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LA JEUNESSE DE SEDAINE

En 1732, dans une ville du Midi, mourut un entrepreneur de bâtiments du nom de Sedaine : il laissait une veuve et deux orphelins, sans ressources. L’aîné étudiait au collège. Comme il était parmi les meilleurs élèves, le principal le fit appeler, et lui offrit de le garder gratuitement.

— Et que deviendraient ma mère et mon frère? lui dit le jeune Sedaine.

L'enfant qui faisait cette courageuse réponse avait treize ans. Le lendemain, il était apprenti maçon. Il se montra aussi adroit à porter le mortier qu’il avait été intelligent en classe, aussi prompt à servir les ouvriers

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qu’il avait été docile avec ses professeurs. Il sut gagner d’assez bonnes journées pour faire vivre son frère et sa mère.

En même temps, Sedaine ne renonçait point à ses études ; chaque soir, après son rude travail, il se mettait à ses livres; ses camarades, qui le regrettaient, lui apportaient l’indication des devoirs: les maîtres lui en corrigeaient quelques-uns par écrit, et ainsi le jeune maçon suivait la classe de loin, sans y aller.

C’était une tâche difficile que de faire des études complètes dans de semblables conditions: Sedaine y parvint.

Toujours poussé par le besoin d’apprendre, Sedaine résolut plus lard d’aller à Paris poursuivre ses études. Mais il ne voulut pas se séparer de son frère : il le mit dans la voiture publique ; et comme il n’avait pas de quoi payer deux places, lui-même suivit à pied. Heureusement les voitures d’alors ne marchaient guère vite!

A Paris, Sedaine apprit l’architecture et cultiva la poésie pour laquelle il se sentait un goût irrésistible. A travers tant d’occupations, c’était toujours lui qui soutenait son frère, et sa mère vivait à l’aise d’une pension qu’il lui servait très régulièrement.

Cette vie laborieuse et même pénible n’étouffa point le génie de Sedaine, car il devint également célèbre dans les deux arts qu’il avait adoptés, l’un par nécessité, et l’autre par penchant naturel : il fut membre de l’Académie d’architecture et de l’Académie française. Dans ses œuvres littéraires, dont la plus connue est le Philosophe sans le savoh\ on admire surtout un bon sens parfait, une gaieté enjouée et comme le parfum d’une âme honnête et bonne.

DEUXIÈME RÉCIT

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