celui qui n’a jamais rien lu, rien appris, celui qui a laissé son esprit croupir dans l’ignorance, n’arrivera que très difficilement à acquérir cette science et il restera un soldat de peu de ressource, à moins de demeurer, comme autrefois, sept ans et plus sous les drapeaux. Sans compter que son courage lui-même et son

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